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«Tout est dans le cash book de Tyack»

8 avril 2008, 00:00

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L?affaire «Air Mauritius» tire à sa fin. Pensez-vous que vos dénonciations ont eu l?effet escompté ?

D?abord, il faut s?attarder sur certaines décisions du Directeur des poursuites publiques(DPP). L?inculpation des cinq accusés ne concernait que les commissions spéciales payées à Rogers par la compagnie d?aviation nationale. Or, la caisse noire ne se limitait pas uniquement à ces commissions spéciales. Il y avait aussi les billets d?avion gratis, le top-up des salaires, un emprunt fictif contracté par Air Mauritius auprès de Rogers et les dons aux politiciens. Les commissions spéciales ne sont que le sommet de l?iceberg. De ce point de vue là, j?ai des regrets. L?affaire n?a pas été traitée dans sa globalité.

Pourquoi certains aspects de ce scandale n?ont-ils pas été pris en considération, comme vous le dites ?

Il y plusieurs raisons. La décision de poursuivre ou de ne pas poursuivre relève du DPP. S?il n?a poursuivi Tirvengadum et consorts que pour l?affaire des commissions spéciales, il a certainement des raisons valables et je ne veux pas polémiquer là-dessus. Mais sa décision n?a pas été sans conséquence. Aujourd?hui, les décideurs de la caisse noire, ceux qui en ont tiré le plus profit, sont sortis indemnes. Gérard Tyack et Philippe Rivalland ne sont que des exécutants. On est face à une situation où les voleurs sont condamnés mais pas les receleurs.

Combien de décideurs et d?exécutants y avait-il dans cette affaire ?

Je ne peux répondre avec précision mais je peux vous dire qu?au total, une cinquantaine de personnes sont impliquées. La clé de ce scandale est le cash book de Gérard Tyack. Tout y est inscrit. Tout est dans le cash book. Malheureusement, ce sont des preuves qui ont été complètement occultées lors du procès.

Y a-t-il une raison derrière cette «occultation»?

Pour cela, il faut bien comprendre le contexte dans lequel cette affaire a éclaté. Peu avant que je ne fasse des dénonciations publiques, l?Economic Crime Office (ECO) enquêtait déjà sur le cas. J?avais décidé de ne pas déposer à l?ECO mais d?aller directement à la police. D?autres ont agi différemment, à l?instar de Harish Boodhoo, qui est allé déposer devant l?ECO. Le gouvernement d?alors avait immédiatement dissout cette institution car les révélations de Harish Boodhoo impliquaient directement un ministre. Le gouvernement a ensuite créé l?Independent Commission against Corruption. Mais cette dernière n?avait pas les mêmes pouvoirs que l?ECO et ne pouvait reprendre, de facto, les enquêtes de l?ECO.

Si ce que vous dites est vrai, pourquoi ne pas consigner une déposition comme vous l?avez fait en 2001 pour dénoncer les impunis ?

Il y a beaucoup de choses qui n?ont pas été dites dans l?affaire de la caisse noire. Pour l?instant, je ne sais pas si j?irai consigner une nouvelle déposition à la police. Mais ce qui est sûr, c?est que je vais faire publier un livre sur ce scandale, pour rendre publics les dessous de cette affaire.

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