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Parler du changement qui s?opere

28 février 2008, 00:00

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<B>Par Nad SIVARAMEN</B>

Du 4 au 6 mars 2008, le comité économique et social européen organisera la rencontre des milieux économiques et sociaux ACP-UE intitulée : «Un meilleur partenariat pour un meilleur développement». Cette réunion, préparée sous l?égide de l?Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE, donnera aux représentants de la société civile la possibilité de débattre du partenariat ACP-UE, nous apprend un communiqué de l?Union européenne (UE) en date du 26 février.

Si les objectifs de cette rencontre sont d?évaluer la mise en ?uvre de l?accord de Cotonou, de suivre les négociations sur les Accords de partenariat économique (APE) et d?envisager des possibilités d?une participation accrue des milieux économiques et sociaux des pays ACP aux Accords de partenariat économique, triste est de constater que ces débats de fond n?ont pas encore un réel ancrage au sein des populations régionales.

Madagascar, la vulnérable, qui se remet après le passage d?Ivan le terrible, continue à lutter contre la misère et la faim. Les Comores, toujours instables, gèrent la crise anjouanaise qui déchaîne les passions et retarde les projets de développement. Les préoccupations sont ailleurs. Mais les changements structurels des économies de la zone sont déjà là.

Si les quatre pays du bloc CMMS (Comores, Madagascar, Maurice et Seychelles) ? qui ont signé les Accords intérimaires de partenariat économique, en quatrième vitesse, entre fin novembre et mi-décembre 2007 ? ont obtenu une mise en ?uvre progressive du libre-échange de même qu?une certaine protection de leurs secteurs stratégiques, tel n?est pas le cas pour La Réunion, où un changement majeur est attendu, car l?accord intérimaire a déjà pris effet depuis le début de cette année.

En effet, le bloc CMMS a désormais accès à la totalité du marché réunionnais ? puisque c?est un territoire européen ? à l?exception du sucre et de produits qui sont protégés par la clause de sauvegarde. Cette clause ne peut toutefois s?appliquer que pendant huit ans au maximum. Après cette période, rien ne s?oppose à l?application du libre-échange total sur tout produit sensible pour l?économie réunionnaise. Le problème n?est que repoussé. Reste à savoir si La Réunion, qui a opéré dans une structure protégée par sa métropole, est prête à relever ces nouveaux défis.

Par ailleurs, l?Europe ne peut pas protéger La Réunion. Exclure les Régions ultrapériphériques, comme l?île s?ur, équivaudrait à maintenir des droits de douane à l?importation des produits issus des pays voisins et serait en contradiction avec la politique de l? Organisation mondiale du commerce (OMC). À bien voir, c?est Bruxelles, au nom des 27 États membres de l?Union européenne, qui négocie au nom de la France, et donc de La Réunion, avec les pays ACP. Cette situation est assez singulière pour des pays amis et voisins de la Commission de l?océan Indien. L?objectif de déboucher sur la création d?une zone de libre-échange entre l?UE et les différents groupes régionaux de pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique), dont le CMMS, s?inscrit dans un esprit de s?adapter aux règles définies par l?OMC.

Toujours en mars, l?«Asia-Africa-America Business Summit» fera également remonter de nouvelles configurations commerciales pour l?ensemble de la région. Et ce en raison de la politique de dénonciation que mènent nombre de pays africains, soutenus par la Chine et le Brésil, contre l?OMC et l?Europe. Nous y reviendrons.

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