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Retour de l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif en vue des élections
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Retour de l'ex-Premier ministre Nawaz Sharif en vue des élections
M. Sharif, 73 ans, qui était exilé à Londres depuis fin 2019.
L'ancien Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif doit rentrer ce samedi 21 octobre dans son pays, après presque quatre années d'exil à Londres provoqué par ses déboires avec la justice, pour tenter de ramener son parti au pouvoir lors des élections de janvier.
Le retour de celui qui a été trois fois Premier ministre intervient alors que son principal rival, le très populaire Imran Khan, est emprisonné depuis août et inéligible pour cinq ans.
M. Sharif, 73 ans, qui était exilé à Londres depuis fin 2019, doit être accueilli par ses partisans lors d'un grand rassemblement à Lahore, capitale de la province du Pendjab, son fief électoral.
«C'est le moment de l'espoir et de la célébration. Son retour est de bon augure pour l'économie du Pakistan et son peuple», a déclaré Khawaja Muhammad Asif, un haut responsable de son parti.
La Ligue musulmane du Pakistan (PML-N) compte sur l'expérience et le pragmatisme de Nawaz Sharif pour gagner les élections, qui ont été reportées à fin janvier.
Il reste toutefois sous le coup d'une condamnation à sept ans de prison pour corruption datant de 2018, une peine qu'il n'a que partiellement purgée.
Un tribunal d'Islamabad lui a accordé jeudi la liberté sous caution par anticipation jusqu'au 24 octobre, écartant la menace d'une arrestation dès son retour.
M. Sharif avait été destitué pour corruption en 2017 par la Cour suprême, après des révélations sur de luxueux biens immobiliers détenus par sa famille via des holdings offshore.
Il avait été banni à vie de tout mandat politique par cette même Cour suprême en avril 2018. Il avait nié toute malversation et dénoncé un complot de l'armée visant à favoriser la victoire électorale d'Imran Khan, qui était devenu Premier ministre.
Pour revenir, il a dû tempérer ses critiques à l'égard de l'armée, auprès de laquelle il aurait, selon les analystes, obtenu la garantie de ne pas être incarcéré.
«Il ne fait aucun doute que son retour résulte d'un accord avec l'establishment militaire et donc il doit faire plus attention», a déclaré à l'AFP l'experte Ayesha Siddiqa.
Apaiser la population
Après sa condamnation en décembre 2018, Nawaz Sharif avait été emprisonné pendant dix mois. Il avait été libéré pour raison médicale et autorisé à aller se soigner quelques semaines à Londres.
Malgré plusieurs assignations à comparaître devant les tribunaux pakistanais, il n'avait ensuite plus quitté Londres, d'où il avait continué à diriger en coulisses son parti.
La PML-N s'est associée à son ancien rival, le Parti du peuple pakistanais (PPP) de la famille Bhutto, avec lequel elle domine la vie politique pakistanaise depuis des décennies, pour évincer M. Khan grâce à une motion de censure en avril 2022.
Elle a réussi à porter au pouvoir le frère de Nawaz, Shehbaz Sharif, lequel a fait adopter une loi limitant la durée d'inéligibilité d'un parlementaire à une période maximale de cinq ans, pour permettre le retour de son aîné.
Imran Khan, 71 ans, emprisonné et accusé d'avoir divulgué un document classifié, a aussi attribué sa chute à l'armée et l'a violemment critiquée.
Son parti a depuis été la cible d'une campagne de répression, marquée par des milliers d'arrestations et des actes d'intimidation, qui l'a considérablement affaibli.
La PML-N laisse planer le doute sur qui de Nawaz ou de Shehbaz, considéré comme plus conciliant avec l'armée, la mènera au prochain scrutin, qu'un gouvernement intérimaire a été chargé d'organiser.
M. Khan «est déjà inéligible, donc il n'est pas dans la course. La vraie compétition pour le poste de Premier ministre se jouera entre les deux Sharif», a estimé Mme Siddiqa.
Mais leur parti devra apaiser une population accablée depuis de longs mois par la hausse vertigineuse de l'inflation.
Nawaz Sharif reste populaire au Pendjab, dans les milieux d'affaires et parmi les classes les plus âgées. Mais la jeune génération, lassée de voir toujours les mêmes accaparer le pouvoir, n'a d'yeux que pour Imran Khan.
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