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Questions à?Claude Mercier

23 février 2006, 00:00

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<B>● Où en est-on avec le cycle de négociations de Doha ? </B>

Si l?on s?en tient aux dires de Pascal Lamy, directeur général de l?Organisation mondiale du commerce (OMC), les négociations étaient à mi-chemin avant la conférence ministérielle de Hong Kong (le présent cycle de négociations avait démarré en 2001 à Doha, au Qatar). Après la réunion de Hong Kong, il a affirmé que les discussions étaient complétées à 60 %. D?ici la fin de cette année, il faudra terminer les négociations, toujours en suspens.

<B>● Nous sommes donc dans une course contre la montre?</B>

Nous étions déjà dans une course contre la montre, il y a trois ans, lors de la réunion de Cancùn. Les négociations y ont été un échec. Nous avons vu un nouveau bloc de pays en voie de développement (PVD), le G90, qui a eu une forte influence sur les discussions et a finalement fait dérailler les pourparlers.

Ces pays ne voulaient pas engager des discussions sur ce qu?on appelle les nouveaux sujets : la politique sur la compétition, l?investissement étranger, la transparence dans les opérations d?achats gouvernementaux et la facilitation du commerce. Des progrès ont toutefois été faits sur le quatrième sujet.

Le reste du cycle consiste essentiellement à gérer les accords existants. Des PVD se sont plaints qu?il existe des difficultés au niveau de la mise en place des accords. Ils ont demandé des améliorations aux règles, notamment sur le plan des barrières au commerce.

<B>● Qu?en est-il de l?agenda de développement du cycle de Doha ? </B>

L?OMC a voulu que ce présent cycle soit axé sur le développement des PVD. La question du développement fait en effet parti des principes du General Agreement on Tariffs and Trade (GATT) depuis 1968. Le cycle de Doha formalise ces principes.

Auparavant, il n?y avait aucune disposition obligeant les pays industrialisés à mettre en pratique leurs engagements sur la question du développement. Dans le présent cycle de négociations, ces engagements sont formels et obligatoires.

Il s?agit de donner des périodes d?adaptation plus longues aux PVD et aux pays les moins avancés (PMA) pour qu?ils puissent s?ajuster aux nouvelles règles du commerce mondial.

L?agenda de développement prévoit des périodes plus longues pour réduire les tarifs douaniers. Il préconise aussi d?accorder des préférences commerciales en termes d?accès aux marchés à ces pays. En sus d?accorder des périodes d?adaptation plus longues, il faut leur offrir une certaine capacité à se conformer aux règles.

Des PVD et les PMA prétendent à juste titre qu?ils ont des difficultés à appliquer les règles. Souvent, ils n?ont même pas les législations et les institutions nécessaires. L?OMC leur propose des assistances techniques pour renforcer leurs capacités institutionnelles.

<B>● L?OMC prévoit-t-elle des aides financières pour accompagner l?effort d?ajustement économique des pays membres?</B>

Ce n?est pas le rôle de l?OMC d?intervenir à ce niveau. Elle est une institution de réglementation du commerce international, et non une organisation de financement de développement, comme la Banque mondiale.

La question de Aid for trade ne fait pas partie du programme de Doha. C?est plutôt un souhait exprimé par les PVD et les PMA. Ce n?est pas un résultat obtenu lors des négociations à Hong Kong.

<B>Propos recueillis par Akilesh ROOPUN</B>

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