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Le bouc Émissaire

15 septembre 2007, 00:00

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Le bouc  Émissaire

Il vient d?obtenir le prix du Highly Commanded au Commonwealth Press Union Photography Award. Une première distinction internationale pour le photographe de presse. Bouck Pillay Vythilingum s?envolera le 24 de ce mois pour recevoir son prix en Angleterre. Faisant une parenthèse à son actualité, on s?attarde sur son parcours atypique.

Il est souvent victime de coup bas de par sa nature fonceur. La tête baissée, Bouck, l?émissaire chargé d?immortaliser les événements majeurs de son île, est devenu au fil des années un photographe respecté mais aussi le «bouc émissaire» d?aucun. Plus loin que l?expression péjorative, il a su positiver ce statut pour accomplir avec réussite la tâche qu?on lui a confiée. «Pour être un bon photographe il faut pouvoir donner le résultat qu?on attend de vous,» dit-il.

Il fut jadis planton. Petit à petit, il a planté son arbre récoltant au fil de sa carrière les fruits murs de sa persévérance. Il était alors qu?un émissaire ayant pour mission la livraison de colis insignifiants. Peu à peu, il a escaladé la pente raide pour se faire photographe. Des clics et des clacs pour immortaliser l?humain sur papier de presse.

Ce «photographe renard» se qualifie comme «un fin observateur qui analyse les choses avec recul et pertinence.» Dans ce métier où la compétition est rude, il faut toujours se dépasser pour être à la hauteur. «Il ne faut jamais avoir de doute dans cet univers.» Avec son approche particulière du métier, n?osant jamais se mettre dans des situations incongrues pour accomplir sa tâche, l?émissaire Bouck s?est taillé une réputation d?emmerdeur qu?on apprécie malgré tout. Certes, ce n?est pas toujours au goût de tout le monde mais Bouck aime faire le lièvre et imposer son rythme dans le milieu. Cette situation lui a valu maints ennuis.

«La jalousie m?a souvent mis au pilori devant mes commanditaires. Je fus souvent le bouc émissaire de certains,» dit-il. Le métier de photographe de presse doit être une passion et non une compétition. «Avoir un appareil autour de son cou ne fait pas de vous un photographe,» conclut Bouck.

<B>Stephan Jauffret-Rezannah</B>

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