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Quelle MASA demain ?

18 décembre 2006, 00:00

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Zul Ramiah l?a chanté durant la campagne électorale 2005 : ?Bizin sanzman?. C?est sous sa présidence au conseil d?administration du Mauritius Society of Authors ( MASA) que les artistes ont voté l?autonomie de la société des droits d?auteurs. à l?unanimité. C?était dimanche dernier lors de l?assemblée générale.

Qu?est-ce qui change dans les faits ? Pour le moment rien. Rien dans le fonctionnement quotidien de la MASA. Rien dans la politique appliquée par le conseil d?administration. En fait, ce vote a surtout valeur de signal envoyé au gouvernement. L?autorité qui justement nomme le président du conseil d?administration. Le vote de l?autonomie vient dire au gouvernement la volonté des artistes de s?autogérer. De prendre en main la gestion de la société des droits d?auteurs.

Bien que le Copyright Act dit explicitement que le ministre de tutelle ? celui des Arts et la Culture ? n?a pas le pouvoir de donner des directives à la société, la présence d?un nominé politique à la tête du conseil d?administration (nous ne rappellerons pas ici les détails de l?opération lev pake ale ciblant Marcel Poinen, ancien président), donne ? ou en tout cas est perçu comme une coloration à cette fonction. Ceci indépendamment de la bonne volonté des uns et des autres.

Mais revenons au Copyright Act. Car tout dépend de lui. Sans amendement à cette loi votée en 1986 (elle a eu 20 ans cette année), pas d?autonomie. Le Parlement siègera à nouveau en janvier. Mais le Copyright Act ne figure (pas encore ?) sur la liste prioritaire des lois à débattre. Et tant que la loi ne changera pas, que les statuts de la MASA restent les mêmes, point d?autonomie. ? Sofe ravan, tintez triangle, l?avenir attendra?.

Justement, projetons-nous dans le temps. Celui où le Copyright Act aura été amendé, que l?élection du président de la société des droits d?auteurs est revenu aux membres. Comment faire pour que le processus de nomination politique ne soit pas remplacé par des luttes intestines ? C?est connu. ?Les artistes?, c?est une famille hétérogène, voire hétéroclite. Tant mieux pour la créativité. Tant pis pour l?entente cordiale. Si le vote de dimanche montre une volonté claire des artistes de parler (au gouvernement) d?une seule et même voix, une fois entre eux, les divergences d?opinion, les clans ne manqueront pas de se dessiner. Ils existent déjà.

Comment concilier les ?J?ai été le premier à faire çi ou ça? avec les ?Untel est dépassé?. Le tout saupoudré de susceptibilités (pardon, sensibilités) ultra exacerbées.

Il reviendra alors à ces artistes d?élire un président (ou une présidente) au profil bien déterminé : quelqu?un capable de résister aux lobbies. De parler d?une voix claire à tous les autres acteurs du secteur culturel, qu?ils soient nationaux ou internationaux. Un artiste et un gestionnaire. Où est la perle rare ? Nous voulons croire qu?elle existe. Une figure qui sera perçue comme appartenant à toutes les familles artistiques sans pour autant faire partie d?aucune.

Une voix des artistes, forte, dont le timbre ne sera pas couvert par le tapage du piratage. En l?état actuel des choses, ce n?est pas à la MASA de courir après les pirates. C?est le rôle de la police, des douanes. à travers les descentes et les saisies. C?est le rôle de chaque citoyen, qui (dans l?absolu est censé) pa trike, aste orizinal. Qui est tenu aussi de rapporter les cas de piratage. Est-ce que cela ne doit pas être aussi le nouveau rôle du président d?une MASA autonome ?

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