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Redonner l?envie

16 juin 2007, 00:00

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<B>Par Nazim ESOOF</B>

Il est certaines affaires qui passent rapidement à travers les dédales de notre mémoire pour sombrer dans l?insignifiance. Parce qu?elles datent d?hier, elles sont vite périmées. C?est la loi de l?actualité. Ce n?est pas le cas du budget présenté hier par Rama Sithanen. Il y a eu les attentes. On a désormais les notes de satisfecit et les déceptions. C?est le rituel charme du mois de juin. C?est le retour du répétitif. Combat contre le déficit budgétaire, contre l?inflation, contre la pauvreté? Hymne à la croissance, à l?investissement, à l?emploi? Ce rendez-vous cultuel est pris dans un lyrisme de révérence et d?expectation.

Cette année-ci et depuis quelque temps déjà, c?est plutôt la grisaille dans un nombre conséquent de porte-monnaie mauriciens. On nous dit que c?est le contexte international qui en est la cause.

Que c?est la faute à ces préférences qu?on nous a retirées. Ce sont sans conteste des vérités. Mais là où le problème se pose, c?est cette espérance qui s?efface. C?est cette race qui ne cherche pas à se battre pour sa survie.

C?était le principal objectif de ce budget d?hier : redonner l?envie. Le temps nous dira si le gouvernement y parviendra. Il faut absolument surmonter ce pessimisme ambiant. Et il ne reste plus beaucoup de temps au ministre des Finances pour réussir son pari. Ce n?est pas seulement la population qui l?attend au tournant. C?est aussi le cas d?un nombre croissant de ses collègues.

Les périodes charnières sont celles qui présentent le plus de danger mais aussi le plus de possibilités. C?est dans de tels contextes qu?on fait des bonds, des véritables sauts conceptuels, ou qu?on perpétue les vieilles habitudes. A ce chapitre, le constat est implacable. Il n?y a eu aucune pédagogie de l?espoir. Pour qu?un pays accomplisse son destin, ses citoyens doivent retrouver foi en eux-mêmes. Cet élément de l?équation fait défaut, à ce stade, à Rama Sithanen.

Le ministre des Finances, depuis son installation à l?Hôtel du gouvernement, demande de la patience et une adhésion inconditionnelle à ses compétences. Cela risque de ne pas suffire si les résultats qu?il dit noter ne sont pas ressentis par les citoyens dans leur vie de tous les jours. N?est-ce pas après tout pour une population qu?on réforme, qu?on gère et qu?on travaille? Lorsque cet objectif est brouillé par des considérations autres, même les résultats les plus positifs ne fédèrent pas autant qu?on le souhaiterait.

Un deuxième budget. Un prolongement des pratiques consacrées dans le premier budget. Le troisième sera celui de la dernière chance.

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