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Discriminations à l’emploi
L’Église met sur pied un comité, 15 ans après le rapport Vérité et Justice
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Discriminations à l’emploi
L’Église met sur pied un comité, 15 ans après le rapport Vérité et Justice
Mgr Durhône, en compagnie des représentants de la Commission diocésaine pour la cause créole et la Commission Justice et Paix, a annoncé hier une démarche commune sur les discriminations à l’emploi et à la promotion.
Quinze ans après le rapport Vérité et Justice, la Commission diocésaine pour la cause créole et la Commission Justice et Paix unissent leurs forces pour se pencher sur les discriminations à l’emploi et à la promotion. Une démarche que Mgr Jean Michaël Durhône veut placer sous le signe de l’écoute, de la vérité et de la réconciliation.
Le constat mérite, selon l’Église catholique, d’être revisité. Hier, à l’évêché de Port-Louis, Mgr Jean Michaël Durhône a annoncé la mise sur pied d’un comité réunissant deux commissions diocésaines afin d’enquêter sur les discriminations dans l’accès à l’emploi et aux promotions, tant dans le secteur public que privé. «Nous ne voulons pas créer de division, mais comprendre une situation», a insisté l’évêque de Port-Louis.
Selon lui, au-delà des gouvernements qui se sont succédé, un même mécanisme semble persister, comme un phénomène de société profondément ancré. Le travail s’articulera autour de trois axes : partir des faits et des rapports déjà publiés, écouter celles et ceux qui estiment avoir été victimes de discrimination, puis déterminer les voies juridiques susceptibles d’être ouvertes.
Cette initiative intervient 15 ans après la publication du rapport Vérité et Justice, qui avait notamment mis en lumière des discriminations touchant une partie de la population. Pour Mgr Durhône, le moment est venu de faire le point sur les recommandations formulées et sur celles qui n’ont toujours pas été mises en œuvre. «Quinze ans après la publication du rapport Vérité et Justice, il est légitime de se demander où nous en sommes sur ce sujet», a-t-il déclaré.
Trois mois pour avancer
L’avocat Désiré Dian a souligné que cette démarche se veut plus large qu’un simple exercice d’enquête. Les deux commissions ont déjà effectué des recherches et identifié un projet pilote qui devra aboutir à un rapport. Des consultations sont notamment prévues dans les régions de Port-Louis-Nord et de Rivière-Noire, afin d’écouter des personnes estimant avoir subi des discriminations dans l’accès à l’emploi.
Il a également rappelé les engagements de Maurice au titre de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, ainsi que les recommandations formulées par les Nations unies concernant notamment la stigmatisation des Créoles et des personnes de la nation africaine.
Rosa Fanny, représentante de la Commission Justice et Paix, a précisé que le mandat sera large : examiner les rapports existants, écouter les personnes qui se sentent lésées, revoir les lois en vigueur et réfléchir au rôle de l’éducation dans le changement des mentalités. Une feuille de route sera présentée pour les trois prochains mois. À l’issue de ce travail, un rapport assorti de recommandations sera soumis à Mgr Durhône, puis aux autorités compétentes.
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