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Cour d’assises
Mariia Peresolkina : des messages WhatsApp au cœur de l’affrontement avec la poursuite
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Cour d’assises
Mariia Peresolkina : des messages WhatsApp au cœur de l’affrontement avec la poursuite
Le procès aux assises de Mariia Peresolkina poursuivie pour importation de drogue avec une accusation de trafic reprendra le 12 novembre 2026 pour les plaidoiries.
Lors de son contre-interrogatoire, le jeudi 17 septembre, dans le procès aux assises de l’Ukrainienne de 28 ans pour importation de drogue avec accusation de trafic. la poursuite s’est appuyée sur plusieurs échanges WhatsApp entre Mariia Peresolkina et John Mick Martingale pour soutenir qu’ils communiquaient à mots couverts. L’accusée maintient, elle, qu’elle parlait simplement d’argent et ignorait totalement la présence de drogue dans les deux bouteilles.
Un mot peut-il changer le sens d’une conversation ? C’est autour de quelques échanges que s’est noué l’un des principaux face-à-face entre Mariia Peresolkina et la poursuite représentée par Me Ida Dhooky-Rambarrun. L’Ukrainienne n’a pas varié d’un iota : les deux bouteilles retrouvées dans ses bagages le 29 octobre 2022 contenaient, à son insu, du cannabis synthétique. Elle affirme avoir été trompée par John Mick Martingale.
La procureure a toutefois invité la Cour à lire autrement les conversations entre les deux protagonistes. Parmi les messages produits, Mariia Peresolkina écrivait à Martingale : «Part of my work is to take some from Brussels to Mauritus.» Interrogée sur le terme «some», elle a expliqué qu’elle faisait référence à l’argent et qu’il s’agissait simplement de la manière dont elle s’exprimait.
D’autres messages ont retenu l’attention de la poursuite. Martingale lui écrivait notamment : «I am not stupid» et «You can inspect if you do not trust me». Pour Mᵉ Dhooky-Rambarrun, ces formulations constituaient des messages codés liés au transport de stupéfiants. Peresolkina a rejeté cette lecture, estimant qu’il s’agissait de l’interprétation de la poursuite. Elle a d’ailleurs affirmé qu’elle-même avait demandé aux policiers d’examiner ses échanges avec Martingale, précisément parce qu’elle estimait que ceux-ci pouvaient démontrer son absence de connaissance de la drogue.
La procureure a également confronté l’accusée à plusieurs éléments sur son arrivée à Maurice. À Bruxelles, Martingale lui avait remis deux bouteilles présentées comme de l’alcool, après les avoir sorties du coffre de sa voiture. Il lui aurait demandé de les prendre, invoquant un manque de place dans ses bagages, avant de lui lancer : «Check if you do not trust me.» Mariia Peresolkina soutient que les bouteilles lui semblaient intactes et qu’elle n’avait aucune possibilité d’en vérifier le contenu.
Elle voyageait par ailleurs en classe économique, contrairement à Martingale, qui avait pris place en classe affaires. À l’aéroport SSR, les deux femmes avaient emprunté le couloir «rien à déclarer». Un douanier avait finalement ouvert les bouteilles et constaté leur contenu. Peresolkina affirme avoir elle-même demandé à sentir le liquide. C’est alors qu’une odeur âcre lui aurait fait comprendre que *«*something **was wrong».
La poursuite a opposé à ce récit le témoignage d’un douanier, selon lequel Peresolkina paraissait anxieuse lors de l’ouverture des bouteilles. Elle a expliqué cette réaction par la prise de conscience soudaine que quelque chose n’allait pas. Même divergence sur l’emballage. Alors qu’elle affirme que les bouteilles paraissaient intactes à leur réception à Bruxelles, le douanier avait indiqué que le plastique avait été «tampered with». L’accusée a nuancé cette observation, soutenant qu’il fallait regarder attentivement pour déceler la manipulation.
Pour la poursuite, son profil comporte un autre élément à considérer : la jeune Ukrainienne avait entrepris des études universitaires en sécurité informatique et avait beaucoup voyagé. Me Dhooky-Rambarrun a ainsi soutenu qu’elle ne pouvait raisonnablement ignorer ce qu’elle transportait et qu’elle avait été attirée par la perspective d’un gain facile. Mariia Peresolkina a maintenu sa version. Les bouteilles contenaient de la drogue, mais elle ne le savait pas. Son amie Olena Levina, qui n’avait pas les bouteilles en sa possession, a depuis bénéficié de la radiation des charges provisoires par le DPP.
Quant à Martingale, arrêté en même temps que les deux femmes, il avait été placé en détention à Beau-Bassin et a été retrouvé pendu dans sa cellule le 8 septembre 2024. Les circonstances de sa mort font l’objet d’une enquête judiciaire en cour de district de Rose-Hill. Le juge Iqbal Maghooa a fixé les plaidoiries au 12 novembre. Mariia Peresolkina reste poursuivie pour importation de drogue avec une accusation de trafic.
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