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Krishna Luchoomun, diable rouge

18 décembre 2006, 00:00

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Qui a dit que l?autre nom de Londres était grisaille ? D?une résidence artistique de deux mois (août- septembre 2006) dans la capitale britannique, Krishna Luchoomun a ramené un concentré de couleur. Un rouge vif, affirmé, assumé. Une ?kuler ruz? qui lui a sauté aux yeux tant elle s?étale généreusement sur les bus, les cabines téléphoniques et les boîtes aux lettres.

Dispersé le smog dans l?été londonien. Krishna Luchoomun dit avoir vécu, ?plus de tolérance envers les étrangers, dans le regard, dans la manière de vivre. Je ne sais pas si c?est quelque chose qui va plus loin que la surface, mais j?ai senti que les gens étaient plus à l?aise.?

Bien-être relatif. Sentiment d?être accepté, qui est à la base de l?exubérance de la série de travaux exposés jusqu?au 22 décembre à la galerie IBL, située au 10, rue Dr Ferrière, en face de la State Bank.

Du rouge partout. Complémenté par le bleu. Pour dire les symboles britanniques. Toute une partie de l?expo est consacrée aux icônes de l?Angleterre. Incontournable : la famille royale. Sous les pinceaux de Krishna Luchoomun, la reine porte robe rouge, ?tikka et sindoor? assortis. Lady Di est représentée en madone, ?à cause de son engagement dans les ?uvres de bienfaisance en faveur des enfants?.

Florilège de photos des personnalités royales

Non, le plasticien dit ne pas avoir cherché à être subversif, mais plus à dire son ?admiration? pour la famille royale. Ces gens dont la photo est dans de nombreux salons, aux côtés des photos de famille. Rouge royal aussi avec ce florilège de photos de la reine Elizabeth II, Lady Di et Camilla, collées autour d?une robe rouge fendue haut sur la cuisse gauche.

Comme aux antipodes : un flamboyant fleurit de toute la vitalité de sa sève, réveillée par la canicule de saison. Pour faire le lien entre ces ?uvres inspirées là-bas et certaines réalisées ici : le foot. Sport qui déchaîne les passions, alimente les conversations, ici comme là-bas. ?Souvent sur les murs chez nous, vous voyez écrit : Manchester mari Liverpool.? Krishna, lui, rigole. Il est fan d?Arsenal.

Pour mettre d?accord les supporters de ces clubs au maillot rouge, il les invite sur son terrain. Enfin, surtout Thierry Henry. Son terrain à lui : du carton épais. Krishna Luchoomun raconte : ?à Londres, on m?a logé dans un appartement neuf et on m?a donné du carton pour poser par terre, pour éviter de salir.? Suffisait d?y penser. Et de transformer le matériau pour paillasson en ?uvres accrochées au mur d?une galerie.

De quoi passer le c?ur léger le ?red channel?, la file de ceux qui n?ont rien à déclaré à la douane. ?Contrairement à ces Mauriciens qui voyagent avec ce qui n?est pas permis : achards, poisson salé, thé, biscuit manioc??

L?exposition de Krishna Luchoomun fait aussi place à un film de cinq minutes, intitulé In the dark. Une manière d?évoquer l?avortement (sans jamais le citer explicitement), entre tache de vin et tache de sang.

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