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Quand des laboureurs assurent la sécurité de nos centres de santé
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Quand des laboureurs assurent la sécurité de nos centres de santé
?Mo pa konn nanien dan sekirite.? Propos d?Ajay, la cinquantaine, employé comme watchman depuis quelques mois dans un des hôpitaux de l?île. Situation singulière mais devenue presque naturelle pour ces laboureurs du ministère de la Santé chargés d?assurer, depuis presque un an, la surveillance de nos hôpitaux.
Chez les membres du public comme chez le personnel médical, cet état de choses est loin de rassurer. Et le vol avec violence dont a été victime une femme enceinte à l?hôpital Victoria, Candos, la semaine dernière n?arrange pas les choses. Au niveau de la Nursing Association, c?est l?indignation. ?Certains hôpitaux sont devenus de vraies passoires?, s?emporte le secrétaire de l?association, Govindass Nathoo.
Interrogé, un responsable du service de presse du ministère de la Santé déclare que le ministère est conscient de la situation. Et, dit-il, les personnes qui font ce travail temporairement n?ont pas été formées. Il précise qu?un exercice d?appel d?offres a été lancé depuis deux mois pour un service de gardiennage dans nos hôpitaux. Les procédures, souligne-t-il, sont en cours au niveau du Central Tender Board.
En attendant, la situation perdure. Et Ajay ne cache pas avoir accepté la proposition pour avoir quelques roupies de plus. Cela, tout en étant conscient des risques que cela comporte, d?autant qu?il n?est pas formé pour y faire face. À la veille de sa retraite, il déclare sans ambages qu?il est là ?pou fer zegui tourne?. Et toute la journée, poursuit-il, il est assis ou debout et n?est pas sous pression.
Douze mesures
Ainsi, à l?heure des visites, dimanche, soit vers 12 h 15, le vigile qui est censé surveiller l?entrée n?y est pas. Il est en grande conversation avec ses autres collègues.
Un officier responsable d?un poste de police se trouvant dans un des hôpitaux du pays déplore que le ministère de la Santé ait eu recours à des laboureurs pour assurer la surveillance. Ces personnes, soutient-il, n?ont aucune notion de ce qu?est la sécurité. Et d?ajouter que les gens qui travaillent pour une compagnie de sécurité sont, eux, formés et sont ?security minded?.
Par contre, poursuit notre interlocuteur, un laboureur qui devient vigile ou watchman ne réagit pas comme l?aurait fait une personne formée. Cette dernière peut détecter une personne suspecte et solliciter la police dès qu?elle voit quelque chose de louche.
Pour la Nursing Association, il n?existe, dans certains hôpitaux, pas de garde de sécurité à proprement dire. Des domestiques, souligne Govindass Nathoo, n?ont aucune formation quant à la manière d?assurer la sécurité dans un hôpital. La présence d?un employé d?une compagnie de sécurité qui est, de surcroît, en uniforme, a, en elle-même, un effet dissuasif, affirme-t-il.
Govindass Nathoo déclare, en outre, que la Nursing Association a proposé 12 mesures à la Santé pour rehausser le niveau de la sécurité dans nos hôpitaux, notamment que l?enceinte d?un hôpital devienne une zone interdite, de sorte que ceux qui n?ont rien à y faire ne puissent y avoir accès. Le gouvernement, lance-t-il, doit assumer pleinement sa responsabilité. D?autant plus que ces derniers temps, il y aurait eu plusieurs vols, dont des douches électriques. Et ce sont des employés du corps médical qui auraient eu à s?en expliquer.
Pour ce qui est de l?incident survenu à l?hôpital de Candos, la Criminal Investigation Division de Quatre-Bornes est sur la piste de deux suspects : un homme et une femme. Ces derniers se seraient présentés comme des officiers de police à la femme enceinte à laquelle ils auraient pris une chaîne en or.
C?est la compagnie Sécuricor qui a assuré la sécurité dans nos hôpitaux ces dix dernières années. Début 2006, le contrat a failli être alloué à Capital Security, mais suite à des contestations de soumissionnaires, il ne l?a pas été. Ce qui a donné lieu à un nouvel exercice d?appel d?offres.
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