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12 mars : que la fête soit !
Samedi 11 mars, 16 h 00, Port-Louis Waterfront. Idriss Lallmohamed et sa troupe répètent leurs deux chansons. Les techniciens du son et de la lumière sont satisfaits : tout est « O.K ! ». Puis arrive la troupe de Wilson Felix.
La ravanne se fait langoureuse et le chanteur nous transporte à des temps anciens. Le sourire est scotché sur les visages de Pramod Padaruth et de François Bonne, coordonnateurs du spectacle.
Quelques heures plus tôt, à midi, les lieux étaient une véritable fourmilière, des groupes de travailleurs affairés à différents points, qui à souder des tuyaux, qui à peindre un pylône, qui à étaler des câbles électriques? Le soleil tape dur, le thermomètre dépasse allégrement les 30°C et les personnes présentes sont en sueur.
Le décor est planté : l?estrade où se produiront les artistes fait 18 x 15 m et, à l?arrière, en plein milieu, la statue de sir Seewoosagur Ramgoolam veille sur la scène qui donne le dos à la mer. De chaque côté, deux estrades recouvertes ont été installées, chacune pouvant accueillir 200 invités. La centaine d?ouvriers présents sur ce vaste chantier, ce samedi midi, est affairée à compléter les travaux en cours. A l?arrière de la scène principale, dix miradors ont été construits pour les artistes.
Mais ils n?entreront en scène que vers 11 h 40 aujourd?hui, avant la cérémonie du lever du drapeau prévue à midi. Une danse fusion de quinze minutes pendant lesquelles la chorégraphie de Zul Ramiah, accompagnée par la musique d?Armand Landinaff, dessineront les différentes facettes musicales et des danses.
Auparavant, à 11 h 05, débutera la cérémonie protocolaire, avec un défilé de la force policière. Suivi d?un défilé de 200 jeunes portant le quadricolore, du Daimler?s Motorcycle Club et de plusieurs troupes culturelles en habits traditionnels. Puis les voitures anciennes, belles et rutilantes.
Vers 19 h 30, la scène sera aux musiciens et aux artistes, qui animeront, trois heures durant, la partie spectacle « populaire ». Tout l?accompagnement musical sera assuré par un groupe de Gérard Louis, de Cassiya. Ce qui ne convient pas à tout le monde : les Ottentik Street Brothers ont choisi de se produire en version sound system, soit avec un DJ.
Pas de musique live pour eux donc. Mais pourquoi ? « On voulait se produire avec nos musiciens, mais ce n?était pas possible, car le comité organisateur a décidé qu?un seul groupe de musiciens allait accompagner tous les artistes. Cela n?aurait pas produit le même vibe », lâche Bruno Raya, le chanteur du groupe. Pour l?occasion, il interprétera Zistwar nou ti zil et Lev lébra. « Si zot senti zot Mauricien, vinn an gran nomb. Pa vinn ek enn lespri kominalys. »
Duo Armel-Deerpaul
Mario Armel a hâte de monter sur scène. « C?est la première fois en 40 ans de carrière que je participerai à une fête marquant l?anniversaire de l?indépendance. C?est un honneur. » En tournée à l?étranger ou en voyage d?agrément, le chanteur a souvent été absent du pays le 12 mars. Cela ne l?a jamais empêché de fêter l?indépendance à sa manière. « Une fois, j?ai teint mes cheveux aux couleurs du quadricolore ! », lâche-t-il dans un grand rire. Ce soir, il interprétera, en duo avec Sangeeta Deerpaul, To la voix, to sime, to la misik, un morceau Mollywood, comprenez une chanson en hindi et en créole. Le public pourra entonner en ch?ur Kari poson, tube des années 80.
« Pa mank sa fet-la ! », affirme pour sa part, la pétillante Meera Mohun. « Mo invit bann Morisyen vinn fet nou lindependans ansam avek bann artis. Se enn zur spesyal kot nou bizin selebre nou pei. » Elle interprétera deux nouveaux morceaux figurant sur son prochain album intitulé Wave : Nu pei, se nou lavi et Hole Hole.
Si le succès artistique semble assuré, l?affluence du public dépendra, dans une grande mesure, du temps qu?il fera?
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