Publicité

Nouvelle-Découverte

Une force de 700 voix s’oppose à un projet de concasseuse dans un havre agricole

20 août 2026, 16:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Une force de 700 voix s’oppose à un projet de concasseuse dans un havre agricole

Le projet d’unité mobile de concassage de pierres de Dove Transport Ltd à Nouvelle-Découverte, visant une production de 450 tonnes par jour, suscite une forte opposition locale en raison des risques de nuisances sonores, poussières et pollution de l’eau. Une pétition intitulée «Protégeons la nature-Non au concasseur à Nouvelle Découverte» a déjà recueilli 700 signatures (en ligne et en hard copy), soit le village tout entier, pour s’opposer à ce projet. Atma Bumma, habitant de Nouvelle-Découverte, a déjà envoyé une lettre détaillée à la division d’Environmental Impact Assessment (EIA) du ministère de l’Environnement et aux membres du gouvernement, de l’opposition parlementaire et extra-parlementaire.

Atma Bumma au front

L’ancien membre du MMM soutient qu’il s’appuie sur «leur propre rapport d’étude d’impact environnemental pour expliquer pourquoi le projet ne devrait pas aller de l’avant». Atma Bumma explique que son opposition se fonde sur les informations environnementales de l’EIA présentée par Dove TransportLtd et préparée par Sustainable Resource Management Ltd, ainsi que sur les caractéristiques de Nouvelle-Découverte en tant que village agricole. «L’EIA décrit une installation destinée à produire 450 tonnes de granulats par jour, alimentée par un générateur diesel, sur un terrain de 19 780 m².» Les préoccupations environnementales incluent les émissions de poussières, le bruit, le trafic, la contamination du sol et des eaux souterraines, ainsi que des risques pour la santé et la sécurité au travail. La question essentielle est l’inadéquation du site choisi. «Une installation mobile peut être relocalisée dans une zone industrielle, tandis que l’environnement agricole de Nouvelle-Découverte et ses ressources en eau ne peuvent pas être déplacés».

Pollution de l’air

Atma Bumma estime que le projet est incompatible avec le caractère agricole de NouvelleDécouverte. «Ce n’est pas une zone industrielle, mais un environnement rural où l’agriculture et la production alimentaire sont cruciales. L’EIA indique la présence de terres agricoles et de récepteurs sensibles autour du site. L’installation de concassage modifierait substantiellement le caractère environnemental de la région, ce qui pose une question de compatibilité des usages du sol.»

Par ailleurs, l’EIA classe l’impact des poussières et de la qualité de l’air comme High. Cela soulève des préoccupations sérieuses concernant la pollution de l’air, qui affecterait les cultures, les élevages et les travailleurs. «Il est essentiel d’évaluer si l’introduction d’une source de pollution particulaire est justifiée dans cet environnement. Le principe de précaution devrait donc indiquer de choisir un autre site pour éviter l’exposition à cette source.»

Express.mu (620 x 330) (4)

Autre argument avancé par Atma Bumma pour s’opposer au projet est que les «eaux souterraines et le forage existant constituent des récepteurs sensibles. L’EIA confirme la présence d’un forage actif sur le site du projet, actuellement utilisé à des fins agricoles. Elle reconnaît explicitement que des fuites de carburant, lubrifiants ou fluides hydrauliques provenant des machines pourraient s’infiltrer dans le sol et potentiellement contaminer les eaux souterraines, y compris le forage d’irrigation situé sur le site. Cet élément est important. Une pollution des eaux souterraines peut être difficile et coûteuse à traiter et une contamination ne reste pas nécessairement confinée aux limites d’une propriété. Par conséquent, la présence d’un forage actif n’est pas un détail secondaire ; elle constitue un argument contre l’introduction d’une activité potentiellement contaminante à cet endroit lorsqu’un autre emplacement industriel pourrait éviter ce conflit».

La solution la plus responsable du point de vue environnemental, selon Atma Bumma, n’est donc pas d’expérimenter des mesures de mitigation après l’octroi d’une autorisation. Elle consiste à refuser ce site et à relocaliser l’activité mobile de concassage dans une zone industrielle appropriée. «Nou pa kapav gramatin tanto dir bizin ena otosifizans alimanter et lot kote nou pe met en danze bann aki agricol depi plizier zenerasion».

Pour rappel, le rapport EIA a été ouvert pour inspection publique et les délais de soumission des commentaires du public ont fait l’objet d’une extension officielle par le ministère de l’Environnement, de la gestion des déchets solides et du changement climatique. Après la fin de la période de consultation publique le 14 août 2026, les prochaines étapes incluent l’analyse des objections par le ministère, la demande possible d’un addendum au rapport EIA, et la décision finale du comité technique.

***** 

Évaluation complète de l’impact environnemental en cours

Le projet d’installation d’une concasseuse à proximité de Nouvelle-Découverte a été évoqué par la députée Babita Thannoo à l’Assemblée nationale le 4 août. Le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, avait confirmé qu’une demande de permis EIA avait été soumise par Dove Transport Ltd le 9 juillet 2026, pour la création d’une installation mobile de concassage sur une superficie agricole de 19 780 m². Cette installation devrait traiter environ 450 tonnes de roches par jour pour produire des granulats de différentes tailles. «En ce qui concerne l’évaluation des incidences du projet d’aménagement, le rapport d’EIA a été transmis à toutes les autorités compétentes le 16 juillet 2026 afin qu’elles évaluent le projet et ses incidences potentielles sur le site et ses environs», avait affirmé le ministre Bhagwan. Selon le ministre, l’évaluation du projet d’aménagement impliquera les autorités compétentes, notamment les ministères de l’Agro-industrie et de la Santé, Central Water Authority, «Water Resources Commission» et «Land Drainage Authority». Ces derniers examineront les impacts potentiels sur la dégradation des sols, les rendements agricoles, les besoins en eau, les bassins versants, la sensibilité écologique et les eaux souterraines, afin de garantir une compréhension approfondie des implications du projet.La demande d’EIA est en cours d’évaluation, et une visite conjointe du site a eu lieu le 29 juillet 2026 avec toutes les autorités concernées. Cette évaluation tiendra compte des critiques des autorités concernées, y compris celles liées à la dégradation des sols, la perte de rendement agricole, les besoins en eau et la sensibilité écologique de la zone.

Publicité