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L?Irak sans cap

17 septembre 2007, 00:00

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George Bush a démontré, une nouvelle fois, la semaine dernière, dans son discours à la nation américaine, qu?il n?a aucune stratégie sur l?Irak. Ni pour une ?victoire? (le mot a disparu du langage officiel) ni pour un ?retrait? militaire, pourtant au coeur du débat depuis la victoire démocrate au Congrès fin 2006. Bush évoque un ?retour après succès? (return on success), formule qui ne peut que laisser perplexes tant les Américains que les Irakiens.

Au terme de huit mois d?application de la ?nouvelle approche? annoncée le 10 janvier, concrétisée par l?envoi à Bagdad du général David Petraeus et d?un renfort de 30 000 hommes, au terme d?une semaine d?intenses débats à Washington ? auditions au Congrès du général Petraeus et de l?ambassadeur Ryan Crocker, conférences de presse, discours présidentiel ?, Bush a donc annoncé aux Américains qu?à l?été 2008 le niveau des troupes en Irak serait revenu à celui de janvier 2007, avant l?envoi de renforts (le ?surge?), c?est-à-dire 130 000 hommes.

Ce n?est pas une surprise, mais c?est une déception. Pas une surprise, car l?absence de vision sur l?Irak, au-delà de la chute de Saddam Hussein en 2003, est patente depuis quatre ans et demi. Pas une surprise, car Bush paraît incapable de reconnaître, non pas une défaite américaine que nul ne souhaite face à des ennemis tels qu?Al-Qaida, mais au moins la défaite totale de la stratégie mise en oeuvre jusqu?à présent. C?est une déception cependant, car les Américains attendaient du général Petraeus un rapport plus conforme aux réalités de l?Irak.

Certes, la violence a diminué à Bagdad, mais la force militaire d?occupation est encore plus présente, et la ville est encore plus divisée, lézardée de murs et barricades, entre quartiers et communautés. Certes, l?insurrection est moins violente dans la province d?Al-Anbar, auparavant berceau de la guérilla sunnite et de ses alliés d?Al-Qaida, mais est-il judicieux, se demandent à raison des experts américains, de livrer armes et dollars à des chefs tribaux qui étaient des ennemis hier et qui peuvent aisément le redevenir demain ?

Au fond, Bush a décidé de transmettre la guerre en Irak à son successeur. L?enjeu est maintenant que les candidats à la Maison-Blanche ? tant les démocrates dont les objectifs demeurent flous que les républicains qui se réfugient trop souvent derrière Bush et des accents patriotiques de soutien à l?armée ? exposent clairement une stratégie pour l?Irak. Ils doivent aussi se prononcer sur l?Afghanistan, le Moyen-Orient, la ?guerre contre le terrorisme?. Plus que jamais, ce qu?on attend de l?Amérique, c?est une réflexion, une vision du monde en ce début de XXIe siècle. Autant dire : un espoir.

<B> © Le Monde 2007

Distribué par The New York Times Syndicate</B>

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