Publicité

Dire sans faire

14 juillet 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Par Nazim ESOOF

Lorsqu?il est question de volubilité, l?île Maurice n?a à envier personne. Les problèmes sont connus. Les solutions sont annoncées, souvent promises comme des miracles qu?on compte réaliser. Mais dans les faits, nous traînons des pieds. Prenons le cas du VIH-sida. Dès ses premières prises de position sur la question, le Premier ministre se targuait d?apporter un soutien indéfectible à ceux qui luttent contre le virus autant que contre les stigmates dont sont affligés ceux qui en souffrent. Une lueur d?espoir. Plusieurs mois après, les principaux acteurs se sont rendu compte que les déclarations d?intention n?étaient nullement suivies d?initiatives concrètes.

Lors d?un séminaire sur le plan stratégique pour lutter contre le VIH-sida pour 2007-2011, le ministre de la Santé a confirmé la passivité de nos autorités. Il a, en effet, identifié comme obstacles la méconnaissance de la maladie et du virus par une large part de la population. Ces ministres s?entendent-ils parler ? A qui incombe la responsabilité de la sensibilisation et de l?éducation de la population ? Serait-ce toujours le chemin de croix des volontaires et ONG dont le travail est de plus en plus dévalué par les gouvernements ? Il importe de situer le rôle des uns et des autres. Après toutes ces années, il est inconcevable d?avancer que la population souffre toujours d?un déficit d?informations sur le VIH-sida. Cela est inquiétant. Cela est surtout révélateur de la légèreté avec laquelle on traite ce dossier.

Le mal ne s?arrête pas là pour autant. Le ministre de la Santé évoque aussi la non-utilisation de préservatifs.

Il s?aventure également à traiter le dossier de l?éducation sexuelle à l?école qui résiste mal aux «tabous religieux et culturels». Il faut qu?on soit dans des positions de responsabilité pour qu?on tienne de tels discours. Ce sont des problèmes de fond. Et on est en droit de se demander à qui il revient de provoquer un changement des mentalités ?

Qui sont ceux qui sont responsables du programme d?études dans nos écoles ? Qui sont ceux qui continuent à tabouiser certains réflexes ?

Les questions appellent une seule reponse. Il ne s?agit pas de tout mettre sur le dos des pouvoirs politiques, quels qu?ils soient. Mais il est important de savoir se retenir de faire de grandes déclarations lorsqu?on n?agit pas dans le concret. Certes les choses ne sont pas toujours aussi simples.

Il y a des résistances à chaque fois qu?il est question de révolution culturelle. Cependant si on a fait de l?échec notre marque de fabrique à ce chapitre, c?est en grande partie dû à la pusillanimité de notre classe politique.

De nombreuses sociétés ont compris que c?est dans leur manière de gérer l?épineux dossier du VIH-sida qu?elles démontrent leur volonté de changement social et culturel. Ici, on reste dans le degré zéro du discours.

Publicité