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Tout droit jusqu?au matin

11 mars 2006, 00:00

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L?île Maurice à l?heure lyrique. C?est le pari de Jean Luc Trulès et Emmanuel Genvrin, du théâtre Vollard de La Réunion, respectivement compositeur et auteur du premier opéra de l?océan Indien.

Grâce au soutien de Otayo et du Centre Charles Baudelaire, Le Théâtre Vollard présentera Maraina à Maurice les 24 et 25 novembre prochain, au théâtre de Port-Louis.

L??uvre musicale et théâtrale a été présentée en novembre dernier pour la première fois, au Théâtre de Champs Fleuri à La Réunion. Mais l?ambition de Maraina est de voyager et d?entraîner dans son sillon les artistes de tout l?océan Indien.

Maraina, ainsi que s?intitule l?opéra, signifie matin, comme celui de l?histoire de La Réunion que vont nous conter les grands airs des ch?urs et des musiciens.

Basé sur des faits historiques, l?opéra raconte le parcours des premiers Réunionnais, un groupe de 12 personnes dont deux Français et deux femmes, pour qui la nouvelle île est un jardin d?Eden. Si l?on parle dès aujourd?hui de l?événement, c?est à raison. Car ce grandiose événement annoncé nécessite une importante et sérieuse préparation.

De plus, c?est le temps nécessaire aux auditions que la production compte organiser à Maurice. Une trentaine de chanteurs mauriciens et une vingtaine de musiciens, mauriciens, pourront être engagés pour participer à l?opéra, tel qu?il sera joué à Maurice. Un opéra plus léger car le Théâtre de Port-Louis ne permet pas les mêmes dispositions que le grand Théâtre de Champ Fleuri.

« A La Réunion, nous avions un plan d?eau sur scène et des jeux de vidéos», précise Emmanuel Genvrin. Au théâtre de Port-Louis, il faudra faire de la place, particulièrement dans la fosse qui sera réservée à l?orchestre tandis que la scène sera dédiée aux voix. Les auditions seront ouvertes à partir d?avril. Les organisateurs lancent un appel pour constituer le meilleur orchestre possible, avec les talents locaux.

<B>?La volonté d?être ouvert?

«Nous avons une exigence de qualité», dit Jean Luc Trulès, compositeur et chef d?orchestre de l??uvre. «Les musiciens devront avoir une double culture ». C?est-à-dire être capable de lire et d?interpréter du classique mais aussi de savoir swinguer et ressentir les rythmes de l?océan Indien, comme ce fameux rythme ternaire.

Ainsi l?on peut retrouver, composante d?une ?uvre classique et métisse, des motifs ou thèmes traditionnels malgaches, retravaillés.

«C?est un opéra lyrique, mais c?est une musique composée en 2006, donc avec la volonté d?être ouvert », poursuit le compositeur.

Plus encore qu?un opéra de l?océan Indien, c?est «une ?uvre de l?outre-mer», ajoute Emmanuel Genvrin, l?auteur. En effet, les rôles principaux, faute de grandes voix dans la région, ont été recrutés en Métropole. Ils sont aussi des talents d?autres îles, d?autres soleils, à l?instar de la soliste Aurore Ugolin, Guadeloupéenne, du baryton d?origine tahitienne, Steeve Heimanu Hai ou de Landy Andriamboavonjy, malgache, Karim Bourza, franco-algérien ou encore Josselin Michalon, Martiniquais.

L??uvre a aussi pour ambition de réhabiliter l?art lyrique dans l?océan Indien, ainsi que le rappelle Jean Luc Trulès, car «nous avons un patrimoine et une histoire musicale lyrique en commun. La tradition lyrique s?est un peu perdue. Mais de plus en plus de conservatoires se sont formés et le moment est venu de constituer un orchestre capable de jouer des ?uvres symphoniques». Emmanuel Genvrin d?ajouter qu?il y a un fort potentiel dans chaque île.

Le Théâtre Vollard a dans l?idée de pouvoir faire tourner le spectacle, ainsi que de créer d?autres opéras de l?océan Indien et de les présenter à l?étranger.Les personnes intéressées à passer les auditions peuvent se renseigner auprès d?Otayo sur le 466 99 99.

<B>S.K</B>

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