Publicité
Coupe du monde 2026
Offside
Par
Partager cet article
Coupe du monde 2026
Offside
De nos latitudes, cette Coupe du monde de football, infernale à suivre en raison du décalage horaire avec ses pays hôtes, laisse un étrange sentiment, pour peu que l’on ne soit ni fan de l’Espagne ni de l’Argentine et que l’on soit naturellement enclin à regarder le monde de cette Coupe «outside the box». On aurait adoré avoir fait la recension des anecdotes marrantes, mais celles qui ont passé le rubicon du terrain sont de tout autre nature.
8 Juin
⚫ Omar Abdulkadir Artan est renvoyé vers Istanbul après 11 heures d’interrogatoire et plusieurs heures de détention.
⚫ Le Somalien, élu meilleur arbitre africain 2025 et sélectionné pour la compétition, s’est vu refuser l’accès au territoire américain malgré un visa en règle.
⚫ L’attaquant irakien Aymen Hussein a été retenu près de sept heures à l’aéroport de Chicago, tandis que le photographe de sa sélection était éconduit.
⚫ L’Iran, en raison des tensions avec Washington, a dû installer son centre d’entraînement à Tijuana, au Mexique, n’étant autorisé à franchir la frontière que la veille de ses matchs.
⚫ On garde aussi en mémoire les images de l’équipe du Sénégal soumise à des détecteurs de métaux sur le tarmac de Raleigh, et celles de l’Ouzbékistan fouillée à New York. Des méthodes affectant la dignité et les droits humains.
À leur arrivée à l’aéroport de San Antonio, au Texas, la sélection sénégalaise a été contrôlée directement sur le tarmac. Des images qui ont choqué l’opinion publique, pour qui ces contrôles n’ont servi qu’à humilier les joueurs africains.
*****
4 Juillet
«Madame Celeste Amarilla, vous êtes une femme méprisable et indigne de votre fonction», a écrit Mbappé sur X après les commentaires racistes de la sénatrice. «Vous ne représentez pas le Paraguay, ce pays qui a transpiré la passion et l’honneur tout au long de la compétition.»
Après le pénalty décisif de Kylian Mbappé contre le Paraguay, la sénatrice d’opposition Celeste Amarilla déverse sur X des propos racistes contre le capitaine français : «Cet abruti n’a même pas appris à écrire (…) les êtres les plus instruits qu’il ait jamais entendus étaient des chimpanzés.» Ajoutant : «Un Camerounais issu de la colonisation, s’efforçant de passer pour un Français, rancunier, arrogant et laid.»
Le 7 juillet, le parquet de Paris ouvre une enquête pour «injure publique aggravée» et «provocation publique à la haine».
*****
5 Juillet
Le 2 juillet, en 16ᵉ de finale entre les États-Unis et la BosnieHerzégovine, l’attaquant américain Folarin Balogun écrase la cheville de Tarik Muharemovic. Après recours à la VAR, l’arbitre brésilien Raphael Claus sanctionne d’un carton rouge. Les États-Unis se qualifient tout de même (2-0). Trois jours plus tard, coup de théâtre : la FIFA annule la suspension. Donald Trump remercie aussitôt l’instance d’avoir «réparé une grave injustice» sur Truth Social.
Donald Trump a reçu des mains du président de l’instance du foot mondial, Gianni Infantino, fier de son coup, le 5 décembre 2025, le premier prix FIFA de la paix lors du tirage au sort du Mondial à Washington.
Deux sources confirment à l’Agence-France Presse que le président américain a appelé Gianni Infantino quelques heures après le match. Selon The Guardian, il aurait même téléphoné à trois reprises. Le sélectionneur belge Rudi Garcia ironise : «Je ne savais pas que le 5 juillet correspondait au 1er avril à la FIFA.» L’UEFA dénonce une décision «inédite, incompréhensible et injustifiable» franchissant la «ligne rouge». Trump, lui, assume : «Ce n’était pas une faute. Oui, j’ai demandé une révision.» On a beau ne jamais être surpris par les outrances du personnage, le move reste choquant. Mais, une fois encore, le terrain a parlé : les États-Unis ont été éliminés le 6 juillet, défaits 4-1 par la Belgique en huitièmes de finale, à Seattle.
*****
10 Juillet
Après Amarilla, c’est l’ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy qui s’illustre. Dans une chronique d’El Debate intitulée «Aujourd’hui, la revanche est arrivée», il glisse : «Elle a une équipe de très haut niveau. Mais sans Français.» Loin de s’excuser, il persiste dans un nouveau billet : «Il faut avoir le sens de l’humour.» Le Premier ministre Pedro Sánchez a exprimé sa «honte» à Sébastien Lecornu et Brigitte Macron lors du défilé du 14 juillet.
*****
15 Juillet
Après avoir éliminé l’Angleterre en demifinale (2-1), les Argentins déploient une banderole d’un goût douteux : «Les Malouines sont argentines.» Une référence au conflit de 1982, qui fit 649 morts argentins et 255 britanniques en 74 jours. «La Coupe du monde n’est peut-être pas à nous, mais les Malouines le sont assurément», rétorque Downing Street, réclamant une enquête «minutieuse» de la FIFA dont le règlement stipule que «les joueurs ne sont pas autorisés à exhiber de slogans, messages ou images à caractère politique, religieux, personnel ou publicitaire» et au vu du précédent de 2014.
À l’issue de leur victoire sur l’Angleterre en demi-finale (2-1), plusieurs joueurs argentins, emmenés par Giovani Lo Celso, ont déployé une banderole sur la pelouse du stade sur laquelle il était écrit : «Les Malouines sont argentines.»
La sélection argentine avait écopé d’une amende de 30 000 francs suisses, soit 32 000 euros, pour avoir brandi une bannière similaire avant le coup d’envoi d’un match amical contre la Slovénie en marge du Mondial. Et on se souvient de 1986 : la «main de Dieu» de Maradona qui éliminait l’Angleterre, décrite comme «une revanche symbolique».
Publicité
Publicité
Les plus récents