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«Eski to ti Kone»

«Dan enn karo kann, pena zis kann»

20 septembre 2026, 12:00

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Il suffit parfois de regarder un peu plus attentivement autour de soi pour découvrir que la nature nous réserve bien des surprises. Dans un champ de canne, par exemple, ce que l’on voit au premier regard, ce sont les longues tiges vertes qui s’étendent à perte de vue. Mais si l’on s’arrête un instant et que l’on regarde entre les rangées, une autre histoire commence.

Car dans les allées des champs de canne, il n’y a pas toujours que de la canne à sucre. Certains planteurs profitent de ces espaces pour faire pousser différentes cultures. Pistache, pastèque, maïs, concombre, mais aussi d’autres légumes et fruits peuvent y prendre racine. Pendant que la canne grandit, ces petites cultures suivent leur propre bout de chemin. Une pastèque mûrit doucement au sol, le concombre se développe, le maïs monte peu à peu et la pistache (cacahuète) attend son moment. C’est une manière de faire vivre la terre autrement et de diversifier les récoltes. Au moment de la coupe, le champ peut donc offrir bien plus que la seule canne.

Secrets d’une même terre

Toute la beauté de l’agriculture est qu’une terre qui semble consacrée à une seule culture peut nourrir plusieurs vies. «Kan to get later, bizin get tou seki later kapav donn twa.» Les terrains agricoles ne donnent pas uniquement des cultures maraîchères. Certaines plantes sauvages ont une histoire particulière, notamment dans les connaissances traditionnelles. C’est justement ce que nous fait découvrir Gheerjanand Ghunowa dans une petite plante qui passe souvent inaperçue – le Cardiospermum halicacabum, connue comme balloon vine ou love in a puff et à Maurice comme liane poc poc.

Cette plante grimpante des régions tropicales se trouve au bord des routes ou des cours d’eau. Avec ses petits fruits qui ressemblent à de minuscules ballons, elle semble être une simple plante sauvage. Pourtant, dans la médecine traditionnelle, elle est connue pour différentes utilisations. Gheerjanand Ghunowa explique que la liane poc poc peut être préparée en tisane dans des soins traditionnels. «Li amer, me li enn medsin.»

Certaines personnes l’utilisent comme un remède contre le diabète. Elles savent reconnaître les feuilles, graines, racines ou fleurs et connaissent les différentes manières de les utiliser traditionnellement. Derrière cette petite plante, se trouve une idée encore plus grande : qu’il existe autour de nous beaucoup de plantes dont nous connaissons à peine les secrets. «Nou ena boukou lerb otour nou, me parfoi nou pa konn zot valer.»

Ce savoir fait partie d’une mémoire qui se transmet de génération en génération. Il mériterait d’être raconté, documenté et étudié, tout en gardant à l’esprit qu’un usage traditionnel ne signifie pas qu’une plante peut remplacer un traitement médical. Les diabétiques doivent absolument suivre les conseils et traitements des professionnels de santé.

Du champ de canne à la petite liane poc poc qui pousse discrètement au bord d’un chemin, la nature nous rappelle qu’il y a souvent beaucoup plus à découvrir derrière ce que nous voyons au premier regard. Et parfois, il suffit simplement de prendre le temps de regarder. Car, entre les rangées de canne et les petites plantes que l’on croise au détour d’un chemin, notre île cache encore bien des histoires à découvrir.

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