Publicité
Une fillette de cinq ans succombe à la malaria
Par
Partager cet article
Une fillette de cinq ans succombe à la malaria
IL N?Y aura plus jamais de récréations pour Pallavi Purmah. L?enfant ?énergique? de Tranquebar, qui adorait courir et chanter, ne mettra plus les pieds à l?école Labourdonnais, à Port-Louis. Emportée vendredi soir par une ?malaria cérébrale?, à l?hôpital Jeetoo, la fillette de cinq ans n?aura connu que les joies et les peines passagères de la Standard I.
Des regrets pleins la voix, son père, Sanjay, se repasse en boucle le film des événements. ?Li finn koumans gagn la-fiev ena de semainn?. Le 23 mars, sa mère l?emmène une première fois à l?hôpital Jeetoo.
Pallavi est la benjamine de Sanjay et Sushma. Séparée de son mari, Sushma a quitté 7e Mille, Triolet, pour habiter chez sa mère à Port-Louis. C?est ce qui permet à Pallavi et sa s?ur aînée Priyanka, 10 ans, de fréquenter l?école Labourdonnais.
Pallavi revient de l?hôpital avec ?enn poigné Panadol.? La fièvre ne baisse pas. La fillette retourne à l?hôpital civil. Même scénario. Sa mère décide alors de l?emmener chez le Dr Lung, pédiatre dans le privé. Devant l?état de déshydratation et les yeux jaunis de la fillette, le médecin laisse entendre à sa famille que c?est ? peut-être la jaunisse.?
Lundi dernier, Pallavi est admise à l?hôpital Jeetoo. A l?heure de la visite, le Dr Oogarah annonce à Sanjay que sa fille souffre de leucémie. ?Li dir moi 90 % à 99 % kanser disan. Monn soke. Mo demann li komie letan li reste pou viv. ? Le docteur aurait lâché : ?Minimum deux jours, maximum une semaine.?
Le lendemain, une fois sa tournée du matin terminée, le Dr Oogarah prend Sanjay à part et lui dit : ?Ena enn sanzman dan so leta.? Le diagnostic penche alors pour une anémie ?boukou grav mai ki kapav traité.? Le même jour, l?enfant accepte de boire les quelques cuillérées de jus que lui tend son père. ?Mo ti trouve so leta pli bon.? Mercredi après-midi, Sanjay est réconforté: ?Li ti impe souryan, mo gagn kouraz.? Le lendemain, Sanjay, souffrant, ne se rend pas à l?hôpital. L?habitant de 7e Mille apprend par téléphone que trois inspecteurs des services sanitaires ont fait une descente à Tranquebar.
Tests négatifs
La famille de Sanjay est formelle : aucun des leurs n?a voyagé récemment, ni été en contact avec un ressortissant étranger. Le même jour, Sushma et Priyanka subiront un test de dépistage de la malaria. Les résultats sont négatifs.
Vendredi. ?Ant midi ek dezer, mo tifi finn gagn enn kriz. Li finn admet ICU.? A 20 heures 30, Sanjay reçoit un appel de son beau-frère qui lui apprend l?inéluctable. Choqué et révolté par le cours des événements, Sanjay affirme : ? Zot finn masakre mo zenfan, sanz so medsinn.? Il nous a annoncé son intention d?engager des actions légales contre les services de santé. Il ressort qu?une autre élève de l?école Labourdonnais, Shika Madawoo, présentant les mêmes symptômes que Pallavi, serait en ce moment entre la vie et la mort à l?hôpital Jeetoo.
PREMIERS CONSTATS
Dr Sungker : ?Il n?y a pas de malaria à Maurice?
- ?La malaria n?est pas présente à Maurice. Ce sont deux cas isolés.? Le Dr Sungker, ?Chief Medical Officer?, se veut aussi rassurant que catégorique : le virus ayant causé le décès d?une petite fille vient de l'étranger.
Le ministère de la Santé recherche la source probable du virus et des mesures appropriées seront prises dans les plus brefs délais. Les services sanitaires ont déjà désinfecté les rues de Tranquebar, où le mot d?ordre reste ?pas de panique?.
Un groupe de travailleurs indiens habitant non loin des deux victimes, la possibilité qu?un des leurs pourraient être le porteur du virus n?est pas à écarter, estime le Dr Sungker. A noter aussi qu?un autre habitant de la localité, âgé d?une soixantaine d?années, présenterait aussi des symptômes de la maladie, bien que le cas n'ait pas encore été confirmé par le ministère de la Santé. Un communiqué officiel est attendu ce matin.
Publicité
Publicité
Les plus récents