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Yannick, envers et contre le diabète

31 décembre 2006, 00:00

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Cela fait douze ans que Yannick, 20 ans, vit avec le diabète. Ce jeune homme, plein de vie et à la bouille sympathique, n?oubliera jamais le jour où on a diagnostiqué sa maladie. Il avait alors huit ans et souffrait depuis un certain temps de douleurs à l?estomac ? des douleurs qui ne sont, a priori, pas liées à la maladie.

Il consulte maints médecins, mais ce n?est qu?au dispensaire, lors d?une prise de sang, qu?on lui annonce qu?il a le diabète. « À ce moment-là, je n?ai pas réalisé ce que ça impliquait. J?ai été tout de suite admis à l?hôpital où on m?a fait mes premières injections d?insuline. Un médecin et un nutritionniste m?ont expliqué qu?il fallait que je suive un régime adapté à ma condition. »

Yannick apprend également qu?il a le diabète du type 1, ce qui veut dire que son pancréas ne produit pas suffisamment, voire pas du tout d?insuline. Les personnes prédisposées au type 2 ? qu?on appelle communément le « diabète gras » ? sont celles qui ont à la base une mauvaise alimentation. Le jeune homme, alors enfant, passe un mois et demi à l?hôpital. « À partir de là, j?ai compris que ma vie n?allait plus être la même, que ma maladie n?avait rien de banal et qu?il me fallait apprendre à vivre avec. »

Un nouveau rythme de vie

De retour chez lui, Yannick s?aligne sur un nouveau rythme de vie. À l?hôpital, on lui a appris à se faire ses piqûres. Tous les matins, avant de s?injecter de l?insuline, il prélève une goutte de sang de son pouce pour tester son taux de glucose. Un taux qui se situe normalement entre 5 et 7 mmol/L. « S?il tombe à moins de quatre mmol/L, on est en état d?hypoglycémie. On a alors des tremblements, on transpire beaucoup, on a des palpitations, des troubles de la vision. Il faut vite prendre un truc sucré pour faire remonter le glucose. » Matin et soir ? avant le petit-déjeuner et le dîner ? Yannick se fait ses piqûres d?insuline. Tantôt dans le bras, la jambe ou le bas du ventre. Et surtout, il se conforme à une hygiène de vie, nourriture non grasse et sans sucre ? à la place il prend de l?aspartame. De temps en temps, il se permet une petite douceur, mais sous contrôle, et fait aussi de la marche.

Sa vie a pris une autre dimension depuis qu?il fait partie de l?association T1 Diam?s (type 1, Diabetics Mellicus Support), créée en janvier 2006, qui lui apporte, à lui et aux autres diabétiques ? jeunes et moins jeunes ?, un soutien indéfectible. « J?ai appris à apprivoiser ma maladie et à la dire aux autres. Quand j?étais au collège, personne n?était au courant, même pas mes amis proches. C?était une souffrance de ne pas pouvoir en parler. Ce n?est que récemment que je le leur ai révélé. Dans l?association, je peux parler de mes états d?âme avec les autres. C?est important. Il faut éviter de s?enfermer dans sa maladie ; ça libère de le dire. »

Et pour preuve, Yannick a une vie remplie comme les autres jeunes. Il travaille depuis peu, il fait de la musique, il s?amuse avec ses copains « en me surveillant bien évidemment ». Plus tard, il aimerait faire une percée dans la publicité. Aujourd?hui, son plus grand challenge, c?est d?être arrivé à vivre pleinement avec sa maladie et de s?être assumé.

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