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Quand fera-t-on appel à notre intelligence ?
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Quand fera-t-on appel à notre intelligence ?
Depuis jeudi, ils s?invitent dans nos foyers pour se « vendre » et proposer leur programme. Qu?im-porte les partis, notre attente demeure vaine quant à quelque appel à notre intelligence?
L?électeur ayant assisté aux meetings publics ou réunions privées n?est nullement dépaysé quand il suit les programmes de la campagne électorale à la télévision : ce qui se dit sur les caisses de savon revient, de manière plus aseptisée et policée certes, lors des prestations télévisuelles.
Du côté de l?Alliance sociale, nous retrouvons le même matraquage sur certains thèmes : 60 000 chômeurs, faible taux de croissance, insécurité publique et, par-dessus tout, attaque en règle contre Paul Bérenger et le pouvoir « dan la min 5 fami ».
Une émission télévisuelle de l?Alliance sociale suit une trame bien précise : un intervenant vient critiquer le bilan gouvernemental, un deuxième attaque Paul Bérenger et ses liens avec « le grand capital » et un troisième et/ou le premier souligne les « solutions miracles » de l?Alliance sociale. Là également, rien de nouveau pour l?électeur ayant assisté à quelque rencontre des amis de Navin Ramgoolam. Toutes les réussites qu?aura connues le pays jusqu?ici sont, on nous le répète à chaque trois phrases, l??uvre du Parti travailliste et de personne d?autre !
Du côté de l?alliance MSM-MMM, l?émission se décline, jusqu?à l?heure, selon le plan suivant : le premier intervenant rappelle le bilan gouvernemental et souligne ce qui a été accompli dans son secteur. Puis, suivent des références au « bilan catastrophique » de Navin Ramgoolam « de 1995 à 2000 » suivie d?une salve de comparaisons, toujours défavorables au leader de l?opposition. Ici également on réécrit l?histoire : nulle mention n?est faite de la présence du MMM au gouvernement de 1995 à 1997.
« Voler pwason ek voler molton »
Une partie de l?émission est toujours consacrée à « descendre » les autres leaders de partis membres de l?Alliance sociale. Là également, c?est du déjà vu !
Du côté des « petits » partis, l?on note une séquence critique des deux alliances suivie d?une autre de propositions et d?appels au vote. Ces « petits » sont les seuls à rappeler à l?électeur-téléspectateur que, pour les partis constituant les deux alliances, l?allié d?hier est l?adversaire d?aujourd?hui alors que l?allié d?aujourd?hui est l?adversaire d?hier. Donc, à quoi doit-on s?attendre demain ?
Le Parti du peuple mauricien (PPM) d?Anirood Gujadhur innove toujours en termes de « bons mots ». Après son fameux dan karo kann, le voici avec ses voler pwason ek voler molton. Gujadhur devrait faire breveter ses formules, lepep admirab ayant déjà adopté voler pwason ek voler molton dès le lendemain de sa prestation télévisée.
Appel au coeur plutôt qu?à la raison
Peu d?intervenants ont vraiment frappé. Steven Obeegadoo a semblé très à l?aise, vendredi, quand il a parlé de la réforme de l?éducation. Regardant l?électeur droit dans les yeux, il s?est adressé au c?ur plutôt qu?à la raison, jouant sur le désir de chaque parent de vouloir la réussite académique de son enfant.
Le ministre de l?Education a abordé avec passion les résultats et réalisations post-réforme. Prenant le ton de la confidence, le ministre a partagé avec le parent-électeur l?importance que chacun de « ses » enfants réussisse et les moyens mis en ?uvre pour atteindre cet objectif. La prestation d?Obeegadoo contrastait avec le ton pincé et austère de ses amis assis à ses côtés.
Par contre, le Cehl Meeah 2005 est très différent du cru 2000, où le téléspectateur avait découvert un redoutable orateur. L?homme semble aujourd?hui marqué par son séjour à La Bastille et il a perdu de sa verve. Le ton est monocorde et l?homme paraît pâle, sans mordant.
Rashid Beebeejaun a paru crispé et n?a fait que lire son texte de critiques contre Paul Bérenger, ne regardant que très rarement le téléspectateur. L?on ne peut s?empêcher de se demander si le n° 2 d?un gouvernement de l?Alliance sociale s?adressait à l?électeur ? De son côté, Pravind Jugnauth a semblé tendu et intimidé face à la caméra. A lui également devrait être posée la question si sa venue à la télévision lui a été imposée ?
Navin Ramgoolam et Paul Bérenger ont été, de leur côté, fidèles à leur habitude : calme et maîtrisant l?art de la communication télévisuelle, lisant leur texte sur le téléprompteur et regardant l?électeur droit dans les yeux. Reste maintenant à savoir si l?électeur-téléspectateur sera séduit, si le politique a réussi à convaincre l?électeur indécis?
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