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Pamplemousses : «Pas un zoo»
«Ce sont notamment des budgets de fonctionnement qui permettent de payer les employés du jardin.» Chetanand Ramgoolam répond ainsi aux critiques qui ciblent la gestion des fonds du jardin botanique à Pamplemousses et dont il est le directeur.
Un jardin sans botaniste, un projet qui prévoit l?introduction d?animaux tels que des paons, et ce plan directeur que défendent le président du trust et le directeur du jardin botanique. Tout cela continue à susciter des inquiétudes. «Rien n?a changé depuis novembre», déplore Jeenarain Soobagrah, président de l?association des Inbound operators (Mauritius).
A propos des retards, le Chief Executive Officer, Chetanand Ramgoolam invoque le cours normal de la procédure : «Nous étions auparavant sous la tutelle directe du ministère de l?Agriculture. Il faut comprendre que nous avons changé de statut. Nous allons vivre de nos propres fonds et procédons progressivement à notre budgétisation.»
Georges Ah Yan, de la plate-forme «Non à l?entrée payante» en profite, lui, pour revenir contre ce qu?il considère comme «une opacité dans la gestion de fonds constitués par l?argent des contribuables» et annonce une rencontre prévue ce jeudi au centre social Marie Reine de la Paix.
«Au niveau propreté, c?est la catastrophe» : pour le représentant des réceptifs de touristes, l?accès payant n?a rien apporté jusqu?ici. «Je salue le vaste projet que les autorités veulent mettre en place. Car si cela peut embellir le jardin, le rendre attractif, pourquoi pas ? Mais il me semble que dans le cas présent, on a mis la charrue avant les b?ufs : on aurait dû penser à remettre le jardin en état avant de passer à l?entrée payante», commente Jeenarain Soobagrah. Car, dénonce-t-il, les toilettes sont comme livrées à elles-mêmes, les pelouses négligées.
Le président des tour-opérateurs n?est certes pas opposé à l?accès payant en tant que tel mais déplore qu?il n?y ait pas d?amélioration significative du service. Par exemple, les tour-opérateurs bénéficient un peu partout d?un système de crédit (voucher) leur permettant de faire les visites sans avoir à prévoir de payer à la caisse. «Les paiements se font alors au mois et il n?y a pas lieu d?avoir à porter l?argent à chaque fois. Or, dans le cas présent, il nous faut soit acheter un nombre de billets à l?avance soit le faire sur cette cash-base. Les choses auraient gagné à être plus simples.» Cela est d?autant plus déplorable qu?«il existe déjà des sites cinq-étoiles dans ce pays».
Pour Georges Ah Yan, qui craint pour l?identité même du jardin en regard des changements annoncés, l?accès payant est injustifié pour les Mauriciens. «Va-t-on transformer le jardin en zoo ? Cela n?est pas la vocation d?un jardin botanique, j?insiste sur le terme botanique, que d?accueillir des paons», s?exclame-t-il, ajoutant : «On exclut des gens qui paient déjà sous forme de taxes leur contribution à l?entretien du jardin.» L?argent «récolté sur le dos des Mauriciens est en plus une somme dérisoire. Entre-temps, que sont devenues les Rs 12 millions dotées en 2007-08 et les Rs 16 millions accordées en 2006-07 ?» Entre-temps, dit-il, «les arbres meurent sous l?action des termites».
«Ce sont ces budgets que nous consacrons aux salaires du personnel du jardin et à l?administration», rétorque le directeur. La nomination d?un botaniste, elle, ne devrait plus tarder : «Nous comptons lancer l?offre d?emploi sous quelques semaines : le profil que nous recherchons serait celui d?un technicien qualifié qui aurait de bonnes notions de botanique», indique-t-il.
Concernant certains items du plan directeur, Chetanand Ramgoolam se veut rassurant : «Les allées ne seront pas nécessairement asphaltées. Nous étudions d?autres possibilités et gardons en vue le maintien des meilleures conditions.» S?agissant de poissons qui seraient enlevés du bassin aux nénuphars, il commente : «Ces poissons constituent un danger pour les plantes. Ils ne seront pas tués mais transportés dans un autre bassin.»
Chetanand Ramgoolam déclare que 600 à 700 touristes fréquenteraient quotidiennement le jardin. Le représentant des opérateurs évoque, lui, un nombre de 1 000 à 1 500.
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