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Propriété intellectuelle
Maurice veut passer de la protection à la commercialisation
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Propriété intellectuelle
Maurice veut passer de la protection à la commercialisation
Daren Tang, directeur général de la WIPO et le ministre Ameer Meea lors de leur rencontre, hier, à Port-Louis.
La propriété intellectuelle doit devenir un véritable outil économique au service de l’industrie, des petites et moyennes entreprises (PME), des start-ups et des exportations. C’est l’un des principaux messages qui ressort de la rencontre entre le ministre de l’Industrie, des PME et des coopératives, Aadil Ameer Meea, et Daren Tang, directeur général (DG) de la World Intellectual Property Organization (WIPO), hier, jeudi 10 septembre, à Port-Louis.
Aadil Ameer Meea a expliqué que Maurice fait face à des coûts de production et de main-d’œuvre plus élevés que dans plusieurs pays de la région. Selon lui, le pays ne peut donc pas chercher à concurrencer uniquement sur les prix.
Il a toutefois mis en avant plusieurs atouts du pays, notamment la stabilité de l’économie, une population instruite, le bilinguisme, la démocratie et un secteur financier réputé. Pour le ministre, Maurice doit davantage se positionner sur des activités à forte valeur ajoutée, notamment le développement de produits, le design, le branding, la fabrication spécialisée, la gestion de la propriété intellectuelle, les services technologiques, le financement et l’accès aux marchés.
Cette orientation rejoint l’Industry Reset actuellement porté par le ministère, avec l’objectif de renforcer la base manufacturière du pays et de la rendre plus innovante, plus technologique et davantage tournée vers l’exportation.
Daren Tang a, pour sa part, indiqué vouloir travailler avec Maurice afin de «reposition IP away from a protection narrative to a commercialisation narrative», soit faire évoluer la propriété intellectuelle d’une logique essentiellement de protection vers une logique de commercialisation.
Le DG de la WIPO a aussi insisté sur une approche plus pratique de la propriété intellectuelle. Il a expliqué que celle-ci ne doit plus être réservée aux juristes et aux spécialistes, mais devenir un outil pour les entrepreneurs, les designers, les fondateurs de start-ups et les propriétaires de PME.
Les discussions ont également porté sur la possibilité de mettre en place des IP management clinics, afin d’accompagner directement les entreprises pendant plusieurs mois dans l’élaboration de leur stratégie, leur branding*, leur protection, leurs partenariats et leur commercialisation.
Les coopératives et les produits locaux ont aussi été abordés. Le ministre souhaite notamment mieux valoriser certains produits mauriciens à travers les indications géographiques, les marques collectives, le branding, le packaging et le storytelling.
Enfin, les importations parallèles ont occupé une partie importante des échanges. Aadil Ameer Meea a exprimé ses réserves, évoquant les risques pour les investissements réalisés localement, l’emploi, la qualité des produits, la traçabilité et la capacité de contrôle.
Il a toutefois rappelé qu’il s’agira d’une décision du gouvernement et qu’un comité de haut niveau, présidé par le Premier ministre, doit se pencher sur la question.
Daren Tang a pour sa part indiqué que la WIPO était prête à apporter son expertise afin d’aider Maurice à étudier les différents modèles appliqués à l’étranger et leurs implications possibles pour le pays.
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