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Marche contre le «bullying» à Curepipe
«Pas de bourreaux dans nos cours d’école»
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Marche contre le «bullying» à Curepipe
«Pas de bourreaux dans nos cours d’école»
© Photos : Rishi Etwaroo
Les rues de la Ville lumière ont été, le jeudi 16 juillet, témoins d’une importante mobilisation citoyenne – une marche de sensibilisation au harcèlement scolaire organisée par la Parent-Teacher Association (PTA) du collège Saint-Joseph, la direction du collège et le Service diocésain de l’Éducation catholique (SeDEC). Des centaines d’élèves, de parents, d’enseignants, d’anciens élèves et des représentants d’autres collèges ont voulu envoyer un message sans équivoque : le harcèlement, la violence, l’intimidation et la discrimination n’ont pas leur place dans les écoles.
Au rythme d’une fanfare, derrière des banderoles portant des messages de respect, de solidarité et de bienveillance, les marcheurs ont parcouru les rues de Curepipe dans une ambiance solennelle et porteuse d’espoir, quelques semaines après un cas de harcèlement impliquant un élève du collège Saint-Joseph, qui avait remis le phénomène du bullying au cœur du débat public. Deux ministres élus de la ville, Ajay Gunness et Michaël Sik Yuen, étaient venus soutenir cette initiative.
Pour Ajay Gunness, «le bullying n’a pas sa place dans nos écoles. Une victime de harcèlement peut être traumatisée à vie». Le gouvernement, a-t-il indiqué, est conscient de l’ampleur du problème et une enveloppe budgétaire a été prévue dans le Budget 2026-2027 pour financer des campagnes nationales de sensibilisation contre le harcèlement scolaire.
Diane Ami-Lepois, présidente de la PTA du collège Saint-Joseph et maire-adjointe de Curepipe.
Pour la présidente de la PTA du collège Saint-Joseph et maire-adjointe de Curepipe, Diane Ami-Lepois, cette marche est avant tout une réponse collective à une situation qui a marqué la communauté scolaire. «Un enfant qui vient à l’école doit être en sécurité. En tant que parents, nous voulons transmettre ce message aux jeunes, aux familles et à toute la société. Le bullying des plus faibles est inacceptable.»
Elle a rappelé que les événements récents ne définissent pas l’établissement car le Student Council, les enseignants et la direction ont accompagné la victime pour qu’elle retrouve la joie d’apprendre. Une enquête est en cours et l’élève mis en cause ne fréquente plus le collège.
Vince Ampoule, «Head Boy» du collège Saint-Joseph.
Le Head Boy du collège, Vince Ampoule, a lancé un appel à l’unité. «Une attaque commise contre l’un de nous est une attaque contre nous tous. Nous ne voulons pas qu’un de nos frères se sente à risque à l’école.» Il a insisté sur la fraternité de la communauté joséphienne et la responsabilité de chaque élève de protéger ses camarades.
Stéphane Rock, enseignant et vice-président de l’Old Boys Association du collège Saint-Joseph.
Plusieurs anciens élèves se sont manifestés et Stéphane Rock, enseignant au collège et vice-président de l’Old Boys Association, a souligné que le harcèlement scolaire dépasse les frontières d’un seul établissement. «Le bullying n’est pas seulement l’affaire du Saint-Joseph. C’est l’affaire de toute la société. Trop d’enfants souffrent en silence. S’ils ne peuvent pas parler, alors nous parlerons pour eux.»
Les autorités doivent, a avancé Stéphane Rock, passer de la sensibilisation à l’action avec la réintroduction des Discipline Masters, davantage de psychologues, une présence policière renforcée aux abords des écoles et une consultation régulière des enseignants dans l’élaboration des politiques éducatives. Le collège Saint-Joseph accueille environ 800 élèves, avec un psychologue disponible une demi-journée par semaine, a-t-il ajouté. «Nous avons besoin d’au moins deux psychologues. Les enseignants sont en première ligne, mais n’ont pas les moyens nécessaires pour intervenir efficacement.»
Clive Anseline, responsable de la communication du SeDEC.
Le responsable de la communication du SeDEC, Clive Anseline, a estimé que cette marche avait atteint son objectif, mais qu’il fallait aller plus loin. «Les jeunes sont l’avenir du pays. Nous devons travailler ensemble – autorités, écoles et parents – afin de trouver des solutions concrètes pour prévenir les situations de harcèlement.» Il a souligné l’insuffisance des ressources humaines face au nombre croissant de cas signalés dans les écoles primaires et secondaires. Il faudrait investir davantage dans le soutien psychologique et la formation de professionnels pour encadrer les élèves.
Jason, le père d’un élève du collège Saint-Joseph.
Les parents présents ont également exprimé leurs préoccupations. Jason, père d’un élève, estime que le combat contre le harcèlement nécessite une mobilisation nationale. «Nous parlons beaucoup d’intelligence artificielle, mais il ne faut pas oublier l’intelligence émotionnelle. C’est toute la société qui doit être rééduquée : parents, enseignants, élèves et institutions.»
Clara, du collège BPS, Beau-Bassin.
Des élèves d’autres établissements ont affiché leur solidarité. Clara, du BPS à Beau-Bassin, a rappelé que «le bullying stresse les enfants avec des conséquences très négatives sur leur éducation». Emmanuel a expliqué que cette marche démontrait que «Saint-Joseph est prêt à lutter contre l’injustice et la malveillance», alors que Rémilie et Grace ont insisté sur la nécessité de «ne plus banaliser le harcèlement scolaire et d’agir rapidement dès les premiers signes».
Rémilie et Grace du collège BPS.
Au-delà des discours, cette marche a illustré la volonté de transformer une épreuve en mouvement positif. Parents, enseignants, élèves, anciens élèves, responsables religieux et représentants de l’État ont marché côte à côte pour rappeler que le harcèlement scolaire est un défi national exigeant une réponse collective. Les organisateurs espèrent des actions concrètes – un meilleur accompagnement psychologique, davantage de ressources humaines et des mesures préventives renforcées. En s’exprimant d’une seule voix contre le bullying, tous souhaitent une école mauricienne où chaque enfant pourra évoluer dans un climat de respect, de confiance et de sécurité.
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