Publicité
Dayanand Tezoo, parcours d?un combattant
Par
Partager cet article
Dayanand Tezoo, parcours d?un combattant
A négatif. Sa vie ne s?accroche qu?à ce groupe sanguin. Assis dans un canapé, Dayanand Tezoo, retraité de 66 ans, arbore un t-shirt crème aux bandes bleues et un tracksuit marine. Ses joues sont noirâtres tandis que ses yeux fatigués vous regardent derrière ses lunettes. Le dessus du coude gauche est recouvert d?un pansement blanc. Il y a quelques heures, il cheminait vers la clinique Med Point pour subir sa dialyse. Atteint d?urée, Dayanand s?adonne désormais à ce rituel qui lui est devenu familier.
À quelques mètres de lui, sur une petite table en bois, on distingue une grosse boîte blanche. Cachets blancs, jaunes, roses, comprimés empaquetés, seringues et injections multiples? C?est ce qu?elle renferme. Ceux-ci lui sont indispensables pour lutter contre ces maudites douleurs qui le tenaillent. De jour comme de nuit, elles ne le lâchent pas et résonnent au niveau de la colonne vertébrale. Quelques fois elles sont tellement fortes qu?il faut se ruer à l?hôpital jusqu?à ce qu?elles lui donnent un peu de répit. Ce calvaire, auquel s?ajoutent d?autres maladies comme le diabète et l?hypertension, Dayanand le vit depuis plusieurs années.
« Cela a commencé quand j?étais encore employé au CEB. À l?époque, j?avais fait une chute d?un pylône électrique et j?avais subi un décrochage au niveau de la colonne vertébrale. En effectuant des examens à l?hôpital et en clinique, les médecins ont diagnostiqué le diabète », relate-t-il. Déjà affecté par ces troubles, il apprend qu?il souffre également d?un kyste au pancréas. Il doit alors subir plusieurs traitements à l?hôpital. Croyant voir sa guérison, voilà qu?il se met à souffrir d?un énième problème ? l?urée. Examens sanguins et un nouveau diagnostic tombe. Cette fois-ci, il est question d?insuffisance rénale. Une transplantation n?est pas possible. Il faut effectuer des dialyses ; donc enlever l?eau qui se loge dans les reins et faire des transfusions sanguines à une fréquence de trois fois par semaine.
Mais un problème de taille se pose ! Dayanand est A négatif, un groupe sanguin rare. Souvent le sang vient à manquer et du coup, les douleurs remettent ça. Et l?anémie pointe son nez.
À chaque dialyse, il lui faut deux poches de sang. « Ce qui n?arrange pas la situation, c?est que tous les membres de la famille possèdent des groupes positifs, donc nous ne sommes même pas en mesure de l?aider. Il y a une piqûre qui peut être utilisée à la place mais elle coûte Rs 900, ce qui n?est pas dans nos moyens. Si on pouvait baisser le prix, cela nous aiderait », confie Rani, son épouse qui lui est dévouée.
Affaibli par l?insuffisance rénale, il souffre aussi d?hypertension. Depuis quelque temps, le sexagénaire ne peut guère marcher ou encore moins entreprendre la moindre tâche. Il se fatigue au bout de quelques secondes. Sa visibilité en a aussi pris un coup. Les infections, il les contracte souvent et doit aller dans des centres de soins. Avec toutes ces contraintes, Dayanand se résout donc à rester à la maison et à ingurgiter ses dix-huit pilules et à faire ses injections d?insuline.
Rani le surveille en permanence et doit aussi l?aider à contrôler son alimentation. Pas de sucre ni de mets salés. Les fruits sont proscrits à moins d?un minuscule morceau. Par contre, il doit prendre du calcium et du fer en supplément, ce qui s?ajoute à sa longue liste de médicaments. Ses journées, il les passe à la maison, devant la télévision ou à se reposer. Jusqu?à la prochaine dialyse dans deux jours. « Je dois m?y adapter, je n?ai pas le choix. Li difficile mais bizin accepte mo sort. »
Publicité
Publicité
Les plus récents