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Une expression plurielle
Les hommes politiques et leur entourage aiment la presse, mais une presse aux ordres. Ils s?agitent en général contre les médias qu?ils ne peuvent pas domestiquer et qui se distinguent par le pluralisme de l?information et la liberté d?opinion. Et c?est parce que nous avons une presse remuante qui ne fait qu?exercer son métier de manière professionnelle qu?elle est souvent exposée aux foudres des détracteurs de tout acabit.
Toutes les enquêtes d?opinion démontrent que la presse demeure une des institutions dans lesquelles les Mauriciens ont le plus confiance. Ce lien entre le lectorat et les principaux journaux se renforce chaque jour. Toutefois, la campagne de ceux qui cultivent systématiquement une hostilité envers la presse indépendante peut avoir un certain effet chez des esprits impressionnables. Ainsi, dans un courrier publié dans notre édition d?hier, un lecteur, Aamir Suleiman, s?en prend à une ?free press that is closer to the opposition and hostile to the government for ethnic reasons?. Nous avons estimé que l?incroyable frivolité de cette remarque n?était pas une raison suffisante pour refuser la publication de la lettre de ce correspondant. L?espace médiatique doit rester, autant que possible, ouvert à tous les courants d?opinion.
Dans leur grande majorité, les lecteurs refusent d?assimiler la presse à un instrument au service d?un groupe quelconque. Il est néanmoins utile de rappeler ici quelques faits pour remettre les choses dans leur perspective.
Il y a une raison fondamentale derrière le grand capital de confiance dont jouit la presse. Nos journaux sont faits par des journalistes. C?est le cas pour les journaux du groupe La Sentinelle et ça le restera.
A l?inverse des titres étrangers, dont ceux des grandes démocraties de référence, ce ne sont pas les propriétaires des journaux qui dictent à Maurice les lignes éditoriales des principales publications. La rédaction des journaux, chez nous, ce n?est pas l?affaire des grands rois à l?instar des Murdoch et des Hersant. Ici, ce sont les journalistes qui sont les patrons. Ils ont une totale autonomie d?action.
Il existe bien entendu, dans notre salle de rédaction, des sensibilités diverses mais leur coexistence ne fait qu?enrichir le produit. L?expression de ces opinions divergentes permet aux lecteurs de mieux saisir les complexités de l?actualité. Il y a des limites à ne pas dépasser et des valeurs à respecter mais, les propos irrévérencieux à l?égard des élites sont parfaitement publiables. L?indépendance de nos journalistes à l?égard des pouvoirs, qu?ils soient politiques ou économiques, ne souffre d?aucune contestation.
En dépit de la diversité des opinions exprimées dans nos colonnes, il y a des valeurs communes que partagent les journaux de notre groupe et une éthique à laquelle chacun souscrit sans réserve. Promouvoir le concept du mauricianisme, rester à la pointe du combat pour l?élargissement du champ des libertés ? notamment celle d?entreprendre ? et ne pas porter atteinte injustement à l?honneur des institutions et des individus comptent parmi ces devoirs que nous nous imposons.
Ce ne sont pas ces quelques imputations calomnieuses qui vont nous empêcher de défendre les libertés. Etant entendu que nous assumerons notre devoir dans le respect des règles du professionnalisme.
De plus, si nous défendons si vivement la liberté d?expression, nous devons également respecter le droit de pouvoir nous contester. Nous n?oublions pas, pour autant, que les puissants et leurs laquais ne critiquent que ceux qui refusent de courber l?échine?
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