Publicité

La gestion des actifs industriels

20 juillet 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Toute activité industrielle nécessite quatre composants de base : des ressources humaines, des moyens financiers, des matières premières, des équipements (ou actifs) industriels.

Le management des 3 premières composantes a beaucoup évolué depuis les 40 dernières années grâce aux nouvelles théories et aux nouvelles techniques de management. Techniques et théories ensuite largement répandues grâce aux divers programmes de formation en management du type MBA et autres.

En ce qui concerne la 4 ème composante : les équipements industriels, il convient de noter qu’elle représente le plus gros investissement dans le secteur manufacturier en général mais aussi dans certains secteurs non-manufacturiers les transports (terrestres, aériens ou maritimes) – la génération électrique – les travaux publics. Autant de secteurs oú le coût de remplacement et de maintenance des équipements représente des centaines de millions de roupies annuellement à Maurice. L’évolution de la gestion des équipements aura été plus lente que pour les autres composantes . Et ce n’est que depuis un peu plus d’une dizaine d’années que les nouveaux concepts de la gestion des équipements auront été élaborés et appliqués dans les grands pôles industriels : Amérique du Nord, Europe de l’ouest, Japon.

Cette évolution devenait inévitable dans ces pays sous la pression croissante de la course à la productivité, aiguillonnée par une compétition farouche en provenance des pays émergeants et encadrée par une réglementation plus stricte de l’activité industrielle. Il devenait urgent d’identifier au sein de l’entreprise des poches éventuelles de non-productivité afin de les réduire. Pour citer quelques exemples : une étude faite par le magazine Industry Week conclut qu’aux USA, les industries sont sur-stockées de 18 % en pièces de rechange. Une autre étude menée par Consulting Times révèle qu’en moyenne, seulement 33% de la quantité de manhours de maintenance disponible sont réellement exploités. Beaucoup d’autres exemples du même ordre existent; démontrant ainsi l’existence de gisements potentiels de gains de productivité et des réductions de coûts opérationnels substantiels.

Si l’on veut définir ce qu’est la gestion des actifs industriels, on peut dire que c’est une approche de gestion globale recherchant les meilleures décisions possibles concernant l’utilisation et le soin apportés aux équipements industriels. Par conséquent, la gestion des actifs s’appuie sur une maintenance efficiente et qui intègre parfaitement les objectifs opérationnels de l’entreprise. Ainsi opération, production et maintenance deviennent étroitement imbriquées : Les opérateurs devenant partie prenante dans l’assurance du bon fonctionnement des équipements, alors que les intervenants de maintenance doivent avoir une parfaite connaissance de la criticité des machines dans le processus opérationnel de l’entreprise.

Et même sur le plan financier, quand on parle de gestion des actifs industriels, on ne peut plus se contenter de gérer seulement le coût de maintenance. Il faudrait tenir compte du coût de cycle de vie. (Voir figure 1).

Dans certains secteurs industriels ce coût de cycle de vie de l’équipement peut représenter 500 % (voire plus) du coût d’achat initial de l’équipement. Focaliser uniquement sur le prix d’achat d’un équipement industriel, c’est faire preuve de myopie financière.

<B>Le cheminement vers la gestion des actifs</B>

La route vers une bonne gestion de ses actifs passe obligatoirement par une maîtrise du processus de maintenance. Pour rappel, jusque tout récemment , la maintenance industrielle était perçue comme une succession d’interventions ponctuelles, pénalisantes pour les opérations et qui coûtaient cher. En réalité, la maintenance est un processus étroitement lié aux opérations. Si ce processus n’est pas maîtrisé, cela se répercute de manière interne par:

● Des pannes fréquentes et imprévues avec perte de production.

● Une qualité dégradée du produit ou du service offert.

● Des dépenses excessives en pièces de rechange (stock et consommation).

● Un remplacement prématuré des équipements.

● Une impression de crise permanente.

Mais il peut aussi y avoir des répercussions visibles de l’extérieur :

● Des clients insatisfaits (donc un risque de perte de marché)

● Un impact potentiel sur l’environnement.

● Une perte de crédibilité vis à vis des investisseurs et des assureurs.

Pour atteindre cette maîtrise de la maintenance industrielle, il n’y a pas de solution miraculeuse pour la bonne et simple raison que chaque entreprise est un cas spécifique de par sa taille, son activité, son implantation et sa culture.

Pour parvenir à une gestion efficace de ses actifs, l’entreprise doit accepter de se remettre en question et vouloir apporter des changements dans son mode opératoire. Il existe une méthodologie qui s’appuie sur des données – des observations – une analyse détaillée de la façon que l’entreprise gère ses actifs. Cette méthodologie se décline en 6 étapes : (voir figure 2).

Un tel projet s’échelonne sur plusieurs mois. Les changements nécessaires doivent se faire avec volonté et avec la concertation des parties prenantes : direction générale – production – maintenance – ressources humaines.

<B>Les bénéfices pour l’entreprise</B>

Les bénéfices d’un tel exercice sont multiples et ils rejaillissent sur l’ensemble de l’entreprise :

● Une meilleure utilisation des équipements en terme de disponibilité, de performance, et de qualité des produits ou des services.

● Une meilleure gestion du matériel de rechange (stock et consommation).

● Une reproduction des coûts opérationnels.

● Une culture de la fiabilité opérationnelle.

● Une minimisation des conséquences liées aux défaillances techniques.

● Une amélioration de l’indice de satisfaction des clients.

● Une perception positive de la part des partenaires externes.

● Davantage de sérénité pour le management.

<B>Application au contexte mauricien.</B>

À Maurice, cet aspect du management de l’entreprise mérite l’attention qui lui est due . En effet, nous avons un secteur manufacturier non négligeable. Ce secteur d’ailleurs repose sur deux activités majeures – le sucre et le textile – actuellement sérieusement menacées de l’extérieur. Tout gain de productivité dans ces activités augmenterait leur capacité à résister aux ‘attaques’ extérieures.

D’autres exemples d’activités industrielles à forte utilisation en équipements sont : l’agroalimentaire, la construction. Et du côté des services, les activités les plus gourmandes en équipements sont : le transport (routier, aérien et maritime) – l’hôtellerie – la génération électrique – le traitement et la distribution de l’eau.

Dans le contexte économique mondial oú rien n’est acquis d’avance, oú les pays se livreront à une compétition féroce pour les marchés existants, cet aspect de la gestion de l’entreprise doit être parfaitement maitrisé. Aux USA, les entreprises industrielles qui ont initié des projets axés vers l’amélioration de la gestion des actifs réalisent des retours sur investissement de l’ordre de 4 : 1 à 50 : 1dependamment du contenu du projet .

Mais il est important de rappeler encore que le succès de ces projets repose sur :

● L’implication et la détermination de la direction de l’entreprise de mener le projet à son terme.

● Un responsable de projet convaincu et actif.

● L’implication et la participation active de toutes les parties concernées.

● La mise en oeuvre de ressources financières et humaines adéquates pour le projet.

Publicité