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Le prix fort

14 septembre 2007, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Il faut mettre un bémol à l?optimisme que peut susciter chez les consommateurs la nouvelle loi sur la concurrence. Ceux-ci doivent être prévenus que même avec les meilleures intentions du monde aucun législateur ne peut, dans une économie de marché, lutter contre les hausses de prix en rafale.

?Competition Bill? ou pas, les prix vont très certainement poursuivre leur ascension vertigineuse. Ce sont essentiellement des facteurs exogènes qui affectent les prix et qui sont responsables de la cherté de la vie. Les hausses relèvent d?une économie globalisée. A cette question économique, il ne saurait y avoir une réponse purement politique.

Par facilité, les politiciens au pouvoir préfèrent dénigrer les commerçants plutôt que d?expliquer que les hausses de prix sont le résultat des lois incontournables de l?économie. Par démagogie, à chaque augmentation de prix, l?opposition invoque une présumée connivence entre le pouvoir et les opérateurs privés. Dans tous les cas ces derniers sont des boucs émissaires commodes. Tant que le gouvernement et l?opposition adopteront ces postures populistes, il n?y aura pas une vraie appréciation des enjeux par les consommateurs.

Les dirigeants veulent donner l?espoir aux consommateurs, qui ne peuvent pas suivre les hausses quotidiennes, que la nouvelle loi répondra à leurs attentes. En vérité, le phénomène des prix a des racines profondes qui vont au-delà des simples pratiques anticoncurrentielles. Bien entendu, il est légitime de réprimer les abus de position dominante, d?interdire les accords ou pratiques de concertation qui entravent, restreignent et faussent la concurrence. Mais il n?est pas réaliste de croire que le ?Competition Bill? est la baguette magique qui redonnera du pouvoir d?achat aux ménages.

Du reste, le gouvernement s?est fourvoyé en plusieurs occasions en lançant des signaux contradictoires sur le sujet. D?une part, il veut contrôler les prix. De l?autre, il veut faire comprendre que personne ne peut lui imputer les hausses de prix. Les messages sont brouillés. Sa communication a été mauvaise sur cette question. Le pouvoir Travailliste ne peut s?appuyer sur les forces du marché quand il veut justifier les hausses et conserver le vieux réflexe des prix administrés quand il veut se donner bonne conscience. On se rappellera que le ministre Rajesh Jeetah avait cherché à contrôler le prix du lait en poudre dès qu?il est entré en fonction. Son projet a foiré mais il n?en a pas tiré les leçons. Il s?est opposé, par la suite, avec le résultat que l?on connaît, à la demande de Desbro de libéraliser le prix du fer.

Aucun gouvernement n?est capable de changer la vie des consommateurs écorchés. Les dirigeants doivent reconnaître que leur capacité d?action dans le champ économique est limitée. Il est dans leur intérêt de déconnecter la question des prix de celle liée à la politique. Sinon, au moment des élections, ils en paieront le prix fort.

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