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MV Apex
Le gouvernement opte pour un débarquement sous haute surveillance
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MV Apex
Le gouvernement opte pour un débarquement sous haute surveillance
Les bovins débarqués seront placés en quarantaine et sous supervision des services vétérinaires. (Crédit photo : VesselFinder)
Après plusieurs jours de tensions en mer et de tractations entre les autorités mauriciennes et les responsables du MV Apex (ex-LSS Success), le gouvernement a finalement infléchi sa position. Réuni hier en Conseil des ministres, il a décidé d’autoriser, à titre de force majeure, le débarquement des bovins transportés par le navire.
À l’heure où nous mettions sous presse, le MV Apex se situait toujours à deux milles nautiques du port.
Protocole sanitaire
strict Les animaux seront toutefois soumis à un protocole sanitaire strict et placés en quarantaine sous la supervision de la Division of Veterinary Services (DVS), afin d’écarter tout risque d’introduction de maladies animales sur le territoire.
Cette décision a été prise à l’issue d’une autre réunion succédant à celle du Conseil des ministres, regroupant les représentants de l’importateur Ubora Ventures, de la National Coast Guard (NCG), du ministère de l’Agro-industrie, de la Mauritius Ports Authority (MPA) et des autres services de l’État qui sont concernés. D’après les informations recueillies, l’importateur s’est engagé devant les autorités à ce qu’aucune nouvelle cargaison de bovins en provenance du Mozambique ne soit dirigée vers Maurice.
Accélération
Jusqu’ici, le gouvernement refusait catégoriquement l’accostage du navire. Le Mozambique ne figure pas sur la liste des pays autorisés pour l’importation de bovins vivants vers Maurice et les autorités invoquaient le risque de propagation de maladies animales pour justifier leur position.
Une première solution consistant à ravitailler le navire en eau, nourriture et carburant, sans le laisser entrer au port avait même été privilégiée afin de préserver les mesures de biosécurité.
Mais la situation s’est brusquement accélérée hier matin. Dans une nouvelle série de courriels adressés au bureau du Premier ministre, à la NCG et aux ministères concernés, RTSS Maritime Services, gestionnaire du navire, affirmait que le MV Apex était entré dans ses «dernières heures opérationnelles».
Son représentant, le capitaine Ajay Kotwal, soutenait que toutes les réserves normales de fourrage avaient été consommées depuis jeudi à 18 heures, seuls deux ballots d’urgence étant conservés pour les animaux les plus faibles. Il indiquait également que les réserves de Marine Gas Oil (MGO) devaient être totalement épuisées hier à midi, faisant craindre un arrêt complet des générateurs.
Interruptions en chaîne
D’après RTSS, une telle panne aurait provoqué l’interruption des systèmes de ventilation mécanique alimentant les ponts inférieurs où étaient confinés les bovins. L’entreprise évoquait un risque de mortalité massive par asphyxie sous les fortes températures tropicales. Elle indiquait également avoir ordonné plusieurs mesures d’urgence : coupure de tous les équipements électriques non essentiels afin de réserver le carburant restant pour les ventilateurs, la récupération manuelle des derniers résidus de carburant dans les réservoirs, le transfert d’une partie des animaux vers les ponts supérieurs pour améliorer la ventilation naturelle, la surveillance permanente des enclos afin d’éviter les mouvements de panique, ainsi que la préparation de bâches, de chaux et de désinfectants pour la gestion d’éventuelles nouvelles carcasses.
Un bovin mort
RTSS soutenait aussi qu’un premier bovin était mort la veille et que la seule chambre froide disponible à bord était occupée par cette carcasse, conservée en attendant une autopsie vétérinaire. Dans ses échanges avec les autorités, l’entreprise réclamait un accostage immédiat afin de ravitailler le navire, rétablir son autonomie énergétique et permettre aux vétérinaires mauriciens de monter à bord pour procéder aux prélèvements et aux inspections sanitaires.
Monopole ?
Au-delà de l’urgence, RTSS replace cette affaire dans un contexte plus large. La société affirme que le MV Apex, lorsqu’il naviguait sous le nom de LSS Success, aurait été au cœur de plusieurs tentatives d’importation destinées à remettre en cause ce qu’elle décrit comme un monopole du marché mauricien du bétail. Elle cite les projets menés par Neel Agro entre 2019 et 2022 ainsi qu’un appel d’offres lancé en 2023 par la Mauritius Meat Authority (MMA), qui, selon elle, n’a jamais abouti. RTSS soutient également que des retards rencontrés au Mozambique auraient fait échouer une livraison destinée à la Guinée, poussant l’importateur Ubora Ventures à rediriger légalement le navire vers Maurice, le 24 juin dernier, afin de limiter ses pertes commerciales.
Ces allégations, qui font partie de la version avancée par RTSS, n’ont pas été confirmées par les autorités mauriciennes.
La décision prise hier met ainsi fin, au moins provisoirement, à plusieurs jours d’impasse. Elle permet d’éviter une crise humanitaire, animale et logistique redoutée à bord du navire, tout en maintenant le principe d’un contrôle sanitaire rigoureux avant toute intégration des animaux sur le territoire mauricien.
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