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Le défi de la biodiversité

19 septembre 2007, 00:00

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Le défi de la biodiversité

<B>Par Bertrand LAZARE</B>

Au même titre que la richesse de la diversité dans le monde économique, la biodiversité est un enjeu planétaire majeur. De nombreuses actions sont lancées pour veiller à la conservation des espèces animales et végétales? L?Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), organisation non-gouvernementale (ONG) internationale, fondée en 1948 et consacrée à la cause de la conservation de la nature, a rendu public mercredi 12 septembre, l?édition 2007 de la ?liste rouge des espèces menacées?. C?était lors d?une double conférence de presse tenue à Washington et à Paris. Elle renouvelle l?appel à la mobilisation face au déclin marqué et continu de la biodiversité dans le monde. Cet organisme rassemble quelque 83 pays, plus de 800 ONG et un réseau d?experts issus de 181 pays.

Cette liste rouge de l?UICN, actualisée annuellement, répertorie les espèces et les classes en huit catégories selon le degré de menace d?extinction. Elle reste le plus complet des indicateurs de la biodiversité. Dans sa version 2007, elle recense 16 306 espèces menacées à des degrés divers et 65 espèces éteintes à l?état sauvage. Une seule espèce vient rejoindre, cette année, les 784 que l?UICN considère comme totalement éteintes : le Begonia eiromischa, une plante de Malaisie dont le dernier exemplaire, a été vu en 1898.

?Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70 % de toutes les plantes évaluées sont en péril, constate l?UICN. ?Les enjeux de la biodiversité sont comparables à ceux du changement climatique, mais la perte de biodiversité ne suscite pas encore la même mobilisation, car elle est progressive et ne menace pas encore les emplois?, estime Jean-Christophe Vié, chef adjoint du programme de l?UICN pour les espèces.

Cette initiative de recensement a montré son efficacité, compte tenu de l?écho vis à vis du grand public, mais est bien insuffisante pour enrayer l?accélération de la dégradation de la biodiversité. Elle démontre que les efforts inestimables déployés à ce jour pour protéger les espèces sont insuffisants. Le débat a tendance à se concentrer sur le nombre d?espèces, plutôt qu?en termes d?espaces. Or, ce qui importe, c?est de sauvegarder la diversité des milieux.

Parmi les changements enregistrés en 2007, on relève notamment le déclin continu des grands singes, la détérioration de la situation des différentes espèces de vautours, la disparition de coraux, dont deux espèces des îles Galapagos sont ?en danger critique d?extinction?, et le maintien du dauphin du Yangzi dans la catégorie des espèces les plus menacées. Point positif de cette liste pour Maurice, qui grâce à des mesures de protection des zones de nidification, voit la perruche verte alias ?Psittacula eques? passer de la catégorie ?En danger critique d?extinction? à ?En danger?. L?objectif que s?étaient fixés, en 2002, lors du Sommet de la Terre de Johannesburg, les Etats signataires de la ?Convention sur la diversité biologique? semble compromis. Il s?agissait de parvenir à assurer, d?ici à 2010, une forte réduction du rythme actuel de la dégradation de la biodiversité.

Avec 641 espèces mondialement menacées présentes sur son territoire, la France a une responsabilité majeure dans la lutte contre l?érosion de la biodiversité qui frappe la planète. Elle se situe parmi les 10 pays les plus concernés par ce phénomène avec l?Equateur, les USA, la Malaisie, l?Indonésie, le Mexique, la Chine, le Brésil, l?Australie et la Colombie. Les principales menaces pesant sur les espèces sont la dégradation des milieux naturels, la surexploitation, et l?introduction d?espèces envahissantes. Dans le contexte européen, la France métropolitaine apparaît comme le 4ème pays abritant le plus grand nombre d?espèces mondialement menacées (124) avec l?Espagne, le Portugal et l?Italie. Tout comme pour les collectivités d?outre-mer, cette situation est à corréler avec la richesse biologique de ces pays localisés en Méditerranée, autre point chaud de la biodiversité mondiale.

Parmi les nombreux exemples, les abeilles, piliers de la pollinisation et donc de la présence des fleurs, fruits et légumes disparaissent massivement dans de nombreuses régions du monde, laissant perplexes les scientifiques qui ne manquent toutefois pas d?arguments puisés notamment dans le développement des activités humaines sur l?environnement. Ainsi de nombreuses initiatives visent à planter des fleurs sur les terres agricoles en jachère, permettant à ces abeilles de trouver de quoi butiner et participer à la régénération végétale et animale.

Une espèce disparaît de la planète toutes les vingt minutes et le rythme s?accélère. Lutter avec acharnement pour préserver toutes les espèces n?a évidemment pas de sens. Néanmoins, cette accélération désastreuse démontre de véritables ruptures dans la chaîne de la vie. Espérons que l?homme saura prendre en compte ces signaux forts, annonciateurs d?un avenir oh combien perturbé pour l?humanité.

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