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Réflexion lancée sur les moyens d?accélerer la réforme du Sucre

1 juillet 2004, 20:00

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Le gouvernement et l?industrie sucrière sont d?accord pour une évaluation rapide du travail accompli sous le ?Sugar Sector Strategic Plan? et de ce qu?il reste à faire.

Un comité conjoint se mettra au travail pour identifier les priorités et surtout les moyens pour les réaliser. L?objectif principal est d?accélérer la mise en ?uvre de la restructuration de l?industrie sucrière.

C?est ce qui ressort d?une réunion de travail présidée par le Premier ministre Paul Bérenger, hier, pour examiner la situation suite aux propositions de la Commission européenne de réduire le prix du sucre de 37 % d?ici 2007.

En sus du lobbying intense qui sera mené par Maurice et ses alliés auprès des pays et instances de l?Union européenne, il y a un consensus pour des actions urgentes de l?industrie au niveau local. À la Plantation House, on estime que la priorité est d?élaborer un package financier pour aider l?industrie sucrière à alléger le fardeau de la dette et à lever les fonds nécessaires à la poursuite du programme de restructuration.

Outre l?application du plan de retraite volontaire qui a coûté Rs 2,8 milliards, l?industrie sucrière doit investir de manière substantielle en termes de mécanisation, d?épierrage et d?irrigation. Dans le Sugar Sector Strategic Plan de 2001, l?estimation des investissements pour l?épierrage et l?irrigation dépassait Rs 5 milliards.

Lors de la réunion d?hier, les représentants de l?industrie sucrière ont également soulevé les ?policy costs? associés à ce secteur. Dans ce contexte, la nécessité d?une réforme institutionnelle pour réduire le poids du global cess a été évoquée.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, celui de l?Agriculture, Nando Bodha, celui des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, ainsi que celui de la Justice, Emmanuel Leung Shing, étaient présents.

Plan d?action

Le secteur privé était représenté par le président de la Chambre d?agriculture, Jean-Raymond Hardy, le secrétaire général de la Chambre, Jean-Noël Humbert, le président du Syndicat des sucres, Hector Espitalier-Noël, et le directeur du Joint Economic Council, Raj Makoond.

Le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, présentera aujourd?hui au Conseil des ministres le plan d?action politique et diplomatique élaboré pour contrer les propositions de la Commission européenne sur la baisse du prix du sucre.

Sur ce plan, Pravind Jugnauth et Nando Bodha auront une réunion cruciale avec le commissaire européen pour l?Agriculture, Franz Fischler, le 8 juillet prochain.

Lors de la réunion d?hier entre le gouvernement et l?industrie sucrière il y a eu consensus sur la possibilité d?amener la Commission européenne à assouplir sa position sur la réforme du régime sucrier. L?important est de bien expliquer l?impact des propositions faites sur l?industrie sucrière et l?économie en général.

?La réforme du régime sucrier n?est pas une surprise. Malheureusement la commission propose une formule qui ne nous permettra pas de survivre. On veut bien entrer dans le véhicule si c?est inévitable mais on souhaiterait un véhicule qui ne nous mène pas vers la mort?, déclare un représentant de la Plantation House. Outre l?argument économique et ses répercussions sur le social, Maurice élaborera aussi l?argumentaire juridique et politique en rappelant les engagements pris dans le passé par l?Union européenne par rapport au groupe des pays ACP et le protocole sucre qui fait partie du régime sucrier européen.

Le président sortant de la Chambre d?agriculture, Cyril Mayer, avait cité mercredi plusieurs articles dont ceux de l?Accord de Cotonou qui soulignent l?importance des protocoles relatifs aux produits de base et la nécessité d?en conserver les avantages.

Le gouvernement et le secteur privé conjugueront leurs efforts pour préparer un dossier solide d?arguments politiques, économiques et juridiques dans la bataille qui s?annonce pour défendre les intérêts de l?industrie sucrière.

PROPOSITIONS

Thierry Lagesse souhaite un cocktail de measures

  • Thierry Lagesse, P.-d.g. du groupe Fuel, estime qu?il faudrait un ?cocktail de mesures? pour arriver à compenser l?impact d?une éventuelle baisse du prix du sucre. Selon lui, des solutions intrinsèques à l?industrie sucrière ne suffiront pas pour lui permettre de survivre à la perte de Rs 5 000 par tonne de sucre, a-t-il indiqué à l?occasion de l?ouverture de la coupe à la sucrerie de Fuel hier.

Fuel a fait ses calculs. Si la proposition de baisse de prix de la Commission européenne est acceptée telle quelle, cela représenterait une baisse de revenus de l?ordre de Rs 225 millions dès l?année prochaine et de Rs 375 millions en 2007 lorsque la baisse atteindrait les 37 %. Cela fait plusieurs années déjà que Fuel et Mon-Loisir se sont engagés dans une logique de centralisation pour améliorer la compétitivité. Après la centralisation de St-Antoine sur Mon-Loisir, c?est maintenant au tour de Mon-Loisir de fermer. Fuel et Mon-Loisir ont également une stratégie régionale avec la réhabilitation de la sucrerie de Marromeu au Mozambique. Le coût de la main-d??uvre y est de cinq fois inférieur à celui de Maurice.

En cas de baisse de prix selon la proposition de la Commission européenne, le prix moyen qu?obtiendrait la sucrerie de Marromeu ne serait pas éloigné de celui qu?obtiendrait Maurice. Mais, avec l?importante différence dans les coûts de production ?vous avez déjà conclu où on fera nos bénéfices. Marromeu est une alternative pour notre entreprise et nos employés?, a poursuivi Thierry Lagesse devant les cadres et travailleurs de Fuel. Mais les solutions internes à l?industrie sucrière ne suffiront pas face aux nouvelles donnes, soutient Thierry Lagesse. Il faut éliminer les rigidités inhérentes à l?industrie sucrière, notamment au niveau des lois du travail et de la commercialisation du sucre sur le marché local, préconise-t-il. ?Il faut redonner de la compétitivité à la roupie mauricienne?, poursuit Thierry Lagesse. Il rappelle que le numéro un mondial du sucre, le Brésil, a dévalué sa monnaie de 300 %.

Le patron du groupe Fuel estime également que, comme dans le textile, il faut évoluer vers plus de valeur ajoutée. ?Pourquoi ne pas raffiner notre sucre nous-mêmes ? On pourrait l?emballer afin qu?il soit immédiatement commercialisable sur les étagères des grandes surfaces européennes. Entre le sucre roux que nous exportons et le sucre blanc, il y a une différence de 100 euros par tonne.?

Par ailleurs, Thierry Lagesse est en faveur d?un système où les quotas d?exportation seraient transférables d?un pays à un autre comme cela est envisagé pour les betteraviers européens. Une compagnie mauricienne installée au Mozambique pourrait acheter le quota d?un pays ou d?une sucrerie qui n?arrive pas à produire les quantités voulues.

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