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Règlement de comptes sur fond d?argent

11 février 2006, 20:00

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Coup de théâtre dans la nuit de mercredi à jeudi à Quatre-Bornes. L?entrée principale du casino Ti Vegas a été envahie par 75 activistes de la Voice of Hindu (VoH). Ils ont voulu faire une démonstration de force après l?agression du récidiviste notoire Manan Fakhoo, survenue plus tôt, à la suite d?une vive altercation avec des vigiles du casino, accompagnés de gros bras.

Contacté au téléphone, Navin Unoop, l?un des dirigeants de la VoH, a déclaré à l?express dimanche qu?une équipe s?était mobilisée dans le parking de la municipalité de Quatre-Bornes pour empêcher une escalade communale. La tension est montée de plusieurs crans à Beau-Bassin, où réside Manan Fakhoo, et à Quatre-Bornes, devant les locaux de Ti Vegas. La police craignait une bataille rangée entre deux groupes : les proches et amis de Manan Fakhoo, dont la VoH, et ceux du casino.

« C?est vrai que nous étions mobilisés pour empêcher toute escalade. Nous avons eu une rencontre avec le gérant de Ti Vegas. L?agression de Manan Fakhoo n?était pas le seul but de notre visite. Nous avons aussi parlé de la présence des prostituées qui hantent les environs depuis l?ouverture du casino. »

Manan Fakhoo, 41 ans, a été agressé à coups de sabre par un groupe de personnes. Admis aux soins intensifs de l?hôpital Jeetoo, il a subi une intervention chirurgicale au rein droit et se remet lentement de ses blessures. La police a procédé à l?arrestation du chef de la sécurité du casino.

De sources policières, nous apprenons que Manan Fakhoo s?était rendu au casino vers 21 heures ce mercredi à bord de sa Mitsubishi Pajero. Étant un habitué des lieux, il aurait demandé un emprunt au manager afin de pouvoir jouer. Ce dernier aurait refusé. Les choses se seraient envenimées lorsqu?un vigile lui a demandé de déplacer son véhicule garé en face du casino. Furieux, Manan Fakhoo aurait quitté les lieux en menaçant de se rendre au domicile du manager pour tout saccager. En s?y rendant, il aurait été rattrapé par un groupe d?hommes à bord d?une voiture. Fakhoo a dû alors déguerpir.

Coup de feu et panique générale

Les choses prennent une autre tournure vers 23 heures lorsque sept hommes se présentent devant le domicile de Manan Fakhoo à la rue Brunet, Beau- Bassin. « Manan ! Sorti deor. Azordi nou manz toi ! », lance l?un d?eux. Quelques secondes plus tard, les habitants de la rue Brunet seront tirés de leur sommeil par le bruit des vitres qui volent en éclats. Puis, le silence total. Les sept hommes s?éloignent de la maison.

Cinq minutes plus tard, à 300 mètres de là, un groupe composé d?une soixantaine d?hommes armés se dirige vers la maison des Fakhoo, en provoquant un véritable vacarme. C?est la panique générale. Les voisins, qui étaient sortis de chez eux, préfèrent rentrer. Un coup de feu est tiré. « Zordi nou touy toi Manan ! »

En arrivant devant la maison des Fakhoo, ils tentent de monter l?escalier qui se trouve à l?extérieur. Manan sort alors de chez lui pour protéger sa femme et ses deux enfants. Mais il est traîné sur l?asphalte et roué de coups. Il se retrouve peu après à la merci de ses agresseurs sur un terrain vague à environ 15 mètres de son domicile.

C?est alors que deux fourgons de la police seraient arrivés sur les lieux. Mais, au lieu de porter secours à la victime, les officiers se trouvant dans le véhicule auraient préféré battre en retraite. C?est du moins ce qu?affirment des témoins. «Tir kout bal lor li », lance un homme. « Les li. Noun fini manz li. P? ar li », rétorque un autre. Puis, le groupe se disperse. Quelques minutes après, Manan Fakhoo, grièvement blessé, est transporté à l?hôpital.

Fakhoo, fiché comme récidiviste au poste de police de Beau-Bassin, n?a cessé de faire parler de lui. Après avoir fait du désordre lors d?un meeting de Dinesh Ramjuttun, à l?occasion de l?élection partielle dans la circonscription no 9, en 1998, il avait été condamné à trois ans de prison, peine ramenée à un an après appel.

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