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Une valeur sûre... de la sécurité aéroportuaire française
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Une valeur sûre... de la sécurité aéroportuaire française
Keshwar Sing Kisto a galéré. Le temps des vaches maigres a commencé bien avant son départ de Maurice. Il est en effet l?aîné d?une famille modeste de trois enfants. Son modèle familial est sa mère qui trime comme couturière pour son voisinage afin de joindre les deux bouts. Le potager familial leur est d?un précieux secours car les légumes qu?il rapporte sont vendus au porte-à-porte ou sur les marchés. ?Le samedi et le dimanche, c?est à vélo que nous allions vendre les légumes de notre potager?, raconte par courriel Keshwar Sing.
Mais malgré que les Kisto vivent en permanence sur la corde raide, la mère tient à ce que ses enfants aient une éducation de qualité. Les garçons complètent leur scolarité secondaire au collège Bhujoharry à Port-Louis. Lorsque Keshwar Sing obtient son certificat de fin d?études, on est au début des années 80. La situation économique du pays est au plus mal. Il tente à deux reprises d?intégrer la force policière car son rêve est de protéger ses concitoyens. ?J?avais toutes les caractéristiques physiques et les compétences nécessaires pour y entrer. La seule chose dont je ne disposais pas était un piston?, précise Keshwar Sing. Pendant quatre ans, il postule auprès d?une centaine d?entreprises et de sociétés mais n?obtient aucune réponse positive. En 1985, son père réussit à lui trouver un emploi d?agent de sécurité à l?usine Sinotex dans son village natal de Terre-Rouge.
Keshwar Sing y reste deux ans et si la nature de son emploi lui plaît, il sent qu?il ne fera pas de gros progrès financiers s?il reste en poste. Il n?a d?autre choix que de songer à s?exiler pour réussir. Quitte à confier sa destinée aux mains d?un agent de voyages peu scrupuleux ?qui profite de la pauvreté des gens en leur promettant la belle vie, des papiers, du travail et une famille d?accueil en Europe?. Sa première destination est le sud de l?Italie, plus précisément à Bari, où il trouve un emploi d?employé de maison. Il travaille 14 heures par jour.
Optimiste et persévérant de nature, Keshwar Sing qui est aussi très croyant, parvient à motiver les autres Mauriciens de foi hindoue qu?il y croise à se cotiser pour construire un shivala. Lorsque ce temple est construit, l?édifice attire non seulement les fidèles de foi hindoue mais également des Mauriciens d?autres confessions religieuses qui y voient là l?occasion de socialiser avec leurs compatriotes.
Amateur de football, Keshwar Sing fonde le Dodo Sporting Club et organise en 1989, un tournoi de foot amateur dont le trophée porte le nom de Sir Seewoosagur Ramgoolam Challenge Cup. C?est le Dodo Sporting Club qui remporte la coupe et ?est toujours en tête du classement des clubs amateurs de Bari?.
C?est en 1990 que Keshwar Sing rencontre une Mauricienne qui fait vraiment battre son c?ur. C?est à Maurice qu?ils unissent leurs destinées un an plus tard et décident d?aller tenter l?aventure en Grande-Bretagne. Mais, en transitant par Paris, le jeune couple est subjugué et bien que n?ayant aucune garantie d?emploi, ni de connaissances en terre française, il décide de s?y installer et de tenter sa chance. Après six mois au chômage, Keshwar Sing accepte un emploi d?homme de ménage et de baby-sitter qu?il conserve pendant trois ans. Il réussit à régulariser leur situation et à obtenir ses papiers.
Son obsession de la sécurité ne le quitte pas. Il obtient finalement un emploi comme agent de sécurité de nuit, tâche qu?il accomplit pendant dix ans. Intéressé par les droits, il intègre le syndicat et est élu délégué syndical. En 2003 lorsque l?entreprise dépose son bilan, il profite de son mandat syndical pour demander une formation en informatique. Sa compensation de licenciement obtenue, il peut réaliser son rêve en suivant un cours de formation en sûreté aéroportuaire qui dure six mois. Son certificat obtenu, il cherche un emploi dans les milieux aéroportuaires.
C?est ainsi que Keshwar Sing intègre une société d?activités aéroportuaires comme gardien en remplacement d?un salarié en congé pour deux mois. Fort de son incursion dans ce milieu, il réussit après ces deux mois, à remplacer un opérateur de sûreté au sein de la même société. De là, il est affecté comme opérateur radioscopique au fret. Réalisant que Keshwar Sing parle plusieurs langues, le directeur de la société le transfère au département des compagnies aériennes.
En parallèle, il suit plusieurs formations au niveau de la sécurité et de la sûreté aéroportuaires, de même qu?en matière de sécurité et de surveillance des extérieurs des milieux aéroportuaires. Aucun changement au niveau des règlements et des procédures ayant trait à la sécurité et la sûreté aéroportuaires ne lui échappe. ?Pendant mes quatre années au sein de cette société, j?ai tout observé et appris dans l?optique de pouvoir me mettre à mon compte et je n?ai jamais hésité à prendre de nouvelles responsabilités rien que pour maîtriser le secteur?.
Soutenu par sept Mauriciens, il ouvre finalement sa société, la Arjuna Security International le 21 septembre 2006 et loue un local à côté de Roissy pour aménager ses bureaux. Il doit encore compléter son dossier de demande d?autorisation administrative auprès de la préfecture de police pour pouvoir exercer son activité de sécurité. Comme sa société est nouvelle, les étapes à franchir prennent du temps.
?Nous offrons des services de sécurité qui vont de la surveillance des avions sur le tarmac à leur sécurisation, du contrôle d?accès à l?avion en détectant tout objet susceptible denuire à la sécurit des passagers et des personnels navigants. Nous suivons et traitons les bagages.?
C?est au début du mois de juillet dernier qu?il a reçu son agrément du préfet de Val d?Oise et qu?il se met à opérer avec une quinzaine d?employés après avoir injecté toutes ses économies dans la société. ?J?ai fait imprimer des plaquettes que j?ai distribuées aux gestionnaires des aéroports de Roissy Charles de Gaulle et d?Orly, de même qu?aux aéroports de province et des Départements et Territoires d?outre-mer. J?ai aussi animé des présentations pour nous faire connaître?.
Les débuts de la Arjuna Security International sont significatifs car parmi ses clients, Keshwar Sing compte la société Aero Mexico, la société chinoise Ana et la compagnie hongkongaise Cathay Pacific. ?Nous offrons des services de sécurité qui vont de la surveillance des avions sur le tarmac à leur sécurisation, du contrôle d?accès à l?avion en détectant tout objet susceptible de nuire à la sécurité des passagers et des personnels navigants. Nous suivons et traitons les bagages pour qu?il n?y ait pas de rupture de sûreté entre le passage des bagages aux rayons X jusqu?à leur embarquement sur l?avion. Nous préparons aussi pour la compagnie la zone d?enregistrement pour la régulation des flux et contrôles des documents de voyages?. La Arjuna Security International s?occupe aussi de la sécurité et de la surveillance des lieux administratifs extérieurs à l?aéroport, de même que celles des parkings.
Pour lutter efficacement contre le terrorisme, lui et ses employés suivent des formations continues délivrées par l?Etat français pour parer à toutes les éventualités. Mais il refuse d?en dire plus. ?C?est confidentiel. Je ne peux vous dévoiler les secrets du métier.?
Keshwar Sing aurait adoré pouvoir compter Air Mauritius parmi ses clients et se dit même prêt à offrir à la compagnie aérienne nationale un tarif promotionnel. ?Je sais que les services de sûreté d?Air Mauritius passent par des appels d?offres auxquels nous sommes prêts à répondre en constituant un bon dossier. Nous sommes disposés à leur faire une offre tarifaire exceptionnelle car nous n?avons pas de gros frais de gestion et de coûts. Cela aurait été extraordinaire qu?un Mauricien puisse s?occuper des services de sécurité de la compagnie aérienne de son pays??
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