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Cadavre trouvé en prison : Qui doit être sanctionné ?
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Cadavre trouvé en prison : Qui doit être sanctionné ?
Sanctions sévères, dit le Prime Minister?s office (PMO). «Il faut comprendre d?abord», répond l?administration de la prison. La découverte du cadavre en décomposition du détenu Jean Pierre Ismaël démontre qu?il y a un problème profond dans la gestion des prisons. Mais une question se pose : le fait de sanctionner quelques gardes-chiourme y apportera-t-il une solution ? Tous ne s?accordent pas à le dire?
Deux enquêtes parallèles ont été initiées à la prison à la suite de cette découverte macabre. D?abord, la police se penche sur le cas de «death in custody» ? simple procédure. Ensuite, exercice plus sérieux et plus compliqué, il faut enquêter sur le fait que les autorités de la prison ne se sont pas aperçues de l?absenced?un détenu.
Il s?agit donc de déterminer les responsabilités pour que, comme semble le vouloir le PMO, des «sanctions sévères» soient prises pour punir cette «négligence terrible». Car les officiers de la prison ont accidentellement découvert le corps de ce détenu d?une trentaine d?années jeudi alors qu?il s?est pendu samedi dernier. Six jours se sont donc écoulés pendant lesquels personne ne s?est rendu compte qu?il était manquant.
Et il y a eu 36 exercices de counting entre le moment où le détenu s?est tué et celui où il a été trouvé. Trente-six exercices au cours desquels, encore une fois, personne ne s?est rendu compte de son absence. Le counting se passe tous les jours à six intervalles différents. Un premier tôt le matin, quand les détenus sortent de leurs cellules, un deuxième avant qu?ils ne sortent pour vaquer à leurs tâches quotidiennes, un troisième à midi alors qu?ils rentrent pour déjeuner, un quatrième avant qu?ils ne sortent de nouveau pour reprendre leurs travaux, un cinquième quand ils rentrent dans l?après-midi et un dernier à l?heure du lock-up.
L?enquête qui a débuté dans la journée d?hier consiste à éplucher ces roll checks et des gate books afin de faire la lumière sur ce qui s?est exactement passé.
<B>«Pas de contrôle dans les prisons»
Les autorités pénitentiaires, elles, ne s?expliquent pas ce manquement. Mais tout en reconnaissant que la situation est «inacceptable», elles ne sont pas d?accord avec la ligne dure qu?a décidé d?adopter le PMO. «C?est trop facile de montrer du doigt un Grade II officer. Si l?idée est de trouver des boucs émissaires, ce n?est pas une bonne idée. Cela ne résout aucun problème», dit une source à la prison. «Cet incident a démontré un problème grave : qu?il n?y a pas de contrôle à l?intérieur des prisons. Il faudra en tirer des conclusions.»
Un de ses collègues abonde dans le même sens. «Le système lui-même ne fonctionne pas et c?est le résultat d?années de mismanagement. La direction ne sait pas ce qui se passe à l?intérieur. Comment le fait de sanctionner quatre officiers va-t-il régler le problème?»
En attendant, la prison troublée de Beau-Bassin s?est réveillée dans le calme hier matin. Les détenus étaient probablement épuisés par les événements de la veille et ont répondu positivement à la requête de Bill Duff, le commissaire des prisons «pour que tout se passe normalement». Mais le calme n?est qu?un sursis. Les prisonniers s?étaient calmés momentanément après avoir pris connaissance de la décision du gouvernement de rétablir la rémission à toutes les catégories de prisonniers. Et la mini mutinerie de jeudi a démontré que la situation peut devenir explosive à tout moment...
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