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Jeune recrue de la police
Elle a choisi de servir le pays, pas de répondre aux moqueries
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Jeune recrue de la police
Elle a choisi de servir le pays, pas de répondre aux moqueries
■ Mary Jade Catherine a participé à son «passingout parade» il y a environ deux semaines.
Depuis deux jours, son visage circule sur les réseaux sociaux. Son physique est commenté, son âge remis en question et certains internautes vont jusqu’à tenir des propos à caractère raciste. Mais derrière cette polémique virtuelle se trouve une jeune Rodriguaise qui vient de faire un choix : porter l’uniforme et servir le pays.
Il y a environ deux semaines, elle franchissait une étape importante de sa vie en participant à son passing-out après sa formation pour intégrer la police mauricienne. Une recrue parmi d’autres, appelée désormais à apprendre le métier sur le terrain, à respecter les règles et surtout à assurer la sécurité de ses concitoyens. La Woman Police Constable Mary Jade Catherine est au centre des critiques.
Son passage devant le Prime Minister’s Office, cette semaine, dans le contexte de l’affaire Anusha Raghubeer, l’a brutalement exposée aux regards du public. Des images prises alors qu’elle était en fonction ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Les commentaires n’ont pas tardé. Certains se sont focalisés sur son apparence, d’autres ont même insinué qu’elle serait mineure. Des propos racistes sont également venus se greffer à cette vague de commentaires. Une polémique qui contraste fortement avec le parcours de cette jeune femme.
Avant de revêtir l’uniforme de la police, elle avait déjà appris les exigences de la discipline et de l’effort à travers le sport. Dès l’âge de 14 ans, elle évoluait au niveau national dans le lancer du javelot. Elle a représenté Maurice à plusieurs reprises lors de compétitions à La Réunion et en Afrique, ainsi qu’aux Jeux du Commonwealth.
Autrement dit, l’uniforme qu’elle porte aujourd’hui n’est pas son premier engagement envers son pays. Le sport lui a appris la rigueur, la persévérance et la capacité à encaisser la pression. La police lui impose désormais une autre forme de responsabilité.
Face aux réactions suscitées par les images de la jeune policière, le Deputy Assistant Superintendent of Police, Suhail Lidialam, a tenu à rappeler certaines limites. «Les réseaux sociaux offrent un espace libre d’expression. Mais cette liberté ne peut pas être utilisée pour insulter ou dénigrer qui que ce soit», a-t-il déclaré.
Le haut gradé a également défendu les jeunes qui choisissent d’intégrer la force policière, estimant qu’ils méritent au contraire l’encouragement de la population. Le message est d’autant plus important que les policiers en début de carrière découvrent rapidement une réalité du métier : l’uniforme attire autant les attentes que les critiques. Ils sont formés pour faire face aux situations difficiles sur le terrain, mais cela ne signifie pas qu’ils doivent devenir la cible d’attaques personnelles sur Internet.
Cette jeune recrue aurait pu rester anonyme. Elle aurait pu continuer son parcours loin des projecteurs. Mais son engagement l’a placée, malgré elle, au centre d’une polémique. Alors, plutôt que de juger son apparence derrière un écran, une question mérite d’être posée : combien de jeunes sont prêts, aujourd’hui, à consacrer leur énergie, leur temps et leur courage au service de la population ?
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