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Un débat qui secoue de nombreux pays
Le débat sur l?éducation fait rage. Et ce n?est pas seulement à Maurice. En Grande-Bretagne, en Allemagne et en Inde, entre autres, les réformes éducatives proposées suscitent des réactions controversées. L?incapacité de surmonter la fatalité d?un taux d?échec élevé, la stagnation du système éducatif public, le nombre croissant d?enfants accédant au secondaire sans des aptitudes de base en anglais et en maths ainsi que le débat sur le mode d?enseignement ont poussé le gouvernement de Tony Blair, en Angleterre, à proposer une nouvelle réforme basée sur le modèle des ?écoles publiques indépendantes et autonomes?, les trust schools. Ces écoles allaient être libres de contrôler leurs admissions alors que la réforme vise à augmenter le taux de 5 % de réussite, avec 3 ou plus de A, aux examens de fin de cycle secondaire.
La réforme des travaillistes anglais a créé des dissensions au sein même du gouvernement alors que les critiques pleuvent de toutes parts. Les objectifs fixés par le Premier ministre ont provoqué un scepticisme ambiant. Là où il parle de l?expertise que les meilleures écoles vont injecter dans le nouveau système, ses détracteurs y voient des acquisitions et des fusions qui se feront au détriment des écoles moins performantes. La principale critique, et cela n?est pas sans rappeler le débat à Maurice, tourne autour de la création d?un groupe d?écoles d?élite. La crainte existe qu?à terme, les écoles les moins performantes disparaîtront de la scène au profit des celles qui produisent de meilleurs résultats qui, du coup, vont se développer en travaillant avec des sponsors afin de mettre en place le trust system.
Du côté des partisans de la réforme, on souligne le fait que la participation des meilleurs enseignants et directeurs ne peut être garantie sous un autre système. A cet effet, ils citent le cas d?une trust school, la Thomas Telford School, un City Technology College à Shropshire. Avec le parainnage des compagnies Mercer et Tarmac, cette école s?est développée comme une référence de réussite en tant qu?établissement indépendant et autonome, libéré de la tutelle des autorités locales. L?autre son de cloche vient des contestataires pour lesquels un tel modèle implique une nouvelle liberté concernant les admissions, devenant par conséquent ?ségrégationniste? dans leur approche. Ils citent, en ce sens, des recherches scientifiques qui démontrent que le droit discrétionnaire au plan de l?admission ?accroît la ségrégation sociale?.
Une autre étude, de Rebecca Allen de l?Institute of Education, comparant les effets de l?admission selon le principe de proximité et celui des choix des parents et des autorités scolaires, fait clairement remonter à la surface le fait que ?s?il y a choix les enfants les plus doués ou des classes supérieures tendent à se rassembler au sein des mêmes établissements?. Pourtant, dans ce débat, les protagonistes avancent qu?ils ont un même objectif : rehausser le niveau d?instruction des enfants défavorisés. Entre-temps le gouvernement a dû revenir sur certaines parties du système ?Trust? sous la charge menée par ceux qui craignent que la selection académique ne recommence à l?âge de 11 ans, impliquant une compétition impitoyable. Le débat se poursuit et le gouvernement devrait revenir avec de nouvelles propositions incessamment.
?En Allemagne, il n?y a rien qui donne autant matière à controverse que l?Education.? Ce constat vient du ministre de l?Education et des Affaires culturelles de l?Etat de Baden-Württemberg, Helmut Rau. La principale critique contre le système éducatif allemand repose sur son incapacité à mettre en place un système d?intégration. Le système consacre l?exclusion à tous les échelons sauf au stade élémentaire où les élèves de tous les niveaux sont éduqués ensemble. La suite, c?est une histoire de sélection.
Ce système élitiste a fait la fierté des Allemands pendant longtemps jusqu?à ce qu?une étude de l?Organisation de coopération et de développement économiques ne révèle que l?Allemagne n?occupe que la 21e place en termes de technique de lecture et la 20e en maths et en sciences sur 31 pays évalués.
Depuis, le système éducatif allemand est soumis à un régime de changement. Mais le principal problème demeure. L?enfant d?un enseignant a quatre fois plus de chance de réussir que celui d?un travailleur manuel alors que l?enfant d?un immigré est encore plus pénalisé. L?égalité des chances, affirment les détracteurs du système actuel, n?est qu?une illusion. Alors que de manière générale, une moyenne de 56 % de jeunes sont éligibles à des études universitaires dans les pays occidentaux, ce taux n?atteint que 35 % en Allemagne. Des observateurs estiment que le système allemand a intérêt à se débarrasser de sa structure tridimensionnelle qui guide les jeunes soit vers des programmes vocationnels, soit vers des emplois dans la moyenne bureaucratie, soit enfin vers des études universitaires. Un système qui n?est pas sans rappeler le nôtre.
Dans l?Etat du Maharashtra, en Inde, le gouvernement a dû intervenir récemment afin de mettre fin à une pratique où les meilleurs élèves étaient regroupés dans les mêmes sections et les autres se retrouvaient dans d?autres classes. La direction des établissements primaire, secondaire et tertiaire a été mandée de ne plus réserver des sections spécifiques aux élèves ayant marqué le plus de points à leur admission ou lors de l?exercice de promotion qui s?ensuit. ?Les enfants doivent avoir la possibilité de prendre part aux activités selon les bases de l?égalité et de l?opportunité des chances?, fait ressortir la décision du gouvernement de cet Etat. Ceux qui ont ?uvré en faveur de cette réforme pouvaient enfin crier que c?était la fin d?une ère qui consacrait ?l?apartheid académique?.
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