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« Personne n?a choisi d?être handicapé »

12 février 2006, 00:00

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<B>Vous avez lancé un guide sur le handicap mental. Quelles sont les grandes lignes de cet ouvrage ? </B>

Le guide sur le handicap mental est un projet de l?Apeim sur lequel nous avons travaillé depuis un an. Nous y avons compilé toutes les informations pratiques concernant le handicap mental pour les parents, les amis et tous ceux qui constituent l?entourage des personnes

handicapées. On trouve dans cet ouvrage les questions les plus fréquemment posées sur le handicap mental, ses causes, le dépistage, le développement et les signes d?alerte. Au cours de ses 35 ans d?existence, l?Apeim s?est occupée de 4 197 enfants et a répertorié 56 types de handicaps mentaux.

Chacun relève de problèmes spécifiques. Quand on apprend aux parents que leur enfant souffre d?un handicap, ils sont bouleversés, se sentent perdus devant ce qui leur arrive et se posent toutes sortes de questions. Les parents ont alors besoin d?être soutenus et encadrés. Il leur faut des explications, des informations, des références, en un mot un guide clair et précis qu?ils peuvent consulter à tout moment.

Notre objectif est donc de sensibiliser, d?informer et d?aider à mieux comprendre le handicap mental et les services offerts par l?Apeim. Ce livre a été rendu possible avec le concours de la Barclays et il sera distribué aux parents et au public, de même qu?aux cliniques et aux hôpitaux. Nous allons aussi émettre deux posters sur la prévention et sur la prise en charge.

<B>Comment définissez-vous ce handicap mental et quelles en sont les causes ? </B>

Pour différentes raisons, l?enfant a parfois une déficience mentale. On peut dire aussi qu?il s?agit d?un retard mental. Cela signifie qu?il a un niveau de raisonnement moins performant, qu?il réagit et apprend plus lentement que les autres enfants. Il peut aussi éprouver des difficultés à se déplacer seul, à réfléchir, à communiquer avec autrui. Le handicap mental peut être léger, moyen, sévère ou profond.

Dans la majorité des cas, on identifie trois causes avant la naissance. Cela peut être le résultat d?une perturbation au niveau des gènes, comme pour la trisomie 21. Il existe aussi des infections congénitales, telles que la rubéole, qui affectent l?enfant avant la naissance. Enfin, l?absorption de substances nocives pendant la grossesse est un autre facteur de handicap.

<B>Quelle est la perception du handicap mental à Maurice ? </B>

Je pense qu?il y a une meilleure perception des personnes atteintes de handicap mental aujourd?hui. Les gens acceptent qu?il y ait des handicapés mentaux mais cela ne veut pas pour autant dire qu?ils comprennent mieux. Malheureusement, on se dit que cela concerne les autres et on ne se soucie pas de ce que cela implique au quotidien car il y a des complications à chaque forme de handicap, par exemple des problèmes d?apprentissage, ou encore les altérations du développement. Bien qu?il y ait eu un certain développement pour aider les personnes atteintes, je pense qu?il faut favoriser le travail entre l?État et les ONG.

<B>Comment prendre en charge l?enfant qui en souffre ? </B>

Personne n?a choisi d?être comme cela. Il faut qu?il y ait une prise de conscience pour entamer la prise en charge. D?abord, la première étape est de se rendre dans une association ; et ce pour deux raisons : pour réaliser que l?on n?est pas seul, et pour obtenir des informations et un soutien. Après l?accueil du parent, on va pouvoir confirmer le type de handicap dont souffre l?enfant par le biais d?un médecin ou d?une équipe paramédicale, puis établir les suivis thérapeutiques. L?équipe à l?Apeim est composée de deux médecins, d?un psychologue, d?un orthophoniste, d?une ergothérapeute et d?une kinésithérapeute. De 0 à 6 ans, on effectue, au niveau de l?Apeim, une intervention précoce, suivie d?une intégration scolaire dans les écoles spécialisées et des classes intégrées au-delà de 6 ans. Ces programmes d?intervention aident l?enfant à apprendre et à accroître son autonomie personnelle et sociale. Nous effectuons aussi des visites à domicile et des ateliers d?apprentissage.

<B>Vous évoquez la prévention du handicap mental dans le guide. Comment ? </B>

Certains handicaps peuvent être évités si les précautions nécessaires sont prises en temps voulu. Par exemple, avant la grossesse, il faut vérifier que l?on a fait tous les vaccins, ne pas prendre de médicaments sans avis médical et consulter un spécialiste s?il y a des risques qui existent au sein de la famille ou si la femme a déjà perdu un bébé mal formé.

Pendant la grossesse, il faut proscrire l?alcool et la cigarette. Il faut aussi prendre des vitamines. Après la grossesse, il y a des signes à savoir interpréter. Par exemple, si la tête de l?enfant ne tient pas, s?il ne sourit pas, ne pleure pas, il faut s?en inquiéter. Au fil de sa croissance, il peut avoir du mal à s?asseoir, à babiller, ou encore à mâcher sa nourriture. Il convient alors de voir un spécialiste au plus vite. Il y a également quelques tests qui permettant de faire un dépistage, comme des examens sanguins ou encore l?échographie abdominale.

<B>Propos recueillis</B>

<B>par Melhia BISSIÈRE</B>

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