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Quand l?Histoire remonte à la surface

1 juillet 2004, 20:00

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Août 1810. Cette date a servi à définir le paysage politique et économique mauricien plus qu?aucune autre, à l?exception de mars 1968. C?est effectivement au début du XIXe siècle que l?armada anglaise, ayant mobilisé plus de 20 000 hommes, vient à bout des forces françaises lors d?une bataille navale à Grand-Port, pour prendre possession de l?Isle de France. Cet épisode de notre histoire a pu refaire surface grâce à des explorations archéologiques sub-aquatiques, qui à leur tour, ont abouti à l?exposition intitulée L?Histoire engloutie de la Bataille navale du Grand-Port.

Celle-ci a été orchestrée par la Mauritian Museums Council (MMC), de concert avec la Mauritian Marine Conservation Society (MMCS), après huit mois de travail acharné. L?exposition inaugurée hier au Mauritius Institute, à Port-Louis, retrace l?historique de cette bataille qu?on pourrait qualifier de ?Waterloo mauricien? tant son dénouement a forgé le devenir du pays ? cette victoire a, aujourd?hui encore, des répercussions sur nos existences. Nos systèmes éducatifs, politiques, légaux et commerciaux sont tous basés, à des degrés différents, sur leurs équivalents britanniques.

En entrant dans la salle réservée aux expositions temporaires, le visiteur découvrira neuf vitrines, cinq panneaux explicatifs et des tableaux. Les vitrines renferment les vestiges de la glorieuse bataille navale et surtout une collection d?objets provenant de l?épave du HMS Sirius. Cordes en chanvre, boulets de canon, boutons en laiton, poignées de sabre, poignées de tiroir et divers autres témoins de l?Histoire? Parmi ceux-là, des objets portant encore les traces de la violence du feu et du sabordage du Sirius.

Quant aux panneaux, ils permettent aux visiteurs de mieux comprendre la chronologie des événements ainsi que leur contexte. Ils traitent de la campagne archéologique, de la Bataille navale du Grand-Port, du Sirius et de la conservation des objets d?épave. Les posters qui ont été réalisés par une agence locale, Convince Design, constituent un agréable support pédagogique et mettent en lumière la valeur historique des objets archéologiques. Un pamphlet complète le tableau.

Il explique, par exemple, que ?lorsqu?un objet a séjourné des années dans la mer et qu?il remonte à l?air libre, il doit subir un traitement de conservation. Si cette étape n?est pas respectée, l?objet subit une dégradation accélérée.? L?on apprend, en outre, qu?en archéologie sous-marine, ?les objets sont attaqués par le chlorure de sodium qui va se lier chimiquement au métal. Le traitement consiste à dessaler l?objet, à le nettoyer mécaniquement puis chimiquement par dissolution des dépôts.?

?Un rapace incomparable?

La star incontestée de cette exposition est le HMS Sirius, frégate britannique qui a sombré dans la baie de Mahébourg, à environ 1 800 mètres au sud de Grand-Port, le 25 août 1810. En raison de son très bon état de conservation, le HMS Sirius, qui fut construit au chantier naval de Dudman sur la Tamise en Angleterre en 1997, a permis aux archéologues de lever le voile sur la vie des marins au XIXe siècle.

Instruments de navigation, objets personnels de l?équipage, pièces de fusil, montures de sabre et boutons en laiton sont tous exposés au Mauritius Institute, ainsi qu?une remarquable maquette de ce ?rapace incomparable?. On apprend également que le HMS Sirius était long de 45 m et large de 12 m, qu?il pouvait accueillir 274 hommes d?équipage, 26 canons de 18 livres, six caronades de 32 livres... En sombrant dans les eaux de l?océan Indien, cette frégate ne faisait que commencer une vie pleine de rebondissements. L?exposition en constitue aujourd?hui l?aboutissement.

L?épave fut découverte par les plongeurs du Mauritius Underwater Group en 1964 et fut donnée par l?amirauté britannique pour mener une étude archéologique. Elle subit une attaque à la dynamite en 1968 et fit l?objet d?activités archéologiques en 1979 et en 1989. Finalement en 2003, grâce au dévouement de Yann von Arnim, président de la MMCS, les canons, caronades et restes du gouvernail et de sabord purent être découverts et remontés.

La MMCS espère désormais ?mieux comprendre le déroulement de la Bataille du Grand-Port par l?étude d?une autre épave, celle de La Magicienne?. Un archéologue sous-marin égyptien viendra prêter main- forte à cette nouvelle expédition.

Le Mauritius Institute abritera l?exposition pendant deux semaines, avant qu?elle ne vogue vers le Musée de Mahebourg.

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