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?Walk-out? du MMM
?If this is the attitude of the MMM, I will tell them to go to hell!? Ces mots du Premier ministre ont provoqué le walk-out des membres du Mouvement militant mauricien (MMM) de l?hémicycle hier à 18 h 10.
Et pourtant rien ne laissait présager une telle tournure des événements. A 16 h 15, l?Attorney General propose une motion pour que le Sexual Offences Bill soit référé à un select committee. S?ensuivent les débats de plusieurs députés dont Nando Bodha, Etienne Sinatamboo, Paul Bérenger avant l?heure de thé, suivi de James Burty David, Leela Devi Dookun, Alan Ganoo, Nita Deerpalsing et Arianne Navarre Marie. Les débats sont chauffés avec les piques habituelles, chaque député en profitant pour régler ses comptes, avec pour toile de fond, la dépénalisation de la sodomie.
?Double langage du MMM?
Les propos qui ont énervé le Premier ministre ont été évoqués en son absence, car Navin Ramgoolam n?a pas assisté à la deuxième partie des débats.
James Burty David, dans son discours que Navin Ramgoolam écoute du bâtiment du Trésor, dénonce ?le double langage du MMM qui dit ici apprécier le fait que le Premier ministre ait accédé à sa demande mais jubile en dehors du Parlement en disant que le gouvernement a capitulé?. James Burty David reproche aussi au MMM d?avoir menacé de ne pas participer au select committee si Rama Valayden le préside.
Le député mauve Alan Ganoo, dans un discours très contesté par la majorité, affirme lui, qu?au stade où en étaient les choses, ?le gouvernement n?avait d?autre choix que de nommer un select committee?. Navin Ramgoolam n?est pas présent à ce moment, mais fait son entrée peu de temps après. Son visage fermé laisse présager ce qui va suivre, mais pas la proportion que va prendre l?affaire. Alors que d?autres députés interviennent, il s?entretient avec ses collègues. Prenant la parole, le Premier ministre élève peu à peu la voix jusqu?à devenir furieux, dans un état où on l?a rarement vu publiquement. ?Je ne comprends pas l?hypocrisie des membres du MMM. Ils disent que nous n?avions pas de choix (we are bound). Mais je peux très bien ne pas nommer un select committee, je peux le retirer ! Ils veulent tout dicter. Ils disent qu?ils ne participeront pas au select committee s?ils n?aiment pas le choix du président, mais ce n?est pas à moi de décider qui sera président. Nous sommes disposés à écouter mais nous ne nous laisserons pas dicter ! Si c?est cela l?attitude du MMM, they can go to hell! (ils peuvent aller brûler en enfer)? dit-il furieux.
Et alors que la majorité, agréablement surprise par cette fermeté se réjouit, Alan Ganoo s?élève contre le fait que le Premier ministre ait dit ?go to hell?. Il proteste auprès du speaker. ?Un parlementaire aussi expérimenté que le Premier ministre ne peut pas dire go to hell!? s?écrie-t-il.
Celui-ci, toujours debout, campe sur ses positions et réplique ?je peux?. Alan Ganoo se répète et le speaker intervient pour dire qu?il a demandé au chef du gouvernement de s?abstenir de dire ?go to hell?. Navin Ramgoolam rétorque : ?Je ne m?abstiendrai pas. Ce n?est pas au leader de suivre le troupeau mais au troupeau de suivre le leader (?) Mais c?est la mentalité du MMM de toujours trouver des excuses. Il le fait toujours pour créer des problèmes.?
C?est la goutte d?eau qui fait déborder le vase d?Ajay Gunness, qui se lève. Les membres de la majorité le huent. ?Ale !? crient-ils. Ce dernier marque un temps d?arrêt et décide de faire un walk-out. Ramgoolam, toujours hors de lui, commente : ?Voilà leur attitude. Ils veulent gagner sur tous les fronts.? Et Alan Ganoo, Arianne Navarre Marie et Françoise Labelle se lèvent après ce commentaire pour suivre leur collègue. Navin Ramgoolam, qui termine son discours, est félicité par ses ministres et députés.
?Tu as parfaitement raison?
Les députés du Mouvement socialiste militant (MSM) n?ont pipé mot pendant l?échange violent, mais quand les membres restants du MMM quittent l?hémicycle, Nando Bodha, aussi leader de l?opposition, fait un léger mouvement pour se mettre débout. Il est retenu par Showkutally Soodhun qui lui dit ?pa ale? en lui prenant le bras.
Les députés se calment peu à peu. La motion pour le select committee est acceptée. Les débats sur le Criminal Procedure Amendment Bill débutent. Entre-temps, le leader du MMM, qui avait quitté le Parlement vers 17 heures pour ses meetings, revient. Les députés mauves discutent entre eux et vont voir le speaker après la séance qui est ajournée vers 19 heures.
Une autre man?uvre se trame cependant à l?intérieur de l?hémicycle. A la fin de la séance, Showkutally Soodhun se dirige vers le Premier ministre pour le féliciter en disant ?tu as parfaitement raison. To bizin bez zot bien?, en parlant du MMM?
Deepa BHOOKHUN
RÉACTIONS
Bérenger commente ?la crise hystérique? de Ramgoolam
■ Un comportement ?indigne pour un Premier ministre?. C?est en ces termes que le leader du Mouvement militant mauricien (MMM) Paul Bérenger, a commenté la réaction de Navin Ramgoolam au Parlement hier. Un comportement qui est même traité ?d?hystérique et d?indécent?.?Mo honte pou Ramgoolam?, ajoute-t-il encore lors d?un congrès à Plaine-Verte hier. ?Pa kone ki finn trapp li. Ti pre pou fer enn apoplexie, gaynn atak. Li vinn rouz, zaun, a karo. Li fer fezer kan mo pa la?, critique-t-il après avoir soutenu que lors de l?entretien que Paul Bérenger et Navin Ramgoolam avaient eu quelques moments avant, ce dernier avait parlé de manière tout à fait correcte. Paul Bérenger estime également que le speaker Kailash Purryag ?n?a pas fait son travail? comme il aurait fallu. Au lieu d?ordonner au Premier ministre de retirer ses mots après qu?il eut dit ?go to hell !?, le speaker a demandé à Navin Ramgoolam de tempérer son langage. ?Speaker per. Sa kalite langaz la pa servi dan parlman sa. O lieu li dir withdraw, li dir restrain, tini tini?, reproche Paul Bérenger. Ce dernier ajoute que ?par la faute à Valayden?, qui a présenté sa motion après la première lecture du ?Sexual Offences Bill?, le ?select committee? nommé hier ne pourra pas entrer dans les technicités de la loi et doit se contenter de généralités. Tel n?aurait pas été le cas si la motion avait été soumise à la Chambre après les débats sur cette loi, explique le leader du MMM.
Patrick HILBERT
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