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Passage d?Ivan à Madagascar : Lourds lendemains?
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Passage d?Ivan à Madagascar : Lourds lendemains?
Au moins 44 personnes sont mortes lors du passage du cyclone Ivan qui a frappé Madagascar du 17 au 19 février, faisant également près de 145 000 sans abri, selon un nouveau bilan provisoire communiqué dimanche par les autorités malgaches.
Le bilan de ce terrible cyclone ne cesse ainsi de s?alourdir à mesure que tombent les décomptes provisoires du Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC).«Les gens ont surtout besoin d?eau potable, d?abris, de tentes et de produits de première nécessité», alerte la Croix-Rouge sur son site Internet.
<B> la même intensité que Katrina?</B>
L?organisation, quant à elle, assure l?assainissement des puits, distribue du matériel, assure le suivi médical des sinistrés et continue à participer à l?évaluation des dégâts, qui n?est pas terminée, à cause de faibles ressources de communication actuellement dans la Grande île. Handicapés par les routes et ponts coupés et les zones encore inondées, les secours ont commencé à travailler par avion et hélicoptère. Un navire de l?armée française a qui plus est acheminé quelque 21 tonnes de matériel depuis l?île de La Réunion.
Avec ses rafales de vent de 230 km/heure, Ivan a d?abord touché la petite île touristique de Sainte-Marie, puis une grande partie de l?est du pays. A Sainte-Marie, près de la moitié des 20 000 habitants se retrouvent sans-abri, avance le BNGRC. Ivan «était de même intensité que l?ouragan Katrina qui a dévasté la Nouvelle Orléans aux États-Unis en 2005».
On relève également «20 000 hectares de rizières inondées dont 15 000 hectares dans la région d?Alaotra Mangoro, premier grenier à riz de Madagascar avec 30 % de la production rizicole nationale». Vendredi dernier, les autorités malgaches ont lancé un appel d?urgence à la communauté internationale, pour qu?elle lui vienne en aide.
Outre l?agriculture qui a énormément souffert, le tourisme a aussi pris un sérieux coup. Tous les hôtels situés sur d?importants sites touristiques comme Foulpointe, Mahambo et Fénérive-est ont subi des dégâts matériels considérables. L?Office régional du tourisme de Toamasina (ORTT) évalue à 80% la destruction. De nombreux établissements, fleurons du tourisme local et national, ont perdu presque la totalité de leurs bungalows.
«La forte vague qui a atteint deux mètres a tout ravagé sur son passage. Les constructions n?ont pu résister mais les hôteliers sont déjà à pied d??uvre pour la reconstruction. Ils lancent le défi de tout remettre en état pour les vacances de Pâques», déclare Ludovic Razafindramazana Chan, directeur exécutif de l?ORTT.
Par ailleurs, la distribution des dons en faveur des sinistrés du cyclone suscite des controverses. D?autant plus que la ampagne électorale pour la course au conseil régional débutera après-demain. L?aide humanitaire distribuée aux victimes du sinistre et ce geste entrepris à des fins politiques, voire électorales, risquent d?être confondus.
La coordinatrice de l?Observatoire de la vie publique(SEFAFI), Madeleine Ramaholimihaso, évoque ainsi l?ambiguïté de la situation. Elle soutient qu?a priori, la distribution des dons peut s?analyser comme un devoir d?assistance du pouvoir envers les sinistrés. Mais cela risque d?influer sur le choix des électeurs.
Jean Eric Rakotoarisoa, membre du SEFAFI, donne quant à lui des explications plus détaillées sur la question. Selon lui, le code électoral ne prévoit rien de spécial en ce qu?il s?agit d?élections en période cyclonique. Mais quelle que soit la circonstance, la distribution des dons ne devrait pas fausser le vote des électeurs. «Les candidats aux élections ou les personnes qui les soutiennent devraient s?abstenir de distribuer des dons», a recommandé récemment le spécialiste en Droit constitutionnel.
L?après-cyclone figurait également à l?ordre du jour du Conseil des ministres au palais d?État à Iavoloha en début de semaine. Le président de la République, Marc Ravalomanana, s?est adressé particulièrement à cette occasion aux membres du gouvernement. Il veut que «les ministres ?coaches?» se rendent à leurs circonscriptions respectives et remettent au profit des sinistrés des vivres, des semences ainsi que des clous en vue de la réparation de leurs maisons. Le chef de l?État ajoute que ces victimes du cyclone ont aussi besoin d?appui technique. De toute la région notamment?
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