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Iles Chagos infernales quand mal administrées
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Iles Chagos infernales quand mal administrées
D?aucuns s?offusquent que nos réminiscences de lundi aient pu faire état de conditions de vie et de travail infernales aux Chagos, avant l?ignominieuse déportation de leurs habitants par des Anglais et des Étasuniens jamais plus colonialistes et hégémonistes. Si conditions infernales il y a eu, la faute n?en revient pas à l?exiguïté de ces îles ni d?une quelconque mauvaise volonté de la part de leurs habitants. Elle revient en totalité ou presque à des administrateurs incapables de se montrer aussi bienveillants et paternels que les meilleurs de leurs devanciers. Parmi les pires administrateurs qu?ont subis des Chagossiens sans défense avant leur infamante déportation, il y a de véritables sadiques, ne se contentant pas d?exploiter cruellement les hommes, les femmes et les enfants qui leur sont pourtant confiés, mais prenant tristement plaisir à multiplier gratuitement les vexations pour leur démontrer qu?en tant que Chagossiens ils n?ont aucune valeur humaine.
Les Mauriciens, sachant l?enfer, pouvant exister, ici ou là, aux Chagos, se sont tristement illustrés par la lâcheté inqualifiable de leur silence. Faut dire qu?ils n?avaient rien à refuser à leurs maîtres colonialistes anglais et qu?ils appliquaient docilement le mot d?ordre venu de Londres, sinon de Washington : ôter aux Chagossiens l?envie de résider aux Ziles-là-haut par tous les moyens possibles et imaginables afin de faciliter au maximum la déportation des plus récalcitrants d?entre eux. Si ce n?est pas un génocide cela lui ressemble. La misère, imposée aux Chagossiens après qu?ils eurent été jetés sur les quais portlouisiens, parachève l?extermination commencée là-bas. Le martyre, imposé avec tant d?ignominie aux Chagossiens, décidé arbitrairement par Londres et Washington, mis en pratique par les autorités colonialistes anglaises à Maurice, avec la triste complicité de chefs d?entreprise, de dirigeants politiques, de fonctionnaires dont des magistrats mauriciens, constitue le prix payé, dans leur chair, par nos frères et s?urs chagossiens pour que nous, Mauriciens, accédions à l?indépendance. Nous n?avons même pas l?humilité de reconnaître notre vilenie à leur égard, d?implorer leur pardon dans un esprit de vérité, de justice et de réconciliation et de leur prier d?exiger de nous la compensation matérielle et financière pouvant leur prouver la réalité concrète de notre nouvelle gratitude à leur égard.
Voici quelques exemples donnés par M.D. de ce qu?a pu être l?enfer imposé, dans des îles par ailleurs paradisiaques, à nos frères et s?urs chagossiens. Il cite le cas d?un hôpital sur une de leurs îles. Des latrines sont creusées à quelques mètres seulement d?un puits, fournissant de l?eau à cet établissement hospitalier et à ceux qui y sont... soignés. Une façon comme une autre de faire comprendre que, s?ils crèvent en consommant cette eau polluée, cela fera des récalcitrants en moins à déporter lors de la solution finale. Pour tout accouchement, l?infirmière ou la sage femme n?a droit qu?à une bougie, une poignée de coton, un peu d?alcool et... à la grâce de Dieu. Un enfant mort-né est aussi un déporté en moins. Les salaires sont dérisoires, sous prétexte qu?ils sont un supplément à des rations pourtant de misère. Les hommes reçoivent Rs 14.30 par mois et les femmes Rs 10.40. Les rations consistent en une livre de riz et de farine par jour, une bouteille d?huile par mois. A Maurice, à la même époque, un ouvrier gagne Rs 5 par... jour. Autre exemple d?une cruauté inqualifiable : un couple, le mari a 20 ans et son épouse 16 ans, est envoyé avec un bébé de deux mois sur l?île déserte de Tatamaka. Ils doivent l?emmener avec eux sur leur lieu de travail (du bois à découper) pourtant infesté de moustiques.
M.D. rapporte une anecdote qui illustre bien l?indifférence coupable de fonctionnaires mauriciens et de leurs maîtres colonialistes anglais, à l?égard de nos frères et s?urs chagossiens. Un magistrat reçoit l?ordre d?aller en tournée dans les Ziles-là-haut. Il s?en va quérir, comme il se doit, la mallette contenant les instructions écrites de ce qu?il doit faire aux Chagos. En cours de route, il l?ouvre et y découvre le rapport qu?il avait rédigé à l?issue de sa précédente tournée. Les autorités concernées n?ont pas eu la décence de retirer de la mallette son précédent rapport. On ne peut trouver meilleure preuve que Port Louis, ses fonctionnaires, ses dirigeants politiques, les journalistes de l?époque, se moquaient comme de l?an quarante de ce qui pouvait se passer aux Chagos, dont le martyre imposé à ses habitants.
M.D. avance que Seewoosagur Ramgoolam vend les Chagos aux Anglais et aux Amerloques à Rs 2.70 la toise, sans compter les bâtiments, l?infrastructure portuaire, les cocoteraies, les équipements pour la salaison du poisson et des fruits de mer, les ressources naturelles et le potentiel touristique. Jusqu?où peut-on se déculotter pour être agréable à des colonialistes anglais et à leurs cousins, les hégémonistes étasuniens ?
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