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Le sport sans barrières
Pour une véritable inclusion
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Le sport sans barrières
Pour une véritable inclusion
■ Malgré l’existence de plusieurs disciplines adaptées à Maurice, l’accès au sport reste encore limité pour les personnes en situation de handicap, comme le soutient Véronique Marisson en médaillon.
À La Réunion, des personnes en situation de handicap ont récemment découvert les joies du surf lors de la 3e édition de la journée handisurf. À Maurice, si plusieurs disciplines adaptées existent, elles demeurent encore peu développées et souvent méconnues. Athlètes, éducateurs et défenseurs des droits des personnes handicapées plaident aujourd’hui pour un sport plus inclusif, où la performance ne serait plus le seul horizon, mais où le bienêtre, le loisir et l’égalité des chances auraient aussi leur place.
Sur la plage de l’Étang-Salé, à La Réunion, des fauteuils roulants ont laissé la place aux planches de surf le temps d’une journée. La troisième édition de handisurf a permis à des participants présentant différents types de handicap de s’initier à la glisse grâce à un encadrement spécialisé et à du matériel adapté. L’initiative illustre une idée simple : le handicap ne devrait pas être un obstacle à la pratique sportive.
À Maurice, cette vision peine encore à se traduire pleinement sur le terrain. Si le pays compte des sportifs paralympiques de haut niveau et plusieurs disciplines adaptées, les possibilités restent limitées, tant par le manque d’infrastructures que par l’absence de compétitions régulières ou d’information auprès des familles. Pour Véronique Marisson, éducatrice spécialisée et ancienne médaillée mauricienne aux Jeux des Îles en fauteuil roulant, le constat est clair : les capacités des personnes en situation de handicap sont souvent sous-estimées.
Atteinte de paralysie cérébrale, elle est devenue l’une des figures du mouvement paralympique mauricien. Depuis des années, elle milite pour une meilleure reconnaissance des droits des personnes handicapées et pour un accès élargi au sport. «Les personnes en situation de handicap peuvent pratiquer tous les sports.» Elle rappelle qu’à Maurice, plusieurs disciplines sont déjà accessibles : boccia, pétanque, nata- tion, tennis de table, athlétisme, basket et tennis en fauteuil, rugby à 7 et, plus récemment, tir à l’arc. Mais cette liste, encourageante sur le papier, ne reflète pas toujours la réalité vécue par les pratiquants. «Quand on regarde les Jeux paralympiques à la télévision, on découvre une multitude de disciplines. Ici, les possibilités restent très limitées. La question est de savoir pourquoi», lance-t-elle.
Manque de visibilité… et de confiance
Selon Véronique Marisson, les investissements publics se concentrent essentiellement sur le para-athlétisme, en particulier les courses en fauteuil. Une orientation qui a permis à Maurice de décrocher plusieurs médailles internationales, notamment grâce à des athlètes comme Noemi Alphonse. Mais cette réussite ne devrait pas masquer les difficultés rencontrées par les autres disciplines. «Même en athlétisme, il existe bien plus que les courses en fauteuil. On pourrait développer les lancers, sauts et d’autres épreuves.»
Elle cite surtout l’exemple de la boccia, discipline paralympique proche de la pétanque, spécialement conçue pour des athlètes présentant des handicaps moteurs sévères. Lancée à Maurice en 2011, la discipline avait connu un démarrage prometteur avec des tournois réunissant des équipes de La Réunion et de Madagascar. Depuis 2019, les compétitions nationales se sont raréfiées. «Nous sommes un peu devenus les parents pauvres des compétitions. Et cela concerne presque toutes les disciplines adap- tées», regrette-t-elle.
À deux ans des Jeux paralympiques de Los Angeles en 2028, elle estime que Maurice pourrait pourtant ambitionner une représentation plus diversifiée. Au-delà des infrastructures, Véronique Marisson évoque un autre frein : la méconnaissance. De nombreux parents ignorent les activités accessibles à leur enfant. Certains jeunes n’osent pas franchir la porte d’un club sportif, persuadés que leur handicap les en empêche.
Pourtant, le système de classification paralympique permet justement aux athlètes d’être répartis selon leur type et leur degré de handicap afin de garantir une compétition équitable. «Tous les sports pratiqués par des personnes valides peuvent être adaptés. Chaque personne trouve sa catégorie. Il faut simplement que les gens soient informés.» Elle souhaite également que davantage de fédérations sportives ouvrent leurs compétitions aux athlètes handicapés, comme certaines le font déjà en intégrant des épreuves spécifiques à leurs championnats.
Bien plus que des médailles
Pour Ashvin Gudday, vice-président de l’Association pour la protection des droits des handicapés (APDH), la réflexion dépasse largement le cadre de la haute performance. «On ne peut pas parler d’inclusion si les personnes en situation de handicap restent à l’écart du sport.» Selon lui, le sport représente autant un outil de bien-être, d’épanouissement personnel qu’un moyen d’accès au loisir. Il nuance toutefois le débat en rappelant que les difficultés d’accès au sport concernent aussi une partie de la population mauricienne dans son ensemble. «Les infrastructures ne sont pas toujours adaptées ni accessibles. Certains terrains ou gymnases nécessitent un paiement pour être utilisés, ce qui constitue déjà un frein.»
Pour les personnes handicapées, ces obstacles se multiplient : absence de rampes, vestiaires inadaptés, équipements spécialisés insuffisants ou encore manque de personnel formé. L’APDH plaide pour une approche plus collaborative entre les autorités, les fédérations sportives et les associations représentant les personnes handicapées. Ashvin Gudday affirme n’avoir jamais participé à un forum spécifiquement consacré au développement du sport adapté réunissant l’ensemble des parties prenantes. «Il faudrait des discussions avec les stakeholders, des investissements et des partenariats internationaux pour développer davantage de disciplines.» Il évoque notamment un ancien projet porté avec l’APDH visant à introduire le sitting-volley et le bodybuilding adapté. L’initiative n’avait finalement pas abouti.
L’association espère néanmoins relancer des journées sportives inclusives, dans la continuité d’activités organisées en 2020. Pour lui, le ministère de la Jeunesse et des sports ainsi que celui de la Sécurité sociale pourraient jouer un rôle moteur en lançant une table ronde nationale consacrée au sport et au handicap. «Nous investissons des milliards dans de nombreux secteurs. Pourquoi ne pas donner aussi une chance à l’inclusion de faire son chemin ?»
Au fond, tous les acteurs interrogés convergent vers la même idée : le principal défi n’est pas uniquement matériel, il est aussi culturel. Le sport adapté ne devrait pas être perçu comme une activité marginale réservée à quelques champions. Il peut devenir un espace de socialisation, de confiance en soi et de dépassement personnel pour des enfants, des adolescents et des adultes de tous horizons.
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Fauteuils roulants flottants sur quatre plages publiques
La Beach Authority renforce l’accessibilité des plages publiques avec le déploiement de son programme de fauteuils roulants flottants sur quatre sites : Flic-en-Flac, St-Félix, Belle-Mare et Mont-Choisy. Prévue jusqu’en décembre 2026, cette initiative vise à permettre aux personnes en situation de handicap de profiter de la mer en toute sécurité, dans un esprit d’inclusion et de convivialité. Le programme prévoit 11 journées d’activités au bénéfice de 142 enfants et 86 adultes, en collaboration avec 18 ONG. La Beach Authority réaffirme ainsi sa volonté de rendre les plages mauriciennes accessibles à tous. Les personnes intéressées peuvent contacter l’organisme au 468 6209.
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Journée mondiale : une semaine pour faire avancer l’inclusion des sourds et malentendants
À l’occasion de la Journée mondiale des Sourds, célébrée le 26 septembre, l’APDH organise, comme chaque année depuis 2019, une journée de réflexion au Centre Alex Vellin à Beau-Bassin. Cette rencontre réunira les principaux acteurs concernés afin de dresser un bilan de la situation des personnes sourdes et malentendantes à Maurice et d’identifier les défis à relever.
Parmi les thèmes phares figurent les implants cochléaires, dont bénéficient déjà 53 enfants mauriciens. L’APDH plaide pour l’adoption d’une politique garantissant une prise en charge intégrale par l’État, à l’image de plusieurs autres pays. Les discussions porteront également sur l’accessibilité à l’information, notamment à travers le développement de la langue des signes dans les institutions, les médias et au Parlement afin de favoriser une société plus inclusive.
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