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“Notre objectif est de pouvoir détenir 50 % du marché à terme”

20 juillet 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● <B>Pourquoi êtes-vous intéressé au marché mauricien qui n’est pourtant pas d’une grande taille ?</B>

Notre groupe est constamment à la recherche des opportunités sur le plan international. Nous sommes présents en Inde, en Angleterre, au Népal, au Sri Lanka et en Thaïlande. Nous avons voulu avoir une présence dans l’hémisphère sud. Notre opération à Maurice s’inscrit dans cette volonté.

Maurice est un pays démocratique avec une économie stable. Elle représente pour nous une fenêtre pour pénétrer le grand marché de l’Afrique subsaharienne.

Mais Maurice en elle-même est un marché d’une taille assez importante à nos yeux. Le niveau de consommation de bière est intéressant. Le pays compte 1,2 million d’habitants et accueille plus de 700 000 touristes par an. Ce n’est donc pas un petit marché.

● <B>Quelles sont les forces et les références de Universal Breweries ?</B>

L’entreprise a pour promoteurs trois hommes d’affaires qui ont connu beaucoup de succès sur le plan international. Ils sont Avtar Lit, Ravi Jaipuria et Raman Sood. Le premier nommé est un Indo-britannique très connu dans le monde médiatique en Angleterre. Sa radio, la Sunrise Radio, a fait un tabac en Grande-Bretagne et elle est une des chaînes FM les plus populaires dans ce pays. Avtar Lit opère aussi d’autres radios à Londres et s’est aussi aventuré dans la restauration notamment à travers les franchises de Mac Donald.

Ravi Jaipuria est lui connu comme le “Pepsi King” en Inde. Il est l’embouteilleur exclusif de Pepsi en Inde et au Népal. Il est également un gros exploitant de la franchise dans les pays du Golfe et au Sri Lanka. Ravi Jaipuria est d’ailleurs le plus gros embouteilleur de boissons au monde.

Il détient aussi des intérêts dans le secteur de la restauration dont les chaînes de Pizza Hut et les coffee pubs Costa en Europe. Il est également présent dans le secteur hôtelier avec des hôtels de luxe destinés à une clientèle d’affaires.

Raman Sood est dans l’activité hôtelière et dans l’immobilier commercial principalement.

● <B>Les promoteurs de la compagnie ont tous un parcours impressionnant. Mais cela ne les fait pas de bon fabricant de bière…</B>

L’activité de brasserie requiert deux compétences essentielles: la fabrication de la bière et la distribution. La fabrication elle-même est tributaire de l’équipement utilisé et les qualités du maître brasseur. Nous avons à l’Universal Breweries le meilleur équipement possible pour la taille de notre brasserie. Notre maître brasseur, Frank Mrazek, a été formé à la meilleure école de formation de brasseurs au monde. Il a aussi travaillé à la plus ancienne brasserie commerciale au monde, en occurrence Pilsnerur- quell, qui est en lui-même une institution. Le maître brasseur sera épaulé par Pankaj, un cadre de haut calibre qui a acquis une vaste expérience dans la technologie en question en Afrique du Sud.

Les techniques d’embouteillage et d’emballage sont très identiques à celles utilisées dans la production des autres boissons gazeuses. Nous avons toutes les compétences requises en interne.

Cela s’applique également pour la distribution et le marketing de nos produits. Les promoteurs de la compagnie ont tous des connaissances éprouvées dans la distribution grâce à leurs opérations en Inde, en Angleterre, au Népal et au Sri Lanka, entre autres. Nous n’avons aucun doute que la compagnie ne puisse faire appel à ces compétences.

Nous comptons environ 4 000 points de vente à travers l’île. A titre de comparaison, nos opérations à Katmandu desservent plus de 14 000 échoppes. Sur l’ensemble du Népal, notre couverture touche 35 000 points de vente environ.

Universal Breweries a une logistique de distribution qui pourra desservir le pays sans aucune difficulté.

● <B>Vous allez vous battre avec un concurrent de taille, la Mauritius Breweries, qui a compte une présence de plus de quarante ans à Maurice. Etes-vous confiants de pouvoir faire face cette compétition ?</B>

Les gens sont habitués à consommer une bière qui est fabriquée par une compagnie en particulier. Les gens sont aussi à la recherche de quelque chose de différent et de nouveau. Cela veut dire que les gens veulent que nous puissions produire une bière qui soit meilleure que celle proposée par notre compétiteur.

Il s’agit d’une question de perception. Si vous êtes en mesure de tâter les pouls du public, vous pouvez jouir d’un bon accueil auprès de la clientèle.

● <B>La Mauritius Breweries met le paquet sur la communication et la publicité en prévision de votre arrivée sur le marché. Cela vous inquiète-t-il ?</B>

Nous n’en sommes nullement inquiétés. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi la Mauritius Breweries qui est là depuis plus de 40 ans découvre subitement qu’elle doit rappeler aux Mauriciens son existence. Notre compétiteur pense qu’elle doit encore rassurer ses consommateurs.

● <B>Avez-vous une stratégie particulière pour le lancement de votre produit ?</B>

Nous aurons un lancement normal. Nous allons tout simplement informer les consommateurs la date à laquelle nous allons commercer à vendre.

Je peux vous dire que nous rencontrons beaucoup d’enthousiasme de la part de revendeurs au détail que nous avons contacté. Ils sont tous impatients de pouvoir vendre nos produits.

● <B>La venue d’Universal Breweries est perçue comme la fin d’une situation de monopole. Doit-on s’attendre à ce que vous pratiquiez des prix plus compétitifs que la concurrence ?</B>

Nous avons fait d’énormes investissements dans la machinerie et le bâtiment. Avec des investissements pareils, il n’est pas possible de vendre à un prix plus bas que notre concurrent qui lui a déjà amortit le coût de ses équipements.

Il n’y aura pas de guerre de prix. Un produit de bonne qualité et un excellent service au consommateur feront notre force concurrentielle sur le marché.

<B>“L’activité de brasserie requiert deux compétences essentielles: la fabrication de la bière et la distribution.Nous avons à l’Universal Breweries le meilleur équipement possible pour la taille de notre brasserie.”</B>

● <B>Quels sont vos objectifs en termes de part de marché ?</B>

Nous voulons avoir une part légitime dans un marché qui compte deux opérateurs. Notre objectif est de pouvoir détenir 50 % du marché à terme. La question est de savoir quand et comment y parvenir. Il se peut que nous prenions plus de temps que prévu pour réaliser notre ambition. Il se peut qu’en cours de route nous soyons appelés à faire certains ajustements pour que nous puissions répondre aux attentes des consommateurs.

● <B>La compétition sur le marché local connaîtra de profonds bouleversements en 2008 avec le démantèlement complet des tarifs douaniers dans la zone de la Southern African Development Community…</B>

Nous anticipons déjà cette réalité. Nous sommes pleinement conscients que nous allons devoir affronter les bières sud-africaines, notamment, sur le marché local. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons produit une bière de qualité internationale.

L’Afrique du Sud ne peut pas entrer sur le marché mauricien et fermer ses portes aux produits mauriciens. Si nous arrivons à produire selon une qualité internationale, nous serons capables de pénétrer ces marchés.

● <B>Envisagez-vous sérieusement l’option du marché régional ?</B>

Nous sommes toujours à l’étape des études. Il existe d’énormes opportunités dans la plupart des pays de la région. Nous allons certainement considérer les possibilités d’expansion en temps et lieu.

Mais notre priorité demeure le marché mauricien. Nous y avons investi Rs 300 millions. Ce n’est pas une plaisanterie. Nous avons identifié la production de la bière comme une activité rentable à Maurice. Ce n’est pas un business qui est motivé par des tarifs ou des subsides. Nous sommes déterminés à rester à Maurice et se développer dans la région à partir d’ici.

● <B>Les promoteurs de la compagnie ont des intérêts dans divers secteurs Peut-on prévoir une diversification d’Universal Breweries dans d’autres activités ?</B>

Nous avons effectivement un plan de diversification. Nous envisageons sérieusementà construire un hôtel pour les hommes d’affaires. Nous avons d’ailleurs déjà soumis notre demande pour les permis nécessaires auprès des autorités concernées.

<I>Propos recueillis par</I> <B>Akilesh ROOPUN</B>

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