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Sous la moustiquaire, les chiffres

11 février 2006, 20:00

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Pourquoi faut-il toujours que les autorités se cachent derrière un mur de silence dans ce pays ? Qui y a-t-il de si dangereux à dire les choses ? Prenez le cas du chikungunya. Le ministère ne veut pas communiquer les chiffres sous prétexte de ne pas affoler les touristes. Du coup, on n?a que des bribes d?information, en général contradictoires. Rien que pour la région du Nord, c?est le flou total. Selon le ministère de la Santé, il n?y a qu?un cas ou deux (faudrait savoir, c?est un ou deux ?). Un médecin contacté m?a dit qu?il avait eu pour sa part, un cas confirmé (un adulte) et trois en attente de résultat, tout en m?avouant qu?il comptait sur la presse pour être informé ! Et à l?école de ma fille, il y a eu deux cas confirmés. Déjà, ça fait trois et non pas « un ou deux ».

Personnellement, ça me rassurerait d?avoir une idée précise de la situation. Parce qu?à partir de là, je saurais quel doit être mon niveau de vigilance et de prévention. S?il n?y a que quelques cas sur l?ensemble du territoire, tant mieux, ça veut dire que le risque de contracter la maladie est relativement minime. Mais s?il devait y en avoir 70 000, comme à la Réunion, le risque deviendrait nettement plus grand. Et là, tant qu?à faire, je préférerai être prévenue.

Même chose pour les foyers d?infection. On sait qu?il y a une poche à Mahébourg et une autre dans le Nord ? de Pointe-aux-Piments à Fond-du-Sac, en passant par Grand-Gaube, ça fait tout de même grand comme poche, mais bon? Mais qui nous dit qu?il n?y en a pas ailleurs ? D?autant plus que des démoustications sont actuellement faites dans différents endroits de l?île. Et qui dit démoustication, dit moustiques, a priori. Là aussi, connaître exactement les lieux à risques, permettrait autant que possible de les éviter pour empêcher la propagation de la maladie.

Mais non ! Surtout il faut se taire. Le grand argument, c?est de ne pas provoquer de panique. Ce n?est pas l?information qui crée la panique, mais son absence. Ah ! la « protection » de la population a bon dos. C?est vrai, ça, la population est tellement bête, qu?il vaut mieux ne rien lui dire. Tant pis si elle ne prend pas les mesures de prévention qui s?imposent, parce qu?elle n?a pas conscience du risque. Tant pis si les rumeurs sont encore plus alarmantes que la réalité. Parce qu?elles vont bon train les rumeurs. Et tant pis, si elle finit par penser que les autorités lui cachent toujours quelque chose. C?est simple, à Maurice, il suffit de ne pas parler d?un problème, pour qu?il n?existe pas. Dommage que les piqûres soient bien réelles, elles !

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