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«L?adversaire est l?Alliance sociale, pas le MMM»

11 mars 2006, 00:00

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Si la querelle entre Pravind Jugnauth, le leader du MSM, et Paul Bérenger, le leader du MMM et de l?opposition parlementaire, laisse des séquelles, elles ne sont pas irréversibles.

«Il y a une blessure entre Paul Bérenger et moi», concède Pravind Jugnauth. Mais il ajoute que l?adversaire du MSM, «c?est l?Alliance sociale pas le MMM». Il l?a affirmé devant un peu plus de 500 personnes, lors d?une réunion du MSM en salle à Plaine-Magnien, hier soir.

Comme on pouvait s?y attendre, le leader du MSM a répondu au leader du MMM qui tenait une conférence de presse un peu plus tôt hier. Le ton est ferme mais pas hostile. Les deux hommes se livrent un duel à distance depuis quelques semaines. Pravind Jugnauth est revenu sur la chronologie des événements qui ont conduit à cette «blessure», les propositions de Paul Bérenger et les siennes. «Je n?ai jamais eu de problèmes avec les militants, les dirigeants du MMM ni avec Paul Bérenger jusqu?à ce petit macadam». Il a dit qu?il verrait, le moment venu, comment la blessure se cicatrise?

Mais aujourd?hui, le leader du MSM exhorte surtout son partenaire du MMM à «ne pas écouter les serpents qui sont autour de lui». Il insiste sur le fait qu?il n?a jamais souhaité la démission de Bérenger en tant que leader de l?opposition. «Il a dit qu?il ne démissionnait pas, c?est un bon signal», précise le leader du MSM.

Mais entre-temps, le MSM va continuer seul sa mobilisation. Il vise surtout à mobiliser ses partisans, en vue du meeting du 1er Mai qu?il organise devant le collège Royal de Curepipe. A Plaine-Magnien, Pravind Jugnauth a profité de l?occasion pour brosser un tableau de la situation dans le pays.

Sur le plan économique, il affirme que les augmentations des prix du carburant et du gaz domestique financent le transport gratuit. Dans la police, il a critiqué l?«arrogance» et la «protection» dont jouit l?inspecteur Prem Raddhoa. «Il n?est pas là pour juger mais pour enquêter.» Il regrette que le PM Navin Ramgoolam a «marginalisé le commissaire de police».

«Il faudra rendre des comptes»

Il a aussi critiqué la situation dans le judiciaire, notamment en ce qui concerne les rémissions de peine et a évoqué le débat sur la légalisation du gandia. «Il y aura une révolution dans ce pays. Je vois les mêmes signes qu?en 1999. Il n?y a pas de leadership»?

Dans le secteur sucrier, il a tiré la sonnette d?alarme concernant la fermeture annoncée de la sucrerie de Saint-Félix, dans le Sud. Il a, enfin, réclamé le départ du ministre de la Santé qui n?a pris, selon lui, les mesures voulues à temps, en ce qui concerne le chikungunya.

Plusieurs autres membres du MSM ont pris la parole, à Plaine-Magnien, dont Showkutally Soodhun, Sooroojdev Phokeer et Bobby Hurryram. Ils ont commenté en des termes durs la situation économique et sociale, dans le pays ou encore les problèmes liés au chikungunya, dans le Sud.

Le président du parti, Joe Lesjongard, a promis, pour sa part, «le feu», à la rentrée parlementaire. «Il faudra rendre des comptes», a-t-il lâché. Il a soutenu que le MSM se lançait «à la reconquête du pouvoir». Il a aussi mis l?accent sur l?importance de «dire la vérité». Joe Lesjongard a surtout renouvelé l?allégeance à Pravind Jugnauth, «le seul leader du parti et celui qui est le futur Premier ministre»?

Une déception en chasse une autre. Après Pravind Jugnauth, leader du MSM, qui affirmait mercredi être «déçu» de l?attitude du leader de l?opposition Paul Bérenger, c?est ce dernier qui se dit «très déçu» de la décision de Pravind Jugnauth d?organiser son meeting du 1er Mai seul. Décision qui, pour Bérenger, est «un cadeau fait au gouvernement». Toutefois, le ton adopté vis-à-vis du MSM est un «ton d?apaisement». Les relations avec ce parti étaient le thème principal de sa conférence de presse à l?hôtel Le Labourdonnais hier.

Paul Bérenger précise que l?ennemi du jour, ce sont les dirigeants en place et qu?il «ne faut pas se tromper d?adversaire». «Pour battre ce gouvernement, il faut que les différentes composantes de l?opposition alle ensam.»

Etant donné «l?insistance» du MSM pour qu?il reste leader de l?opposition, Paul Bérenger a décidé de rester à son poste, «pour le moment du moins». Toutefois, «si les circonstances changent (?) nous prendrons des décisions à la lumière de ces développements.»

En ce qui concerne «l?ingérence dans les affaires internes du MSM», que lui reproche Pravind Jugnauth, le leader de l?opposition nie les faits imputés. «Quand je rencontre Ashock ou Pravind, je donne mon opinion sur beaucoup de choses. Ce n?est aucunement une ingérence.» Le leader mauve ne cache cependant pas avoir une «opinion très positive» d?Ashock Jugnauth. «Mo kwrar li ena enn potensiel enorm et ki li bizin mette sa au service du pays». Mais, une précision s?impose : «Je ne dis pas que Pravind n?a pas l?étoffe» et Paul Bérenger d?ajouter un peu plus tard : «Me présenter comme PM aux prochaines élections est également une possibilité». Aussi, dit-il, son opinion sur Ashock Jugnauth comme candidat à un poste de PM «est valable aujourd?hui me li capav evolue ek developman sitiasyon.» En revanche, Paul Bérenger précise qu?il est «faux de dire que je voulais qu?Ashock Jugnauth soit présenté comme PM au meeting du 1er Mai. Nou ti propoz alle ensam 1er Mai et tou bann lezot kestion nou ravoye a pli tar». Paul Bérenger soutient aussi qu?il n?a jamais été question, lors des discussions entre Pravind Jugnauth et lui, de celui qui s?adresserait en dernier à la foule. Un éventuel passage d?Ashock Jugnauth au MMM est également démenti. «Il n?en a jamais été question.»

La mobilisation sur le terrain se fera à partir de la semaine prochaine. L?assemblée des délégués se réunira le 19 mars dans le cadre de la campagne pour le 1er mai. Le meeting du 1er mai sera par ailleurs présidé par une femme.

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