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Aéroports : ces mesures de sécurité qui indisposent les voyageurs

16 août 2006, 00:00

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?J?étais choquée de voir que le personnel de sécurité de l?aéroport d?Heathrow obligeait les mamans à boire un peu de lait destiné à leurs nourrissons sous peine de ne pas pouvoir prendre les biberons avec elles dans l?avion. Tout cela pour s?assurer que les aliments n?étaient pas contaminés?, s?offusque Prema Crustna, 48 ans, résidant à Londres. Elle a les yeux gonflés par manque de sommeil à sa descente d?avion au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport. Ce n?est, certes, pas son premier voyage à Maurice pour rendre visite à la famille mais de celui-là, elle se souviendra très longtemps. Ereintée, énervée, elle n?a pas fermé l??il depuis plus de 24 heures.

Les mesures ont été sévèrement renforcées à l?aéroport d?Heathrow après la découverte en Grande-Bretagne d?un gigantesque complot terroriste qui visait à faire exploser de nombreux avions en plein vol. S?il avait réussi, ce complot aurait fait des milliers de morts et aurait sans doute été comparable aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Indignation

Outre le lait que les mères sont contraintes d?ingurgiter, n?importe quel banal sirop contre la toux doit être testé en présence d?un officier de sécurité pour pouvoir bénéficier du visa d?entrée en cabine. Encore faut-il qu?il soit prescrit par un médecin. Ce qu?ignore Prema, c?est que cette mesure est en vigueur parce que les terroristes auraient eu l?intention de déclencher, en plein vol, des explosifs cachés, entre autres, dans des aliments liquides.

Même indignation pour Krishen Chetty, 26 ans, étudiant-infirmier. Après une attente de trois heures en file indienne avant les formalités d?embarquement, il a dû subir les désagréments d?un retard de deux heures de son avion. ?Je suis exténué. Ma famille n?a pas pu me dire un dernier au revoir car seules les personnes qui ont prévu de voyager sont admises à l?aéroport de Londres. Les gardes sont armés jusqu?aux dents et on a eu droit à une fouille corporelle très poussée.?

Tous les regards étaient tournés vers le ciel azuré de Plaisance, hier, pour voir poindre le fuselage étincelant de l?avion en provenance de Londres. Mais il s?est fait quelque peu attendre. Lorsqu?il a déversé son flot de passagers, ces derniers avaient le bagage bien léger.

Et pour cause, ils n?ont eu droit qu?à un sac plastique obligatoirement transparent pour leurs documents de voyage et pour leur argent comme bagage-cabine. La petite Madhu Churitter, du haut de ses six ans, est perturbée de son premier voyage en Angleterre. ?Monn gagn per. Ti ena boukou lapolis avek gro gro fisil.? Sa mère a dû prétendre qu?ils étaient factices pour calmer son angoisse. Le père de famille, Yoorag, avait emmené toute la famille assister à la remise de diplôme de la fille aînée. ?Bien que nous sachions que c?est pour notre propre sécurité, cela nous stresse quand même.?

De nombreux étudiants ont fait partie de ce vol comme Kenshabya Maddoo et Prakash Beekharry, tous deux âgés de 24 ans.

Si la belle Kenshabya, pieds nus et très décontractée, à sa descente d?avion affirme ?que tout s?est bien passé mais j?ai été quelque peu impressionnée par les fusils à pompe?, Prakash se montre plus circonspect : ?L?attente a beaucoup contribué à augmenter mon angoisse. Moi qui d?habitude dors comme un loir dans les avions, je n?ai pas pu me reposer du tout. Je n?avais même pas le droit de prendre avec moi un petit chocolat à grignoter. J?ai visionné tous les films au programme en anglais, en français et en hindi.?

?Sensation d?angoisse?

Le sourire aux lèvres de la famille Roger, au hall du départ contraste agréablement avec les mines renfrognées des familles à l?arrivée. Pourtant cela fait sept heures qu?elle a investi les bancs très peu confortables de la salle d?attente en attendant leur prochain vol à 16 heures. ?Nous avons atterri à 5 h 30 et nous avons perçu une sensation d?angoisse et de malaise très palpable à l?aéroport, ici, à Maurice. Au départ de Johannesburg aussi, il y avait une certaine tension mais nous étions dans l?ignorance complète de l?attentat avorté de Londres. En vacances nous coupons contact avec tout?, explique Nadège, la mère de famille. ?On a mangé royalement sur notre lieu de vacances. On se contentera d?un sandwich aujourd?hui. Il faut savoir prendre son mal en patience?, renchérit Nathalie, la fille. Il semblerait que tout soit une question d?attitude. Il faut dire que cette famille nombreuse s?est armée de grilles de sudoku et autres romans de gare.

POUR CEUX QUI ONT PREVU DE VOYAGER PROCHAINEMENT

S?armer de beaucoup de patience. C?est ce que préconisent les différents responsables des compagnies aériennes. ?Toutes les compagnies aériennes suivent à la lettre les restrictions très sévères et précises que le gouvernement mauricien a mises en place?, informe Robert Alizart, porte-parole d?Air Mauritius. ?Même sur les vols de départ, les mesures sont extrêmement restrictives en ce qui concerne les avions en partance pour Londres. Les règles de sécurité et de sûreté pour les passagers dépendent des mesures en vigueur dans le pays d?origine du vol et celles-ci sont définies par les autorités du pays concerné.? Il recommande vivement de venir trois heures avant l?heure du décollage pour ne pas rater son vol. Le contrôle de police étant plus pointu devient forcément moins rapide. ?Je demande aux passagers de faire leurs adieux avant les formalités d?embarquement. S?ils ressortent après, cela complique davantage le travail de la sécurité. Et tout cela pour assurer leur bien-être.?

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