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Sucre : le montant de la compensation rétrécit
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Sucre : le montant de la compensation rétrécit
Les nouvelles amères sur le dossier sucre se bousculent. Il est question que l?enveloppe d?aide en faveur de Maurice et des pays du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) soit largement en deçà du montant initial. Bien que ces chiffres soient toujours au stade des pourparlers, l?exaspération et l?inquiétude sont croissantes au sein de l?industrie sucrière locale.
L?Union européenne (UE) réforme son régime sucrier. Dans l?équation, le prix garanti du sucre baisse de 36 %, en 2009-2010. Maurice, comme 17 pays ACP exportant du sucre vers ce marché, en seront très affectés. De fait, l?UE leur avancera des fonds pour les aider à restructurer voire abandonner leur industrie. La Commission a promis un montant annuel de 190 millions d?euros sur la période 2007-2013.
Maurice, en porte-parole des ACP, a affirmé à maintes reprises que ces 190 millions ne seront guère suffisants pour que les industries puissent s?adapter à la nouvelle configuration du marché. Qui plus est, le groupe a toujours plaidé pour que le déboursement se fasse en amont.
Or, l?enveloppe, dont la somme finale reste à être déterminée, serait d?une moyenne de 150 millions d?euros par an. Selon des sources diplomatiques, la Commission, qui prépare le budget européen pour 2007-2013, a même établi un calendrier provisoire (voir tableau). Ce montant fait l?objet de discussions entre le Parlement, la Commission et le Conseil européen des ministres dans le cadre de la finalisation des perspectives financières de l?UE pour 2007-2013. Les ACP, en attendant d?être fixés fin avril-début mai entament un fort lobbying auprès des ministres et eurodéputés.
L?industrie locale est en phase de réforme. Une transformation, selon le plan de l?Etat, qui nécessitera une injection massive de Rs 25 milliards. La majeure partie est requise au cours des trois prochaines années afin de boucler le processus de centralisation, de plan de retraite volontaire et la diversification à l?intérieur de l?industrie.
Et cette décision unilatérale de la Commission suscite des craintes. Le directeur de la Mauritius Sugar Producers Association, Jean Li Yuen Fong commente : ?C?est un autre coup dur. La proposition de la Commission va à l?encontre des préoccupations de Maurice et des ACP?Analysant le traitement accordé aux intérêts du groupe du début des négociations à ce jour, Jean Li Yuen Fong affirme que la Commission européenne a porté peu de considération aux arguments mis en avant par le groupe ACP.
?Nous sommes conscients des enjeux. Nous suivons la situation de près. Le lobbying auprès des instances décisionnelles comme le Parlement européen est en cours. Nous espérons que cet exercice leur expliquera les impacts socioéconomiques. Evidemment, nous sommes exaspérés par cela. C?est l?antithèse du Protocole sucre et à l?encontre des Millennium Development Goals?, affirme, de son côté, le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell.
Irritation et peur
Ces sentiments d?irritation et de peur sont d?autant plus justifiés que des membres de la Commission ont réitéré que les ACP auront droit à une enveloppe de 190 millions d?euros par an pour restructurer. A mi-février, les ACP s?interrogeaient même sur la disponibilité de cette somme dans les perspectives financières, au vu des réponses floues de la commissaire à l?Agriculture, Mariann Fischer Boel, en audition devant le Parlement européen.
Des sources diplomatiques avancent deux raisons pour expliquer cette décision de la Commission. D?une part, le budget global a été réduit pour ladite période. Cette coupe des fonds s?insère dans cette logique. Et de l?autre, les techniciens européens argumentent que les ACP n?auront pas besoin de sitôt de cet argent dans la mesure où les pays ne sont pas encore prêts avec leurs plans de réformes de l?industrie. Maurice est l?un des rares Etats à faire exception.
Le soutien sur lequel misent les ACP reste le Parlement européen, instance partie prenante dans la finalisation des perspectives financières 2007-2013. Une lettre a déjà été adressée à chaque eurodéputé pour attirer leur attention sur l?impact d?absence de fonds pour les industries sucrières.
Intervenant à une conférence de presse mercredi dernier, la Britannique Glenys Kinnock, très sensible à la cause des ACP, a réaffirmé son soutien pour que la Commission respecte ses engagements pris.
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