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Royal Green Hospital

La clinique dit avoir le droit de procéder à des accouchements

20 août 2026, 15:00

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La clinique dit avoir le droit de procéder à des accouchements

Capture d’écran de la vidéo publiée par Royal Green Hospital sur sa page Facebook.

Depuis le 4 août, Royal Green Hospital à Réduit a procédé à un accouchement. La clinique l’a annoncé dans une vidéo publiée le 12 août sur sa page Facebook, vue plus de 93 000 fois. Or, selon le ministère de la Santé, Royal Green Hospital, une clinique privée, «Pou accouchement zot pena licence». Elle n’est autorisée à proposer qu’une partie des services d’obstétrique, soit des consultations. Le ministère de la Santé a également tenu à préciser que ce n’est pas une «décision politique. Un avis (notice) a été préparé et a été envoyé», a précisé cette source.

Sollicitée par l’express pour un commentaire, la direction de la clinique affirme que son permis d’opération a été renouvelé cette année pour un an par le ministère de tutelle et nous a transmis une copie du document.

Dans la vidéo publiée par Royal Green Hospital sur sa page Facebook, des membres du personnel en uniforme se dirigent vers la salle Stella 3. L’un porte un sac, l’autre un gâteau rose. L’ambiance est à la célébration. On y entend une voix évoquer «notre premier bébé, une royal girl», née le mardi 4 août. Le personnel remercie l’équipe de la maternité et le pédiatre. Le visage des parents n’apparaît pas, mais la mère y est citée : elle aurait toujours eu envie d’accoucher dans cette clinique.

Sur son site internet, Royal Green Hospital présente ses services d’obstétrique – la gestion des accouchements, le suivi des grossesses et l’hospitalisation en gynécologie –, sous la rubrique «Coming Soon». Ces services sont censés être disponibles une fois la phase 2 de l’établissement achevée mais celle-ci n’est pas précisée. Les services actuellement proposés, d’après le même site, se limitent à des consultations gynécologiques. Or, la vidéo postée montre que lesdits services vont au-delà de simples consultations. Interrogé par l’express, le ministère de la Santé confirme que Royal Green Hospital ne détient pas de licence pour tous les services d’obstétrique. «Pour les consultations gynécologiques, oui, mais pas pour tous les services d’obstétrique. En avril, dans une lettre datée du 21, cette clinique a fait une demande pour opérer une maternité, un service néonatal et un service d’accouchement mais le ministère ne lui a pas encore donné le feu vert. Vu qu’un accouchement y a eu lieu, une notice a été rédigée hier pour demander des explications à la direction de l’établissement, qui dispose de sept jours pour y répondre.»

Permis renouvelé, dit la direction

Contactée, la direction de Royal Green Hospital affirme disposer d’un permis d’opération renouvelé pour un an et a transmis une copie du document à l’express. Il s’agit d’une lettre du ministère de la Santé datée du 15 janvier 2026, adressée à RGT Healthcare Ltd. Elle confirme le renouvellement de son permis d’exploitation en tant qu’hôpital privé, sous la section 5 du Private Health Institutions Act de 1989, pour la période allant du 25 janvier 2026 au 24 janvier 2027.

La lettre confirme que RGT Healthcare Ltd est autorisée à opérer «as a Private Hospital», sans toutefois lister les services couverts. Elle précise que le permis est renouvelé «on the same terms and conditions», donc sans changement par rapport à la période précédente. Et le point 3 est sans équivoque : «Your attention is also drawn to the fact that your institution should not provide any new service without the prior written approval of this Ministry.»

L’annexe jointe, intitulée «Conditions for the Grant of Licence to Private Hospitals», est un cadre générique qui s’applique à tout hôpital privé mauricien, pas une autorisation accordée spécifiquement à Royal Green Hospital. Elle fixe des normes à respecter si et quand un établissement propose certains services, par exemple le point 3.2 sur les installations qu’une maternity unit doit avoir ou le point 3.3 sur les back-up facilities «where angioplasty services are provided». Cette formulation conditionnelle montre qu’il s’agit de standards à respecter en cas d’existence du service, non d’une liste de spécialités que Royal Green Hospital est autorisée à exercer. L’annexe rappelle d’ailleurs que l’établissement ne doit, «under no circumstances», proposer de nouveaux services sans autorisation écrite préalable du ministère.

Ce qui interpelle, c’est qu’en avril dernier, la direction avait fait une demande d’extension de services comme susmentionné, demande toujours en attente d’approbation. En présentant sa seule licence générale comme preuve qu’elle «a le droit d’opérer»,la direction s’appuie sur un document qui ne couvre pas les services en question, tout en sachant que la demande spécifique qu’elle avait elle-même engagée n’a pas encore abouti.

Contacté par l’express, le Dr Dawood Oaris, président de l’Association des cliniques privées, confirme qu’une licence ne donne pas automatiquement le droit d’opérer un nouveau service, sauf si celuici y est explicitement mentionné. Selon lui, toute clinique souhaitant ajouter un service doit soumettre une demande, attendre les vérifications menées par des fonctionnaires sur place et l’approbation du ministère.

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