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Sen Ramsamy, la réussite d?un ?zenfan malere?
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Sen Ramsamy, la réussite d?un ?zenfan malere?
Un sourire chaleureux, des yeux rieurs, un costume impeccable. Sen Ramsamy fait son entrée en la matière : ?Je suis très méticuleux et perfectionniste. Que ce soit à la maison ou dans ma façon de m?habiller. Je pense que la tenue vestimentaire est un reflet de l?élégance de l?esprit.? Et dans son esprit, il est à l?aise.
C?est à Montagne-Longue qu?il naquit de ?parents très très modestes?. Soit un 31 décembre, il y a 48 ans de cela. Fils aîné d?une famille de six enfants, il a neuf ans quand il commence à nettoyer les maisons des voisins chaque samedi. ?Pas la sir, brose, netway twalet, al bazar? faisaient partie de ses corvées. Il recevait Rs 5 par mois contre ses travaux. Il en gardait 50 sous pour se couper les cheveux. Le reste de l?argent allait à ses parents. ?Une seule fois j?ai brisé les règles quand, fatigué après une journée de travail, j?ai pris dix sous de cette somme pour m?acheter un sorbe dile.?
L?enfance de Sen se déroule entre Montagne-Longue chez ses grands-parents et à Curepipe chez ses parents. À l?âge de neuf-dix ans, il aide sa grand-mère pendant la recréation à vendre des gâteaux. À son adolescence, lorsqu?il entame sa Form IV et V, il sera gardien de letchis dans le verger qu?occupait son grand-père. Il ne néglige pas ses études pour autant. Ses livres l?accompagnent dans une cabane de paille dans la forêt.
Ses études secondaires terminées, il devient professeur au collège Presidency à Rivière-des-Anguilles pendant une année. Après quoi il s?envole pour l?Inde pour un BSc Honours en mathématiques à l?université de Madras. En première année, il est troisième dans toute l?université, ce qui lui donne ?du courage pour continuer?. Son BSc complété avec un First Class, il veut faire sa maîtrise, mais ne peut pas puisque son père part en retraite. Sa maman qui avait pris de l?emploi dans une usine après son départ pour l?Inde pour payer ses frais universitaires ne pourra subvenir à d?autres frais, toute seule.
L?Ahrim, son bébé
À son retour, en 1981, le chômage fait rage. Il prend de l?emploi dans une imprimerie et y reste pendant deux ans. Ensuite, il fera son entrée dans la fonction publique au Bureau central des statistiques. Au même moment, il fait ses premiers pas dans le mouvement syndical en 1984. Et ce jusqu?en 87. Il participera ainsi à des manifestations de rues, porte-voix en main.
Ensuite, le virage à 180 degrés. Sen Ramsamy fait son entrée dans le tourisme. Qu?il avoue préférer aux mathématiques. ?Du reste, les gens m?associent au tourisme.? D?emblée, il salue Armand Maudave et Gaëtan Duval pour avoir ?cru en moi?. C?est ainsi qu?il est nommé responsable de la visite royale à Maurice du Prince Andrew et de la Princesse Sarah. ?J?étais avec eux tout le temps pendant les 15 jours qu?ils étaient à Maurice?, se remémore-t-il. S?ensuivront des lettres de félicitations de Buckingham Palace.
En 1986, il fait partie de ceux qui aident à créer le ministère du Tourisme. Après un court passage à l?université de Sorbonne en France, il obtient peu après une bourse de la fondation Amédée Maingard pour l?université de George Washington aux États-Unis. À son retour, il est appelé, entre autres, à écrire des discours officiels du ministre du Tourisme et du Premier ministre pour les fonctions dans le tourisme. Il participe également à la création de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA).
Sen Ramsamy soutient qu?il fut nommé pour le poste de directeur de ce nouvel organisme, mais ne le deviendra pas. Ce qui le pousse à quitter la fonction publique pour devenir le directeur de l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?Ile Maurice (Ahrim). ?Il n?y avait ni bureau, ni chaise. Pendant trois mois, j?ai garé ma voiture devant la cathédrale et j?y préparais mes dossiers avant d?aller les défendre. L?Ahrim n?avait même pas suffisamment d?argent pour me payer?, raconte-t-il. Mais il ne se décourage pas pour autant.
Après trois mois, avec l?aide d?un hôtelier, il s?installe à Port-Louis dans un bureau qui ressemblait plus à un ?chantier, avec du ciment, des briques cassées et des tuyaux partout?. Il emprunte des meubles, embauche un planton et une secrétaire. Il se met au travail ?et l?Ahrim prend son envol?. La MTPA fait de nouveau appel à lui, mais lui refuse le poste. ?D?abord, l?Ahrim ne voulait pas que je parte, et ensuite, c?était comme un bébé qu?on m?avait confié afin de le faire grandir?.
Il est peu après nommé président de l?Ecole hôtelière qu?il ?tire de son anonymat?. Sen Ramsamy deviendra aussi le vice-président de RETOSA pour la Sadc et il est sollicité par plusieurs instances internationales pour parler du tourisme. Il reçoit même une distinction mondiale en Autriche pour son travail. Après huit ans sous la direction de Sen Ramsamy, l?Ahrim ?devient grande, forte et internationalement reconnue?. Après huit ans au sein de l?Ahrim, c?est la cassure. Sen Ramsamy démissionne. Presque au même moment, on lui retire la présidence de l?École hôtelière.
Ces expériences-là, il les classe parmi ?les plus pénibles? qu?il ait vécues. ?Je suis amer.? Son regard devient nébuleux. ?La police du tourisme, la Tourism Authority, l?aéroport SSR, la MTPA, l?École hôtelière et bien d?autres encore sont quelques-unes des institutions que j?ai énormément aider à créer ou relancer? Mais il n?y a pas de place pour moi dans le tourisme à Maurice aujourd?hui?, renchérit-il. ?Mais je garde ces moments à l?intérieur. Tout ça a fait de moi ce que je suis. Je reste positif.? La pensée positive reviendra d?ailleurs comme un leitmotiv dans les paroles de Sen Ramsamy. ?Dans toutes les situations, il faut positiver, sinon vous allez vous laisser aller à la déprime?, explique-t-il. Ainsi ces infortunes ne gâcheront pas l?amour que Sen Ramsamy voue pour le tourisme. Il créera sa propre compagnie, la Tourism Business Intelligence en 2004, pour aider les promoteurs à s?implanter dans le tourisme.
Sen Ramsamy a été nommé depuis peu à la présidence du National Pay Council. Ce qu?il qualifie d??une responsabilité énorme dont je suis honoré?. Cette nomination à ce poste à plein temps promet de bousculer ses journées qui étaient déjà bien remplies.
En tant que consultant, il a écrit nombre d?articles qui ont même paru dans des publications internationales. Ces temps derniers, il a crée des projets, a participé à beaucoup de causeries dans le cadre de la démocratisation de l?économie. Il est aussi membre du panel d?experts de l?Organisation mondiale du tourisme où il est appelé à apporter sa réflexion sur la tendance du tourisme dans la région et au niveau mondial. Sen Ramsamy confie d?ailleurs vouloir entamer une carrière politique à l?avenir. ?Mais, ma femme ne veut pas, je vais voir.?
Pour Sen, la famille est sacrée. Ses plus grands plaisirs : aller au restaurant en famille, et quand il a le temps, au cinema, à la mer? toujours en famille. Comme mari, il se dit ?très facile à vivre?. Comme papa, c?est un papa gâteau. ?Parce que je n?aurais pas aimé que mes enfants vivent ce que j?ai vécu.? Lui, a été un ?zenfan malere kinn monte a rezon prinsip ek sacrifis.?
Son idole : Nelson Mandela
Côté caractère, l?homme se décrit comme étant ?très humble, très rigoureux, juste et l?ami de tout le monde. Je déteste les racistes. Je suis un homme d?action qui aime les résultats concrets, pas trop les rapports et les tables rondes qui font tourner en rond?. Il aime les rires, les blagues, la bonne ambiance... est un bon vivant.
Il a aussi une petite école de philosophie. Selon sa petite observation, ?un Mauricien moderne passe son temps à faire des calculs égoïstes : Moi, mes enfants, mes proches, ma communauté... Il nous faut promouvoir les valeurs humaines, le bonheur est dans la richesse intellectuelle, morale et spirituelle et pas dans le matérialisme et l?égoïsme. Vivons simplement et pensons grand?.
Sa devise : ?Servir. Les gens, surtout les plus pauvres, le pays, les générations futures...? Un peu comme son idole, Nelson Mandela. Un des grands moments de sa vie fut d?ailleurs quand il s?est retrouvé à la même table à déjeuner avec lui. Son souhait : ?Que la nation mauricienne vive heureuse en développant notre sens du partage?.
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