Publicité
Allégation de chantage sexuel contre un fonctionnaire
Par
Partager cet article
Allégation de chantage sexuel contre un fonctionnaire
Elle était venue exposer son cas afin d?obtenir des prestations sociales mais elle a récolté du? chantage sexuel de la part d?un officier du ministère de la Sécurité sociale. C?est du moins ce qu?allègue une jeune employée d?une société de gardiennage.
En 2006, la jeune femme fait une demande auprès du ministère de la Sécurité sociale pour des allocations. Elle évoque sa situation difficile : son concubin l?a abandonnée et elle se retrouve avec un enfant à sa charge.
Après enquête, le ministère répond positivement à sa demande. Cependant, la jeune femme juge les allocations sociales insuffisantes et demande une augmentation du montant.
Pour cela, elle s?adresse à un officier du ministère de la Sécurité sociale. Mais selon ses dires, ce dernier lui aurait promis de l?aider si elle acceptait de «sortir avec lui» tout en lui faisant des «propositions indécentes».
Après consultations avec un avocat, elle porte plainte auprès de l?Independent commission against corruption (Icac). L?officier, convoqué pour interrogatoire, reconnaît avoir reçu la jeune femme venue faire la demande d?augmentation mais il réfute les allégations portées contre lui.
<B>Necessite d?une loi-cadre</B>
Actuellement, la commission anti-corruption se retrouve confrontée à un imbroglio légal. Confusion qui porte sur l?interprétation de la loi-cadre traitant, entre autres, de la corruption par un fonctionnaire. La loi-cadre définit «gratifications» comme un cadeau, un rabais ou un avantage autre qu?une rémunération légale obtenue par un officier de la fonction publique dans l?exercice de ses fonctions.
Il semble que l?Icac est d?avis que la loi-cadre contre la corruption, telle qu?elle est rédigée, n?en fait pas un délit. Le parquet pourrait maintenant être sollicité sur la question.
Le sujet fait débat. D?autant plus que la commission anti-corruption de Hong Kong en fait un délit pour les fonctionnaires qui réclament et obtiennent des faveurs sexuelles dans l?exercice de leurs fonctions.
Des sources proches de l?enquête déclarent qu?il faut faire la distinction : avoir des relations intimes avec son supérieur relève plus d?une affaire de m?urs. Lorsqu?elles entraînent des démarches douteuses et contraires à la méritocratie voire promotion non justifiée et autres bénéfices au travail faits au détriment d?autres employés, on devrait néanmoins légiférer de manière à sanctionner ces comportements. «A Hong Kong, il y a même eu des condamnations pour ce délit.»
<B>Question à Me Radha Gungaloo</B>
<B>Faut-il punir les fonctionnaires qui exigent des faveurs sexuelles dans l?exercice de leur fonction ? </B> Définitivement, il faudrait une loi en ce sens. C?est une pratique connue dans le monde entier mais c?est un sujet qui demeure tabou à Maurice malgré le fait que les témoignages soient de plus en plus nombreux. Des personnes se plaignent de n?avoir pas été promues ou d?avoir été sanctionnées pour n?avoir pas répondu favorablement aux avances de leurs patrons. Mais elles ont peur d?en parler de peur de subir des représailles.
J?ai moi-même eu des cas où des victimes relatent qu?après avoir raconté à leurs époux leurs mésaventures, ceux-ci se mettent à les réprimander en avançant qu?elles sont responsables de ce qui leur est arrivé.
Il y a aussi le regard de la société qui, bien souvent, condamne la victime à se murer dans le silence. Je pense que ce phénomène concerne non seulement les promotions mais aussi certaines nominations sur les «boards» ou comités. C?est toutefois difficile de prouver qu?il y a eu favoritisme lorsque l?employée ou la fonctionnaire consent aux avances de son supérieur dans une tentative de gravir les échelons.
Publicité
Publicité
Les plus récents